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16/09/2020 23:06 EDT | Actualisé 16/09/2020 23:11 EDT

«Escouade 99»: pour les non-initiés avant tout

Défi relevé pour Patrick Huard? Notre opinion sur l'adaptation québécoise de «Brooklyn Nine-Nine»...

Club illico

Après une longue attente - et une controverse dont la production se serait bien passée - Escouade 99 débarque enfin sur Club illico, ce jeudi 17 septembre.

Il faut dire que c’est la première fois que les créateurs et producteurs de Brooklyn Nine-Nine en autorisent une adaptation à l’extérieur des États-Unis.

Et les fans de la comédie policière mettant en vedette Andy Samberg, Melissa Fumero et Terry Crews, pour ne nommer que ceux-ci, se retrouveront immédiatement en terrain familier.

Peut-être même un peu trop.


Le jeu des comparaisons

Pour être clair : Escouade 99, c’est Brooklyn Nine-Nine à la virgule près. Considérant le protectionnisme dont semblent faire preuve les créateurs de la série originale, ce constat n’a absolument rien d’étonnant.

Évidemment, quelques référents québécois ont été introduits ici et là pour donner au projet une saveur (un peu) plus locale; Widemir Normil s’exprime en créole haïtien à quelques occasions (une belle touche); et on a opté pour une facture visuelle plus travaillée, aux éclairages moins blancs (!), que ce qu’on peut voir habituellement en sitcom.

Mais le rythme, les gags, les décors et la trame narrative demeurent essentiellement les mêmes. Du coup, Escouade 99 suit une dynamique beaucoup plus proche de ce que proposent les Américains en matière de sitcom que de ce qui se fait au Québec à l’heure actuelle.

L’intérêt des fans pour cette adaptation risque donc d’être proportionnel à leur désir de revoir les mêmes péripéties rocambolesques de cette improbable équipe d’enquêteurs que tout oppose et unit à la fois, mais mis en scène et joués par une équipe d’ici... dans le quartier de Limoilou.

Dès la première scène, Escouade 99 se prête au jeu des comparaisons, en particulier en ce qui a trait à la façon dont les interprètes québécois ont su rendre justice (ou pas) aux personnages qu’ils ont eu la chance de reprendre.

À cet égard, les étoiles du match reviennent assurément à Guy Jodoin, Léane Labrèche-Dor, Widemir Normil et Fayolle Jean Jr., qui réussissent tous à s’approprier leur rôle respectif tout en y mettant beaucoup de leur propre personnalité.

Mickaël Gouin se tire également assez bien d’affaire, lui qui avait la tâche non négligeable de marcher dans les traces d’Andy Samberg et d’incarner à l’écran la désinvolture de son Jake Peralta (rebaptisé ici Max Lemieux). De son côté, Mylène Mackay a tendance à trop mettre de l’avant le côté «première de classe» de sa Fanny Lizotte (une version simplifiée d’Amy Santiago).

Club illico


«Une adaptation»

Escouade 99 risque ainsi de trouver principalement son public chez les téléspectateurs qui n’ont jamais eu l’occasion de voir la version originale, et dont l’opinion ne sera donc pas influencée par les souvenirs (pas très lointains) de celle-ci.

En fait, Escouade 99 souffre parfois d’être une adaptation un peu trop fidèle, nous donnant alors l’impression de voir de la télévision américaine exécutée par des Québécois.

D’un autre côté, si la production avait voulu mettre de l’avant un produit purement québécois, elle aurait créé sa propre comédie policière.

Mis à part la situation que nous connaissons déjà, il y a effectivement ici un réel respect et un amour évident pour le matériel d’origine, lesquels se font sentir aussi bien au niveau du ton que du texte, de la mise en scène et de la dynamique de groupe.

Espérons simplement que Patrick Huard et son équipe auront l’occasion de se lâcher un peu plus lousse lors de la deuxième saison. Si deuxième saison il y a...

La première saison d’Escouade 99 sera disponible à compter du 17 septembre, sur Club illico.