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19/11/2018 01:31 EST | Actualisé 19/11/2018 01:48 EST

«Tout le monde en parle»: Dominique Champagne défend les artistes qui ont signé le Pacte pour la transition

«Je suis celui qui a invité les artistes pour appuyer les scientifiques avec qui on a rédigé le pacte, et non l’inverse...»

Karine Dufour via Radio-Canada

Le metteur en scène Dominique Champagne était de passage à Tout le monde en parle, ce dimanche 18 novembre, pour discuter du fameux Pacte pour la transition (dont il est l'un des instigateurs), et faire le point sur les réactions négatives qu'a pu susciter celui-ci depuis son dévoilement.

L'objectif du Pacte est d'encourager les citoyens à prendre des initiatives pour réduire leur empreinte environnementale, et faire pression sur les gouvernements pour lutter contre les changements climatiques. Pour Dominique Champagne, l'engagement des signataires se résume en trois mots : faire leur part.

«On vit sur une planète qui est de moins en moins en bon état, a expliqué le principal intéressé. Au lieu de strictement pointer les maudits gouvernements qui n'agissent pas à notre goût, on dit une chose : on va faire notre part, chacun à la hauteur de sa réalité.

Il y a du monde qui ont des empreintes écologiques plus importantes que d'autres. Il y a du monde qui sont plus riches, qui consomment plus que d'autres.

Probablement que tout le monde peut améliorer sa situation en posant des gestes somme toute assez simples. En échange de quoi - parce que c'est ça qui est important - il faut que les politiques changent à la hauteur de ce que la science nous dit.»

Le chiffre magique pour Dominique Champagne et le Pacte est d'ailleurs d'un million de signataires, ses instigateurs croyant qu'il s'agit du nombre de citoyens engagés qui leur permettra de devenir «une force collective immense».

Ce n'est pas une pétition, ce n'est pas du chialage, ce n'est pas du pelletage de nuages, c'est un engagement.Fred Pellerin

Guy A. Lepage a ensuite questionné son invité sur les critiques souvent sévères dirigées contre certains signataires accusés de manquer de cohérence. Guy Laliberté, qui voyage en jet privé, et Guillaume Lemay-Thivierge, qui est porte-parole pour Hyundai, ont notamment été cités en exemple.

Fred St-Gelais avait d'ailleurs fait une sortie très remarquée pour «exprimer ses réserves sur l'hypocrisie omniprésente dans ce genre de mouvements» il y a quelques semaines.

«D'une part, c'est un engagement, a martelé Dominique Champagne. Il n'y a personne qui est sorti pour faire la morale. Et il n'y a personne au Québec, à part Laure Waridel, qui peut se présenter comme pure dans tout ça. [...] On est intoxiqué au pétrole, on voyage, on mange de la viande, on est seul dans notre char dans le trafic.»

Dominique Champagne a poursuivi en indiquant que Guy Laliberté avait d'abord refusé de signer le Pacte pour la transition, même s'il était d'accord avec le principe.

«Je lui ai dit : ''Si tu signes, tu vas envoyer un signe que ce ne sont pas ceux qui sont déjà convaincus et dont l'empreinte est minime qui doivent s'engager. Ceux qui doivent s'engager, ce sont les riches et les privilégiés qui ont une empreinte plus grande''.»

Karine Dufour via Radio-Canada
François Delorme, Dominique Champagne et Catherine Morency à «Tout le monde en parle» le 18 novembre 2018.

Louangée et critiquée

L'initiative n'a évidemment pas échappé aux commentaires agressifs et virulents de certains internautes qui, pour Dominique Champagne, ont momentanément discrédité le projet.

«Ils avaient envie de pointer les artistes qui nous font la morale. C'est un peu à côté du sujet. Je suis celui qui a invité les artistes pour appuyer les scientifiques avec qui on a rédigé le pacte, et non l'inverse», a-t-il expliqué.

«Yvon Deschamps vient nous dire un mercredi matin qu'il rêve de passer un Noël blanc dans un Québec vert, et le surlendemain il se fait traîner dans la bouette parce qu'il a acheté la Bentley de Charlie Chaplin il y a quarante ans. Et tout à coup il n'est pas légitimé de venir dire qu'il appuie les scientifiques, que c'est important, qu'on comprend qu'on vit une période grave.»

Louis Morissette avait également exprimé ses réticences par rapport au projet en sachant très bien ce qui allait se produire. Encore une fois, Dominique Champagne a su trouver les bons mots pour convaincre son confrère, et justifier la participation de ce dernier.

«Je lui ai dit de venir, parce qu'il incarne le sentiment de culpabilité. On ne veut pas que les gens pensent qu'ils sont parfaits [...] Les signataires qui vont avoir le plus d'impact, ce sont ceux qui ont une empreinte grave.»

Malgré le «festival de la bouette», Dominique Champagne demeure confiant que le message qu'il désire véhiculer aura un impact, et que l'initiative inspirera, d'une façon ou d'une autre, même les plus sceptiques à se joindre au mouvement.

Il reste maintenant à savoir quels gestes seront posés concrètement pour réduire l'empreinte écologique liée aux modes de vie les plus opulents, et où en seront les initiatives de tout un chacun dans un an...

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