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27/06/2015 07:00 EDT | Actualisé 27/06/2016 05:12 EDT

Une police des polices efficace et indépendante

Un groupe indépendant est la solution, mais les élus auront-ils le courage politique de l'autoriser? Pour le moment, nous avons les relations publiques pour nous donner l'heure approximative et endormir les gens.

Il y a quelques années, les élus ont songé un moment d'organiser un service indépendant qui surveillerait les différents corps de police. Les citoyens le voulaient, mais rien n'a été fait. Bien sur, nous avons la «déontologie policière» avec quelques enquêteurs assez peu efficaces et des sanctions très peu convaincantes.

Nous avons droit présentement à des policiers de sections qui enquêtent sur d'autres policiers du même département. Le malheur est que ces policiers sont souvent parmi les pires enquêteurs, ceux qui justement n'hésitent pas à employer menaces et coups bas pour parvenir à leur fin. Pourquoi? L'avancement, le bien-paraître, la facilité. Il arrive aussi parfois que ces policiers soient d'anciens partenaires, connaissant le passé de l'autre. Comment, dans ce cas, peut-on être impartial?

À l'inverse, un corps de police structuré, enquêtant sur les policiers ripoux et n'ayant aucune connexion avec les dirigeants des autres corps de police, saurait être transparent et impartial. Ces enquêteurs n'auraient pas à faire plaisir à un directeur plus qu'à un autre. Un groupe d'enquêteurs ne pensant pas au 9 à 5 et aux fins de semaines de congés, des enquêteurs ayant à cœur une police honnête, au service du public. Ces enquêteurs seraient encadrés par quelques procureurs indépendants avec des pouvoirs d'accusations, sans ingérence politique.

Il est facile d'attraper un policier qui dit des gros mots à un citoyen. Ça, n'importe lequel des crânes lustrés de la discipline peut le faire. Mais les affaires criminelles, les cas terriblement litigieux, devraient être le lot de cette police des polices.

À Montréal, ces enquêteurs auraient pu donner l'heure juste sur l'affaire Villanueva. Des hauts-dirigeants du SPVM auraient probablement perdu leur job au lieu de prendre une retraite anticipée. Il n'y aurait pas eu l'affaire Lambert ou celle de Philippe Paul. Nous aurions su immédiatement ce qui se tramait dans l'affaire Davidson et dans celle de Roberge. Nous aurions sûrement eu droit à des accusations au criminel.

Une enquête d'un groupe indépendant aurait été en mesure de vérifier si certains enquêteurs vénaux avaient eu de fausses sources dans le but d'encaisser les primes accordées.

Au lieu de ça, nous avons eu droit aux départs précipités, aux silences douteux, aux insinuations habituelles, à la cassette insipide du rédacteur en chef Ian Lafrenière, qui sait si bien parler pour ne rien dire. «Nous avons fait les vérifications et n'avons rien trouvé.» C'est le même bonhomme qui vous dit que le policier idiot donneur de billets insensés ne fait que son travail et que c'est dans le Code de la route ou le règlement municipal.

Un groupe indépendant est la solution, mais les élus auront-ils le courage politique de l'autoriser? Pour le moment, nous avons les relations publiques pour nous donner l'heure approximative et endormir les gens jusqu'à l'oubli.

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