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13/03/2020 11:21 EDT | Actualisé 13/03/2020 12:46 EDT

Coronavirus: les infirmières manquent d'information

«Ils nous disent qu'ils ont des plans. Mais on aimerait ça les connaître.»

Fuse via Getty Images
Nurse Putting on Rubber Gloves

Si elle concède que la crise du coronavirus «est arrivée très vite» dans la province, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) regrette le manque d’information donnée aux employés qui sont sur le terrain. 

«Ce qu’on déplore un peu, c’est la communication», explique la vice-présidente de la FIQ, Linda Lapointe. «Comme c’est une crise qui est gérée beaucoup par la Santé publique, les employeurs donnent peu d’information à nos équipes syndicales sur le plancher.»

La FIQ représente les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques.

Si elle ne critique pas la gestion de crise du gouvernement au niveau des directives à la population, Mme Lapointe explique que le syndicat a dû attendre jusqu’en fin de journée mercredi pour obtenir une «ligne avec le ministère».

Et si l’association syndicale «apprécie» cette amélioration, elle souligne que l’information est partagée aux employés à la pièce.

«Ils nous disent qu'ils ont des plans. Mais on aimerait ça les connaître.»Linda Lapointe, vice-présidente de la FIQ

Jeudi, la présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Francine Dupuis, évoquait un «délestage» soit la possibilité que «certaines activités» soient «temporairement cessées ou diminuées afin de libérer plus de personnel pour s’occuper de la pandémie».

Une solution que la FIQ voit d’un bon oeil, mais sur laquelle elle réclame plus de détails.

«Si un jour j’ai X infirmières qui sont en quarantaine, c’est quoi les étapes? Quels services vous allez fermer?» demande Mme Lapointe.

PÉNURIE DE MASQUES

L’une des principales inquiétudes de la Fédération interprofessionnelle de la santé est une pénurie de masques N95. Les stocks mondiaux de ce type de masques ont été vidés par des citoyens paniqués, même si l’Organisation mondiale de la santé estime qu’ils ne sont pas nécessaires pour la population générale.

Questionnée au niveau des ratés du service Info-Santé au cours des derniers jours, Mme Lapointe dit vouloir «donner la chance au coureur» et attendre de voir si les mesures annoncées par la ministre de la Santé seront efficaces.

«Actuellement, le 811 est le seul canal pour obtenir un rendez-vous pour un test [de dépistage]», a confirmé le MSSS au HuffPost Québec. Même si des effectifs ont été ajoutés, l’attente était toujours «très élevée» vendredi matin. Des usagers rapportent avoir attendu plusieurs heures pour parler à une infirmière.

«On espère juste qu’ils vont s’en souvenir»

Pour Linda Lapointe, la situation actuelle risque de mettre en lumière les problèmes systémiques qui existent dans le réseau de la santé québécois depuis belle lurette.

«Ça fait juste prouver encore plus comment le réseau est pris à la gorge. On a jamais de backup», se désole-t-elle.

Une pénurie qui risque de s’accentuer, entre les infirmières qui vont être en isolation et le nombre de patients qui est appelé à augmenter. D’autant plus que les infirmières devront prendre plus de temps pour s’occuper des patients infectés, puisqu’elles doivent notamment mettre des blouses, des masques et des gants chaque fois qu’elles entrent dans leur chambre.

Mme Lapointe voudrait que le gouvernement Legault tire des leçons de la pandémie.

«On est en négo [de convention collective] bientôt, on espère juste qu’ils vont s’en souvenir, dit-elle. Malheureusement, avec ce qu’on a vu dans le budget, ce n’est pas vers ça qu’on s’enligne.»

«On ne veut pas faire du capital politique sur le dos [du coronavirus], mais ça fait des années qu’on parle des problèmes dans le réseau. Un moment donné, va falloir qu’on ait un peu d’air.»

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