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07/03/2018 20:00 EST | Actualisé 07/03/2018 20:00 EST

Industrie de la construction: ces femmes de l’ombre

Pourquoi y a-t-il encore une certaine résistance par rapport à la présence des femmes dans l'industrie de la construction?

Getty Images/Caiaimage

Le 8 mars, c'est la Journée internationale des femmes. Cette journée est une bonne occasion pour souligner les luttes pour l'émancipation des femmes et l'égalité entre les sexes. La plupart des pays occidentaux, dont nous faisons partie, ont fait des pas de géant depuis une centaine d'années. Rien n'est parfait, il reste du chemin à faire, notamment dans l'industrie de la construction...

« Les femmes, ça n'a pas d'affaire sur les chantiers », « La construction, c'est un milieu de gars », « Une femme, c'est pas assez tough »... Ces commentaires, on les entend de moins en moins sur les chantiers de construction, et c'est tant mieux! Reste que malheureusement, ils sont néanmoins encore prononcés par certains.

Pourtant, personne ne s'étonne de nos jours de voir des femmes pratiquer la médecine et le droit ou évoluer dans la police ou les forces armées. Alors, pourquoi y a-t-il encore une certaine résistance par rapport à la présence des femmes dans l'industrie de la construction?

La construction, c'est un milieu qui n'est pas à la portée de tout le monde, point.

Pas assez forte pour travailler sur un chantier? La construction, c'est un milieu qui n'est pas à la portée de tout le monde, point. Le sexe de la personne n'a rien à y voir! Posez-vous cette question : si de nombreuses femmes réussissent leur camp de recrue dans les Forces armées et y font carrière en participant, entre autres, à des opérations militaires à l'étranger, pouvons-nous penser que de nombreuses femmes seraient aussi en mesure de travailler sur un chantier de construction? Posez la question, c'est y répondre.

Reconnaissons toutes les femmes qui œuvrent dans l'industrie

En 2016, la Commission de la construction du Québec (CCQ) dévoilait des mesures afin d'accroître la présence des femmes dans l'industrie de la construction et ainsi augmenter à 3 % la proportion de femmes sur les chantiers d'ici la fin de 2018.

Nous nous sommes montrés plus que favorables, non seulement à augmenter la présence des femmes sur les chantiers, mais également à la maintenir, et ce, à long terme. Toutefois, devons-nous nous limiter uniquement aux femmes exerçant un métier de construction sur les chantiers?

Beaucoup de femmes occupent ces fonctions et nous croyons qu'elles devraient être reconnues comme faisant partie à part entière de notre industrie.

Selon nous, la construction, c'est beaucoup plus : c'est également des ingénieurs, des designers, des technologues en bâtiment, des architectes, des entrepreneurs... Beaucoup de femmes occupent ces fonctions et nous croyons qu'elles devraient être reconnues comme faisant partie à part entière de notre industrie. Elles sont toutes aussi importantes que celles qui sont, par exemple, charpentières-menuisières ou électriciennes. Pouvons-nous imaginer la construction d'une maison sans architecte? Ou la mise sur pied d'un chantier sans entrepreneur? Bien que ces femmes ne soient pas sur les chantiers de façon permanente, elles occupent un rôle essentiel dans l'industrie de la construction.

Il ne s'agit pas d'embellir à gros trait le portrait actuel des femmes dans notre industrie ni de nier le fait que les femmes sont largement sous-représentées dans la construction. Mais, en cette Journée internationale des femmes, comme tous les autres jours de l'année, nous croyons qu'il est primordial d'avoir une vue d'ensemble de la situation. Et pour y arriver, il importe de tenir compte des femmes qui occupent ces fonctions, ces femmes de l'ombre, mais qui, pourtant, font bel et bien partie de l'industrie de la construction.

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