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Jeunes électeurs: une confiance en demi-teinte envers les politiciens

«On dirait que je cherche la perfection, que je cherche de quoi qui va me satisfaire, mais il n'y en a pas», explique Marjorie Hansen-Geoffroy.

Dans le cadre des élections provinciales du 1 octobre, nous avons rencontré huit jeunes hommes et femmes âgés entre 20 et 31 ans afin de nous intéresser à leur intérêt pour la politique et à leurs souhaits pour un Québec meilleur.

En dépit d'une vague généralisée de cynisme envers les politiciens dans le monde, de jeunes électeurs rencontrés récemment émettent des réserves dans leurs critiques envers ceux-ci.

Théo Boucher, par exemple, croit en la bonne volonté des politiciens, sans nécessairement être convaincu de leur efficacité. «Je suis convaincu que la majorité des gens qui se présentent le font pour les bonnes raisons, mais j'ai l'impression qu'ils ont un champ de vision qui est tellement étroit, avance le jeune homme de 22 ans, étudiant en communication politique et société. Oui, ils sont de bonne foi, mais je trouve qu'ils ne représentent pas le monde. Donc est-ce que je leur fais confiance? Oui. Mais est-ce que ce sont les bons qui sont là? Pas nécessairement.»

Selon Maxime Girard, 31 ans, il est trop facile de mettre tous les politiciens dans le même bateau et d'affirmer qu'ils sont «tous pourris». Il tient d'ailleurs à souligner l'implication qui va de pair avec le fait de se lancer en politique. «J'ai plus ou moins confiance en les êtres humains en général, mais ça prend un gros sacrifice pour aller en politique, parce que personne aime les politiciens. À la seconde où tu vas en politique, tout le monde te hait, on te bash dans les journaux, à la radio», relève-t-il au sujet de l'image qui suit les hommes et les femmes politiques dans la société.

«On doit avoir confiance, je pense que les gens qui sont là le sont par bonne volonté et qu'ils veulent changer les choses, avance pour sa part Étienne Boily, étudiant au baccalauréat en droit. Je pense que somme toute, les politiciens carburent à l'instantané et font des erreurs, mais que n'importe qui pourrait faire ces erreurs-là. Je pense qu'on a des gens professionnels, qui ont des idées à revendre et qui travaillent pour nous, à améliorer les services pour le public. Je pense que ça, ça donne espoir en la suite des choses.»

Étienne Boily
Étienne Boily

Marjorie Hansen-Geoffroy, étudiante en journalisme de 22 ans, ne se fait pas d'illusion sur les promesses des politiciens et indique qu'elle a perdu confiance envers les partis politiques. «On dirait que je cherche la perfection, que je cherche de quoi qui va me satisfaire, mais il n'y en pas», explique-t-elle.

Hasher Ahmed , quant à lui, ne fait pas confiance à la caste politique. «Confiance et politique, ça ne va pas ensemble», affirme le jeune homme de 20 ans en souriant. Il ajoute qu'il voudrait que tous les politiciens remettent annuellement leurs déclarations de revenu [ndlr; les chefs de parti ont depuis cette entrevue divulgué leurs états financiers].

Gabrielle Sangollo, entrepreneure de 27 ans,peine également à accorder sa confiance envers les hommes et les femmes politiques du moment, mais n'est pas pessimiste pour autant. «Si j'ai confiance en les politiciens actuels? Non. Est-ce que j'ai espoir? Oui, j'aimerais ça qu'on ait du changement. Je crois que la démocratie, c'est une belle chose en soit, parce que, pour avoir voyagé énormément, quand tu as des pays qui ne sont pas démocrates, des dictatures... On est quand même chanceux. Quand on se compare, on se console, mais est-ce qu'il y a mieux à faire? Je pense que oui», expose-t-elle.

Joanie Robichaud, 28 ans, ne voue pas non plus une confiance absolue aux politiciens: «

Marjorie Hansen-Geoffroy
Marjorie Hansen-Geoffroy

Laurent Deslauriers déplore le fait que certaines personnes consacrent leur carrière à la politique. «Moi je trouve ça difficile d'avoir confiance en des gens qui font carrière en politique. Je trouve ça difficile d'avoir confiance en des gens qui passent 20, 30, 40 années de leur vie à l'Assemblée nationale», relève-t-il. Le responsable des communications de l'IRIS a toutefois une proposition pour régler cette question.

Quand le hasard se met de la partie

Pour endiguer le phénomène des politiciens de carrière et améliorer la représentativité à l'Assemblée nationale, Laurent propose une idée tirée du livre La démocratie hasardeuse: essai sur le tirage au sort en politique du doctorant en sciences politiques de l'UQAM Hugo Bonin : tirer au sort ses représentants politiques.

«On pourrait tous se faire tirer au sort, à un moment donné dans notre vie, pour s'en aller à l'Assemblée nationale. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que n'importe quel citoyen est capable de représenter ses concitoyens. Je trouve ça super intéressant», explique Laurent Deslauriers.

«Je pense que c'est très intéressant, ça pourrait même être une composante de tirage au sort. Pourquoi pas un système partiellement proportionnel avec 30, 40, 50% de sièges qui sont occupés par des citoyens tirés au sort, un peu à la même manière que des jurys pour des procès. Pour mille raisons, probablement que les gens diraient qu'ils pourraient pas, mais il y en d'autres qui accepteraient et représenteraient leurs concitoyens sans avoir un bac en droit, des études en administration, sans être un homme ou une femme d'affaires... Pour moi, c'est un espèce d'idéal intéressant, stimulant.»

Rappelons que si Philippe Couillard s'est montré réticent à une réforme du mode de scrutin actuel sans l'assentiment de tous les partis, le PQ, la CAQ et Québec Solidaire sont en faveur d'une réforme.

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