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29/03/2019 13:52 EDT | Actualisé 29/03/2019 16:31 EDT

Voici à quoi ressembleront les voitures du REM

La CDPQ balaie les inquiétudes sur la compatibilité du modèle choisi avec le climat rigoureux de Montréal.

On sait enfin à quoi ressembleront les voitures qui circuleront bientôt sur le Réseau express métropolitain (REM), prévu pour 2021. La Caisse de dépôt et placement (CDPQ) en profite pour répondre aux inquiétudes concernant la compatibilité des trains avec le climat hivernal montréalais.

Le dévoilement s'est fait dans un contexte plutôt particulier. Vendredi matin, le Journal de Montréal a dévoilé que le modèle de train léger «Metropolis» de la compagnie Alstom n'a jamais circulé dans un climat nordique. Un autre modèle d'Alstom utilisé à Ottawa connaîtrait aussi d'importants problèmes.

Selon les documents dévoilés en après-midi, des éléments spécifiques à Montréal ont été ajoutés au modèle Metropolis. Le pantographe, qui permet la connexion du train au câble électrique aérien, sera muni d'un brise-glace. Divers éléments, comme le pare-brise, les coupleurs automatiques et les seuils de porte, seront aussi chauffés.

Galerie photo Présentation des voitures du REM et de l'architecture des stations Voyez les images

Les systèmes d'aiguillages seront aussi chauffés pour éviter les pannes observées sur le réseau de trains de banlieue au cours des dernières années. À plusieurs reprises, ces systèmes ont été défectueux à cause du froid.

«Nous sommes très confiants que nos wagons vont bien répondre à notre hiver rigoureux parce que notre équipe a fait un travail minutieux avec le consortium pour approuver des critères qui répondent bien spécifiquement aux conditions hivernales», affirme Macky Tall, président-directeur général de la filiale créée pour gérer le REM, CDPQ Infra.

Les portes palières, qui empêchent l'accès aux rails lorsque le train n'est pas au quai, sont actuellement testées à Montréal. Certaines composantes des voitures sont aussi mises à l'épreuve dans une chambre climatique à Vienne, en Autriche.

Les voitures et les divers systèmes extérieurs seront mis à l'essai sur les rails réels du REM à l'hiver 2020.

Olivier Robichaud
Macky Tall, président-directeur général de CDPQ Infra, lors de la présentation du modèle final des voitures du Réseau express métropolitain (REM). (crédit: Olivier Robichaud)

Capacité plus que triplée

Les rames de train du REM auront entre deux et quatre voitures, selon l'heure de la journée. Les trains à quatre voitures auront 128 places assises, soit un peu moins que les trains actuels de la ligne Deux-Montagnes, en plus des espaces debout.

La CDPQ assure que la vitesse et la fréquence augmentée du REM par rapport au train de banlieue permettra d'améliorer de 240% la capacité d'accueil de la ligne Deux-Montagnes, déjà la plus achalandée du réseau.

Bonus intéressant, les cabines avant des voitures pourront être utilisées par les passagers, puisque le REM sera entièrement automatisé. Les usagers pourront donc profiter des vues aériennes appréciables dans les portions aériennes du réseau, ainsi que sur le pont Champlain.

La CDPQ affirme avoir demandé des baies vitrées avant parmi les plus larges disponibles pour un train léger.

Le REM en réalité virtuelle

Les curieux pourront bientôt mettre les deux pieds à l'intérieur d'une de ces nouvelles voitures... ou presque. Une tournée en réalité virtuelle a été conçue pour permettre aux usagers de visiter à la fois les véhicules et les stations du REM.

Le logiciel permet d'ailleurs de profiter de la vue du pont Champlain à partir de la baie vitrée avant. Ou même de voir le train de l'extérieur, avec les deux pieds sur le pont.

HuffPost Québec
Une tournée du futur REM en réalité virtuelle a été conçue par la Caisse de dépôt et placement du Québec. Les casques de RV parcourront bientôt les 67 km du réseau pour que les Montréalais s'approprient l'infrastructure.

Les dates et les lieux où les casques de RV seront disponibles ne sont pas encore connus. Ils devraient toutefois se promener tout au long des 67 km du réseau.

Des centres d'achat transformés en TOD?

La Caisse mène aussi des négociations avec les propriétaires de deux centres commerciaux de l'Ouest de l'île, où seront situées les gares Kirkland et Pointe-Claire du REM.

Selon la CDPQ, les propriétaires du Centre Fairview Pointe-Claire et du Centre RioCan, site du Cinéplex Kirkland, souhaitent densifier les secteurs autour des gares. L'Ouest de l'île pourrait donc voir l'apparition de deux quartiers TOD (transit oriented development, soit des quartiers pensés en fonction du transport en commun).

Rappelons que la Caisse compte rentabiliser le REM à l'aide, entre autres choses, de la captation de la plus-value foncière générée par les stations.

Capture d'écran - Google Maps
Une station du REM sera située près du centre commercial Fairview Pointe-Claire, dans l'Ouest de l'île de Montréal.

L'affaire soulève toutefois d'importantes questions concernant le stationnement. Selon un reportage diffusé par Radio-Canada le 14 mars, des milliers de places de stationnement ont été retirées des plans du REM, notamment sur le tronçon Ouest.

Les négociations en cours visent notamment à permettre aux usagers de laisser leur voiture dans les stationnements des centres commerciaux.

Accessibles universellement

Une attention particulière a aussi été accordée à l'accessibilité universelle. Entre quatre et huit espaces par train seront réservés aux personnes à mobilité réduite. Les couleurs vert et jaune ont aussi été choisies parce qu'elles sont plus facilement visibles pour les personnes ayant une déficience visuelle.

Les stations devraient également être construites en fonction des principes d'accessibilité universelle.

La CDPQ a également rappelé les concepts architecturaux choisis pour ses stations. Le bois et les larges baies vitrées seront privilégiés. Des lignes verticales et horizontales traverseront ces baies pour créer un «effet de mouvement».

Le Wi-Fi sera offert partout dans les stations et dans les trains.

Le REM sera mis en service par tronçons entre 2021 et 2023, en commençant par le tronçon Rive-Sud, qui passera sur le nouveau pont Samuel-de-Champlain.