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23/09/2015 09:39 EDT | Actualisé 23/09/2016 05:12 EDT

Le bon vilain

L'option idéale pour le Bloc québécois, c'est la réélection d'un gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, concentre ses tirs sur Thomas Mulcair et le NPD.

Cela se comprend, l'élection d'un premier gouvernement néo-démocrate le 19 octobre serait un dur coup pour le Bloc et, par ricochet, pour le Parti québécois.

Le Bloc et le NPD partagent sensiblement la même base électorale: des électeurs plus à gauche, plus verts, sympathiques aux revendications syndicales. La vague orange a surpris en 2011 mais, si elle se répète, on aura la confirmation qu'un parti résolument fédéraliste a vidé le Bloc de ses partisans.

Le retour de Gilles Duceppe, lui qui coulait une retraite paisible, s'inscrit dans ce qu'il appelle un «nouveau cycle politique». Ce cycle politique devrait conduire, théoriquement du moins, à l'élection d'un gouvernement Péladeau, suivi d'un référendum sur le pays. Gilles Duceppe a indiqué avoir consulté PKP avant de jouer au bon soldat et accepter de reprendre la direction du Bloc.

Le mouvement souverainiste aurait de la difficulté à convaincre les Québécois qu'ils sont coupés du pouvoir fédéral si 50 à 60 députés du Québec se retrouvent au pouvoir à Ottawa avec un chef québécois. L'option idéale pour le Bloc, c'est la réélection d'un gouvernement conservateur de Stephen Harper. Jacques Parizeau avait jadis salué l'élection de Jean Chrétien en faisant valoir qu'il représentait un bon «vilain».

Trudeauiste, associé à la nuit des Longs Couteaux, Chrétien mobilisait bien des souverainistes. Stephen Harper représente à sa façon un bon vilain: Albertain, englué dans le pétrole, monarchiste, peu porté sur l'environnement, dix ans de pouvoir dans le corps... Facile à caricaturer, contrairement à un nouveau premier ministre qui jouirait d'un période de grâce.

Les souverainistes ont donc intérêt à ce que les conservateurs se maintiennent au pouvoir avec un nombre minimal de députés du Québec. Justin Trudeau constituerait, dans cette logique, un bon deuxième choix.

On a vu récemment le Bloc et les conservateurs faire cause commune sur la guerre à l'État islamique et le niqab. Nul doute que l'affaire du niqab est providentielle pour Gilles Duceppe, et devrait lui permettre d'attaquer Thomas Mulcair et Justin Trudeau lors du débat en français de jeudi.

Selon les sondages, le Bloc de Gilles Duceppe n'a pas réussi à éroder l'appui au NPD au Québec. C'est l'Ontario qui risque de bloquer le chemin vers le pouvoir du NPD.

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