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04/02/2019 01:47 EST | Actualisé 04/02/2019 08:00 EST

«Tout le monde en parle»: Alexandre Taillefer s'explique et décoche quelques flèches

«On a demandé un changement réglementaire. Ça faisait deux ans qu’on demandait ça, et ça nous a été refusé...»

Karine Dufour via Radio-Canada

Alexandre Taillefer était à Tout le monde en parle, ce dimanche 3 février, pour faire le point sur la fermeture de Téo Taxi.

L'homme d'affaires est revenu sur les circonstances ayant mené à la fin des activités de l'entreprise un peu plus de trois ans après sa fondation, répétant certains propos qu'il a tenus tout au long de la dernière semaine, tout en se permettant de partager et/ou de clarifier le fond de sa pensée par rapport à d'autres enjeux de société.

Bref, un peu comme l'avait fait Caroline Néron deux semaines plus tôt sur ce même plateau de télévision.

Une fin prévisible?

«On garde toujours espoir quand on a un projet comme ça. Il faut faire très attention, et faire une distinction entre persévérer et l'acharnement. Et, dans le dernier mois, on était rendus dans une situation d'acharnement.»

Un avenir malgré tout?

«C'est toujours une question de financement. Aujourd'hui, tout est une question de trouver de l'argent pour pouvoir amener l'entreprise à la prochaine étape, de plus en plus proche de la rentabilité. On a tenté de convaincre nos partenaires, qui nous avaient mis des contraintes, des objectifs à atteindre. Et, malheureusement, on n'a pas su les atteindre.»

«J'ai un espoir aujourd'hui qu'il va y avoir éventuellement un repreneur. Dans le cadre d'une faillite, il peut toujours y avoir quelqu'un qui se positionne pour racheter l'entreprise.»

Le modèle d'affaires de Téo Taxi

«Je demeure convaincu que ce modèle-là est porteur, et je suis convaincu qu'un modèle social où l'on prend en considération les conditions de travail des chauffeurs, une approche écologique où l'on tient compte de la planète, c'est l'avenir pour le capitalisme.»

L'argent de l'État?

«Il y a une mauvaise perception de ce qu'est l'argent de l'État. La Caisse de dépôt, la FTQ, Fondaction, ce n'est pas l'argent de l'état. C'est des investissements. Le projet [Téo Taxi] a reçu cinq millions de dollars de subventions propres au projet.»

Karine Dufour via Radio-Canada
Alexandre Taillefer à «Tout le monde en parle» le 3 février 2019.

Concurrence déloyale

«Il y a des enjeux fondamentaux dans l'industrie du taxi au niveau de la réglementation. Uber, aujourd'hui, a les coudées franches et est capable de fixer la tarification qu'elle veut. Pas besoin de licences, elle peut avoir le nombre de chauffeurs qu'elle veut, il n'y a à peu près aucune contrainte. On leur a permis de faire n'importe quoi.

Nous, on avait des contraintes incroyables. Il fallait louer nos permis, ça nous coûtait 200 dollars par semaine par permis. Ça représentait à peu près 3,00$ la course par rapport au nombre de courses qu'on faisait, versus 1,20$ - 1,30$ pour Uber.»

«On a demandé un changement réglementaire. Ça faisait deux ans qu'on demandait ça, et ça nous a été refusé.»

Copinage politique?

«On a lancé le projet en 2014. Je n'avais aucune relation politique avec aucun parti [...] On est allés présenter un projet à des gens qui ont vu une opportunité de moderniser l'industrie du taxi. Je pense qu'ils n'ont pas eu tort. Quand on voit l'impact qu'a eu Téo Taxi en termes de qualité, on a drainé le reste de l'industrie, je pense, vers le haut.»

«Il y a eu des chroniques diffamatoires à cet effet qui m'accusent d'avoir eu du copinage politique. Quand on est dans les médias et qu'on a toujours une caméra devant nous, la dernière chose qu'un fonctionnaire ou qu'un ministre va vouloir, c'est se retrouver dans une situation où on va l'accuser de copinage.»

Présider la campagne électorale du PLQ

«Je n'aurais pas dû pour des questions d'affaires. Je n'aurais pas dû aller là alors que j'aurais pu mettre ce temps-là sur Téo Taxi ou sur d'autres projets.»

La suite des choses

«Monsieur de Gaulle disait : ''L'avenir est très long''. Je vais continuer à identifier des choses où je pense que je suis capable de faire une différence. Je me regarde dans le miroir. Je suis capable de lever la tête. Je suis très fier de ce projet-là. On peut faire de grandes choses au Québec. Il faut arrêter de penser qu'on est nés pour un petit pain.»

Alexandre Taillefer et les médias

«Je pense qu'on est aujourd'hui dans un monde qui est de plus en plus polarisé, et c'est très inquiétant. On a, d'un côté, les bien-pensants qu'on prétend être. On écoute Radio-Canada, on lit Le Devoir, on lit La Presse. Et de l'autre côté, il y a les radios de Québec et d'autres types de journaux. Ça ne peut pas continuer comme ça. Il faut arrêter de mettre de l'huile sur le feu.»

«Il faut que les gens comprennent à quel point, quand on émet des chroniques tendancieuses et sans nuance, ça entraîne de la cyberintimidation, ça entraîne des comportements bizarres d'un paquet de monde. Il faut que les gens comprennent l'impact qu'ils ont.»

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