Répit-poussette pour mamans en confinement

Le coronavirus complique la tâche des organismes communautaires qui viennent en aide aux familles, alors que les besoins sont criants.
Besoin d'un peu de répit? Vous pourriez faire appel à un bénévole pour promener bébé une heure ou deux.
Besoin d'un peu de répit? Vous pourriez faire appel à un bénévole pour promener bébé une heure ou deux.

Des organismes communautaires québécois font preuve d’ingéniosité pour accompagner les nouvelles mamans qui ont besoin de souffler un peu, en leur offrant un service de «répit-poussette» adapté au contexte de la pandémie de COVID-19.

Des bénévoles triés sur le volet offrent de leur temps pour aller faire une promenade en poussette avec bébé pendant une heure ou deux, question de donner aux parents la chance de prendre un peu de temps pour eux.

«Ainsi, le parent installe son enfant dans une poussette devant la maison puis garde une distance de deux mètres», décrit la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille sur sa page Facebook. L’intervenant désinfecte la poussette à son arrivée et évite, autant que possible, les contacts avec l’enfant.

«Évidemment, si l’enfant pleure, l’intervenant peut le prendre. Mais la consigne est de limiter les contacts au maximum», précise Geneviève Bouchard, coordonnatrice générale de l’Oasis des enfants de Rosemont, qui offre ce service à Montréal.

Le «village» sur pause

Mme Bouchard précise que le service s’adresse d’abord aux mamans de poupons qui auraient, en temps normal, pu bénéficier d’un service de relevailles, où une doula ou une bénévole vient s’occuper de bébé et accomplir certaines tâches ménagères afin d’offrir un peu de répit.

«Avec la pandémie, tout ça a été suspendu et la détresse chez certaines mères, surtout avec des poupons, est énorme», déplore-t-elle. «On a jugé que le risque d’envoyer un bénévole dans ces situations était moindre que celui de laisser une maman seule avec son enfant.»

Certaines bénéficiaires n’ont tout simplement pas de réseau de proches vers qui se tourner, mais d’autres se sont vues privées de leur «village» par la pandémie.

L'isolement vécue par les nouvelles mamans en raison des mesures de distanciation sociale peut rendre la période postpartum encore plus difficile pour certaines.
L'isolement vécue par les nouvelles mamans en raison des mesures de distanciation sociale peut rendre la période postpartum encore plus difficile pour certaines.

«Il y a des femmes qui auraient pu être soutenues par la grand-maman ou par une tante, par exemple. Là, ça ne peut pas être le cas», rappelle Mme Bouchard.

L’Oasis des enfants collabore avec d’autres organismes afin d’étendre le service à d’autres quartiers de la métropole. Des initiatives similaires existent notamment dans les Laurentides et en Beauce, mais Mme Bouchard a bon espoir de voir l’initiative faire des petits ailleurs au Québec si le confinement se poursuit.

Les arcs-en-ciel ne paient pas le loyer

Même s’ils offrent des services d’écoute, de soutien et d’accompagnement essentiels, les organismes communautaires qui viennent en aide aux familles ne sont pas inclus dans le «plan d’action COVID-19 en santé mentale» annoncé mercredi par Québec.

«On est les oubliés de cette crise-là», juge Mme Bouchard. Le réseau des haltes-garderies, par exemple, a reçu à peine 2000$ supplémentaire par établissement depuis le début de la pandémie.

«Je ne sais pas si vous avez vu combien coûtent les masques et les produits désinfectants, mais on s’entend que cet argent-là a été englouti en une semaine.»

Elle est d’avis que l’impact de la COVID-19 sur la santé mentale des familles a été grandement négligé jusqu’à présent.

«C’est comme si on s’était dit que de mettre des arcs-en-ciel dans les fenêtres, ça allait suffire pour permettre aux familles de garder le moral. Mais le confinement est très difficile même pour les familles qui étaient “fonctionnelles” et là, on commence à s’en apercevoir.»

Pour savoir si un organisme de votre région offre un service de répit-poussette, consultez la page Facebook de la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille.

À VOIR: Maman de neuf enfants, en confinement