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29/04/2020 10:01 EDT | Actualisé 29/04/2020 10:10 EDT

Retour à l'école: l'absence d'éducation physique dénoncée

Les enseignants spécialisés s'inquiètent pour la santé des élèves.

SDI Productions via Getty Images

La recommandation du ministère de l’Éducation de ne pas dispenser de cours d’éducation physique et à la santé (ÉPS) aux élèves du primaire lors de leur retour en classe ce printemps ne plaît pas à la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec (FÉÉPEQ). 

«Comme le retour à l’école est fait pour le bien des élèves du primaire, pourquoi alors ne pas profiter de l’occasion pour les éduquer à cette nouvelle règle de distanciation sociale?», a réagi la FÉÉPEQ mercredi matin, après avoir été mise au fait de la directive par un article du Journal de Québec.

«En étant isolés depuis près de deux mois, ils n’ont eu que très peu d’occasions d’être actifs de façon collective et les cours d’éducation physique et à la santé sont un lieu et moment opportuns pour acquérir cet apprentissage tant nécessaire actuellement», ajoute-t-on, par voie de communiqué.

Pour limiter la propagation de la COVID-19 dans les écoles, certains espaces communs comme les gymnases seront inaccessibles lors du retour en classe, qui se fera le 11 mai à l’extérieur du Grand Montréal et la semaine suivante pour la région métropolitaine.

Paul Chiasson/La Presse canadienne

«Les cours d’éducation physique tels qu’on les connaît habituellement ne pourront pas avoir lieu, mais on va s’assurer que nos jeunes puissent bouger à l’école dans le respect des balises de la santé publique», a affirmé le cabinet du ministre de l’Éducation au Journal.

Mais la FÉÉPEQ est d’avis que les enseignants spécialisés pourraient remplir leur mandat tout en respectant les mesures de distanciation sociale, «car l’enseignement de l’éducation physique et à la santé peut se faire bien au-delà du gymnase.»

La Fédération se dit particulièrement inquiète de la baisse d’activité physique chez plusieurs jeunes depuis le début du confinement. «La sédentarité
devient donc un enjeu de société majeur et les enseignants d’ÉPS sont les experts pour instruire les élèves aux conséquences de cet enjeu et les outiller pour mieux y faire face», estime-t-elle.

Des enseignants réaffectés

Le ministère de l’Éducation a suggéré au Journal de Québec que les profs d’éducation physique, éloignés des gymnases, soient réaffectés au suivi des élèves qui poursuivront leurs apprentissages à la maison ou même qu’ils prennent en charge une classe régulière pour permettre de respecter la limite de 15 élèves par classe imposée par la santé publique.

Mais la FÉÉPEQ préfèrerait les voir «poursuivre le travail amorcé dans
l’accompagnement des titulaires de classe dans l’intégration de pauses actives afin de s’assurer qu’elles soient le plus efficaces possible pour favoriser les apprentissages».

«Les bénéfices de permettre une ÉPS de qualité où une réelle intention pédagogique est présente dépasse largement ceux de seulement leur donner quelques moments dans la journée afin de lâcher leur fou», conclut la FÉÉPEQ.