POLITIQUE
07/02/2019 13:41 EST | Actualisé 07/02/2019 13:52 EST

SQDC: bientôt des mises à pied pour les employés de moins de 21 ans?

Une situation «inacceptable», dénonce le député solidaire Alexandre Leduc.

La Presse canadienne
En vertu du projet de loi, seules les personnes de 21 ans et plus pourront accéder à un point de vente de cannabis au Québec.

QUÉBEC - Une quinzaine d'employés entre 18 et 21 ans seraient bientôt mis à pied pour se conformer à la nouvelle loi sur le cannabis, a dévoilé le député solidaire Alexandre Leduc lors de la période des questions.

Des membres de la direction des succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC) ont rencontré ces jeunes dans la semaine du 28 janvier pour les informer qu'ils pourraient bientôt perdre leur emploi.

Si elles ont lieu, ces mises à pied constitueraient une «modification illégale des conditions de travail» et pourraient faire l'objet d'un recours devant les tribunaux, déplore le Syndicat canadien de la fonction publique dans une lettre dont le HuffPost Québec a obtenu copie.

En vertu du projet de loi, seules les personnes de 21 ans et plus pourront accéder à un point de vente de cannabis au Québec. La SQDC soutient qu'il y a actuellement 15 employés - trois à temps plein et 12 à temps partiel - qui ne se conformeraient pas à ces exigences.

Voir l'échange à ce sujet à l'Assemblée nationale:

«Cette situation est inacceptable à plusieurs égards, : inacceptable en matière de droit du travail, inacceptable en matière de droits de la personne et inacceptable en vertu du gros bon sens», a déploré le député Leduc au Salon bleu, jeudi.

M. Leduc a également critiqué le fait que la SQDC aurait demandé aux travailleurs qui auront bientôt 21 ans d'être mis en congé sans solde, le temps qu'ils «atteignent la grande sagesse infuse associée au chiffre magique de 21».

Le ministre des Finances, Eric Girard, a par la suite répondu qu'il prend acte de cette information et qu'il discutera de cette situation avec le président de la SQDC.

La SQDC se défend

Du côté de la SQDC, on dit avoir voulu «sensibiliser» les jeunes à la malheureuse situation qui pourrait arriver si le projet de loi est adopté tel quel.

«Nous, dans le fond, on a fait ça dans le but de les préparer au fait qu'il y a un risque. Il y a un processus législatif en cours et on attendra de voir ce qui arrivera une fois qu'on sera rendus au bout, mais on a voulu les rencontrer plus tôt que tard», explique le porte-parole Fabrice Giguère.

«Lorsque la loi sera adoptée, il va falloir qu'ils réfléchissent à se trouver un autre emploi ou à commencer à réfléchir à ce qu'ils veulent faire.»

Le porte-parole de la SQDC insiste sur le fait que tous ces jeunes travaillent à l'heure actuelle et qu'il n'y a pas eu de mises à pied, mais que la société d'État va se conformer à la loi aussitôt adoptée.

Voir aussi: