NOUVELLES
20/01/2020 19:56 EST | Actualisé 24/01/2020 07:33 EST

Nouveau coronavirus en Chine: ce que l'on sait

Le virus peut se transmettre d’un humain à un autre.

ASSOCIATED PRESS
Des millions de Chinois se préparent à voyager à travers le pays pour le Nouvel An chinois, ce qui pourrait aider à la propagation du nouveau coronavirus.

Les autorités chinoises et celles du monde entier sont sur le qui-vive avec l’apparition d’un nouveau coronavirus qui a fait 26 morts en Chine, selon le bilan officiel de vendredi. 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tenu une réunion d’urgence mercredi pour faire le point sur l’état de la situation. À ce stade, on parle d’une épidémie, alors que des cas ont aussi été détectés au Japon, en Thaïlande, en Corée du Sud, à Taïwan et aux États-Unis.

Voici ce que l’on sait sur ce nouveau coronavirus.

APPARITION À WUHAN

Le virus aurait été transmis d’un animal à un humain dans un marché aux poissons à Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants située dans le centre de la Chine. La première alerte a été reçue par l’OMS le 31 décembre 2019.

Vendredi, on dénombrait plus de 830 cas. Par contre, ce bilan est contesté par des scientifiques d’un centre de recherches de l’Imperial College à Londres. Ces derniers ont mis en doute les chiffres officiels, estimant que le nombre de contaminations dépasserait probablement le millier au 12 janvier.

Aucun cas n’a été détecté au Canada. Trois personnes qui ont voyagé à Wuhan ont été vues par un médecin à leur retour. Aucune d’entre elles n’a contracté le virus. Cinq autres personnes sont sous observation au Québec.

On sait que le virus peut se transmettre d’un humain à un autre. Le Chinois Zhong Nanshan, un scientifique renommé qui avait aidé à évaluer l’ampleur de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003, a confirmé publiquement l’information, lundi.

NOUVEAU CORONAVIRUS

Il existe plusieurs familles de virus. Le coronavirus est une famille de virus qui peut donner des rhumes, mais aussi des infections plus graves comme le SRAS, a expliqué le médecin-conseil de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), Jasmin Villeneuve. 

«Jusqu’à maintenant, on en connaissait six qui infectaient l’humain, à différents niveaux. Celui-ci, c’est le septième», a-t-il ajouté en entrevue téléphonique avec le HuffPost Québec.

Pour l’instant, le virus se nomme nCoV, mais son nom pourrait changer.

À VOIR: le nouveau coronavirus s’étend


Les symptômes de ce nouveau coronavirus s’apparentent à ceux de n’importe quelle infection respiratoire, soit de la fièvre et des difficultés respiratoires. «Ce qui est particulier chez la majorité des cas [du nCoV], lorsqu’on fait une radiographie pulmonaire, il y a une infection qui ressemble à une pneumonie et qui semble être sur les deux poumons», a fait savoir M. Villeneuve. 

Par contre, l’échantillon n’est pas encore assez grand pour faire une généralisation de ce symptôme.

POURQUOI EST-IL AUSSI INQUIÉTANT?

Comme lors de l’apparition de tout nouveau virus, la transmission de ce dernier d’un animal et à l’humain est toujours inquiétante. «Ça veut dire que les humains n’ont pas développé d’immunité face à ce virus. Tout le monde pourrait potentiellement être infecté», a précisé le Dr Villeneuve.

Avec les données actuelles, il est difficile de déterminer le degré de transmission entre humains. Pour le moment, il semble plutôt limité, selon ce qu’ont affirmé l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, et l’OMS.

Le virus pourrait également subir une mutation lors de sa transmission et sa propagation entre humains. «Parfois, ce sont des mutations qui n’ont aucun impact pour l’humain parce que ça ne joue pas sur la virulence. Mais si le virus développe une meilleure capacité à se transmettre ou à donner des infections, il pourrait se transmettre encore plus facilement parce qu’il a déjà franchi la barrière entre l’animal et l’humain», a affirmé le Dr Villeneuve. 

«On voit déjà qu’il est capable de causer une infection sévère. Ça inquiète à ce niveau-là», a-t-il enchaîné.

Il souligne toutefois qu’on en sait très peu sur la santé des six personnes qui sont décédées. Si elles souffraient de maladies chroniques, cela pourrait aussi avoir eu une influence sur leur décès. Le Dr Villeneuve se veut donc prudent dans son analyse, en attendant d’avoir un meilleur portrait de la situation. 

La Dre Tam a mentionné qu’il ne fallait pas paniquer au Canada. Le risque de contracter ce nouveau virus au pays est «faible». 

PANDÉMIE MONDIALE?

Si le virus s’étend à un autre continent que l’Asie, on pourrait passer d’une épidémie à une pandémie mondiale. C’est l’OMS qui va déterminer à quel moment on a atteint le critère de pandémie.

Des millions de Chinois se préparent à voyager pour le Nouvel An chinois, qui commence ce week-end. Cela pourrait aider à la propagation du nouveau coronavirus.

La dernière pandémie mondiale remonte à 2009. Le virus de l’influenza (grippe) avait été particulièrement violent avec la souche H1N1. L’humain n’avait jamais été exposé à cette souche, ce qui avait expliqué les nombreux cas. Heureusement, il n’avait pas le potentiel de mortalité du SRAS ou de la grippe espagnole, a rappelé le Dr Villeneuve. 

DES MESURES DANS LES AÉROPORTS

Les aéroports qui reçoivent des vols de la Chine ont déjà mis en place des mesures préventives. 

Au Canada, des messages seront diffusés aux aéroports de Montréal, Vancouver et Toronto pour rappeler aux voyageurs d’avertir des employés de l’Agence des services frontaliers du Canada s’ils ressentent des symptômes de la grippe. Les voyageurs de ces trois aéroports devront également répondre à des questions supplémentaires dans leur déclaration électronique lors de leur arrivée au pays. L’Agence des services frontaliers demandera aux voyageurs s’ils ont visité la zone où le coronavirus est présent et s’ils présentent les symptômes de la grippe.

Aux États-Unis, certains aéroports vont beaucoup plus loin. Les aéroports de New York, Los Angeles et San Francisco feront des tests de dépistage des vols en provenance de Wuhan. Des employés du réseau de la santé vérifient la température du front des voyageurs, en plus de leur faire remplir un questionnaire qui leur demande s’ils se sont rendus dans un marché public.

À Hong Kong, les autorités se disent elles aussi en «alerte maximale», alors que le souvenir de l’épidémie de SRAS qui y avait fait plusieurs centaines de morts en 2002-2003 hante toujours les esprits.

L’aéroport de la ville procède déjà en temps normal au contrôle thermique de tous les passagers. Ceux qui arrivent de Wuhan doivent également remplir un formulaire. Ils s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à 6 mois de prison en cas de mensonge.

En Thaïlande, les autorités ont mis en place des détections thermiques obligatoires dans plusieurs aéroports, dont celui de Bangkok.

Avec l’Agence France-Presse.