POLITIQUE
27/09/2018 10:51 EDT | Actualisé 28/09/2018 12:37 EDT

D'où provient l'intérêt pour la politique chez les jeunes électeurs?

On leur a posé la question.

Dans le cadre des élections provinciales du 1er octobre, nous avons rencontré huit jeunes hommes et femmes âgés entre 20 et 31 ans afin de nous intéresser à leur intérêt pour la politique et à leurs souhaits pour un Québec meilleur.

Si Étienne, Maxime, Marjorie, Hasher, Joanie, Gabrielle, Laurent et Théo ne partagent pas tous les mêmes opinions sur les fondations d'un Québec idéal, ils ont au moins un point en commun : ils rempliront tous un bulletin de vote le 1er octobre prochain. La majorité d'entre eux tiennent leur intérêt pour la politique et pour l'exercice de leur droit de vote de l'éducation de leurs parents.

«Oui, c'est sûr que je vais aller voter le 1er. En fait, non, c'est pas vrai, je vais aller voter avant!», lance Laurent Deslauriers. Le responsable des communications de l'IRIS explique qu'il a suivi de près la dernière campagne électorale en raison de son emploi, notamment, et que son intérêt pour la politique proviendrait en grande partie de ses parents. Ceux-ci ont travaillé durant de longues années au sein du ministère des Relations Internationales à Québec et Laurent avoue que, plus jeune, les discussions de la famille à la table tournaient souvent autour de la politique.

Étienne Brière
Lorsqu'il était plus jeune, les discussions de la famille de Laurent Deslauriers tournaient souvent autour de la politique, se souvient-il.

L'intérêt de Théo Boucher pour la politique est aussi en partie attribuable à sa mère, qu'il qualifie de «très politisée». C'est toutefois à partir de 2012 que cet étudiant de l'Université de Montréal a véritablement eu la piqûre pour la politique. «Je pense que c'est surtout la grève de 2012 qui m'a intéressé et politisé pour vrai. Je faisais partie de la première école secondaire à rentrer en grève», raconte l'ancien étudiant de l'école Joseph-François-Perrault, située dans le quartier Saint-Michel de Montréal.

Mes parents m'ont toujours montré que c'était important. Gabrielle Sangollo

Les parents de Gabrielle Sangollo, la co-fondatrice de la compagnie Green Me Away, qui offre des programmes de sensibilisation à l'environnement par le biais du voyage, ont également un rôle à jouer dans sa conscience politique. Le voyage a toutefois aussi influencé l'importance que l'entrepreneure de 27 ans accorde au fait d'exercer son droit de vote. «Mes parents m'ont toujours montré que c'était important. Aussi, à force de voyager, de voir des pays qui n'ont pas cette chance-là, j'ai réalisé que c'était vraiment important de prendre cette chance-là, et si on n'est pas d'accord, on a pu le voir avec la grève de 2012, on a un droit de parole, de contestation», explique-t-elle.

Pour Joanie Robichaud, 28 ans, qui travaille en communication et développement régional à Rimouski, l'influence de sa famille a eu un certain impact, alors que l'actualité figurait souvent parmi les sujets de discussion de prédilection le soir, dans sa famille.

Une relation amour-haine

Étienne Brière
Souverainisme ou fédéralisme? Marjorie Hansen-Geoffroy préfère ne pas se prononcer.

Dans le cas de Marjorie Hansen-Geoffroy, une étudiante en journalisme à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) de 22 ans, ses parents lui ont laissé un souvenir quelque peu amer de la politique. «Ma presque haine de la politique vient de mes parents. Mon père vote PLQ, ma mère est souverainiste. Ça fait qu'ils ne sont plus ensemble aujourd'hui! (rires)», raconte-t-elle.

«J'ai toujours comme été prise entre mes deux parents, qui étaient dans les deux spectres. J'ai comme jamais choisi un des deux et ça me hante comme encore un peu. J'aime mieux ne pas me prononcer. J'ai des opinions et des valeurs, mais on dirait que j'ai trop vu les deux côtés de la médaille.»

Étienne Boily, surnommé par la cellule familiale «le politicien de la famille», a surtout modelé sa conscience politique par le biais de son éducation. «Je suis comme à un bout d'un spectre, et j'ai les autres membres de ma famille qui se situent dans les intervalles. Je ne viens pas d'une famille qui est particulièrement politisée, c'est apparu un peu tout seul, avec l'éducation [...] Je suis un peu l'un des seuls de ma famille à faire des études supérieures», souligne-t-il.

Même son de cloche du côté de Hasher Ahmed, 20 ans, qui explique que sa famille n'a pas vraiment eu un rôle à jouer dans l'éveil de sa conscience politique, lui qui aime bien se prononcer sur le sujet.

Maxime Girard, un architecte en paysage de 31 ans, explique quant à lui devoir son intérêt pour la politique à la curiosité dont il a toujours fait preuve plutôt qu'à l'éducation de ses parents. «Dans ma famille, je suis un peu une exception à la règle. Je suis quelqu'un d'extrêmement curieux dans la vie, je suis une des rares personnes dans ma famille qui est allée à l'université. J'ai été sous-stimulé dans ma jeunesse. J'ai toujours aimé lire. Je suis tombé en amour avec l'indépendance du Québec quand j'étais jeune et ça m'a poussé à me questionner sur mon identité politique», raconte-t-il.

L'environnement, un thème qui manque à l'appel?

Nos répondants ont tous suivi de près ou de loin la dernière campagne électorale. S'ils ont pu se faire une tête sur plusieurs sujets, ils considèrent que certains sujets ont été relativement oubliés. Ainsi, l'environnement se retrouve selon plusieurs au banc des laissés pour compte.

«Au début, c'était quasiment cliché de dire qu'on n'en parlait pas assez, au point qu'on a fini par en parler. Les trois principaux partis en parlent pour en parler, mais ce sont des petites mesures qui ne sont pas nécessairement structurantes et qui ne vont pas nécessairement changer grand-chose au bout du compte», avance Théo, qui considère que si le thème a fini par être abordé, il ne l'a pas été de la bonne façon.

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Gabrielle opine et considère que si le dossier de l'environnement a été couvert, peu d'engagements concrets ont été pris à l'égard de ce qu'elle considère être «la plus grosse problématique en ce moment».

Joanie, dans le cadre de son emploi en communication et développement régional, estime que cette dernière problématique et l'environnement n'ont pas suffisamment été traités.

Maxime, quant à lui, cible des problématiques précises du secteur de l'environnement qui ont été occultées. «C'est un peu mon biais [en raison de mon emploi], mais l'architecture, l'aménagement du territoire et la gestion du patrimoine et du territoire, je trouve qu'on n'en a pas assez parlé», déplore-t-il.

L'accès à la propriété, la situation des Autochtones, les droits des locataires et des propriétaires et le changement de mode de scrutin figurent également parmi les thèmes négligés de la campagne, selon nos répondants.

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