POLITIQUE
22/09/2018 08:34 EDT | Actualisé 22/09/2018 16:32 EDT

La «droite assumée» du Parti conservateur du Québec

«Je pense que le Québec mérite d’avoir une option à droite du centre», estime son chef Adrien Pouliot.

MONTRÉAL – En faveur de plus de privé en santé, de l'exploitation des hydrocarbures et contre la gestion de l'offre : le Parti conservateur du Québec (PCQ) estime offrir la seule alternative «à droite du centre» dans cette élection.

Le HuffPost Québec s'est entretenu avec des chefs de partis qui ne sont pas représentés à l'Assemblée nationale. Leur principal défi? Se tailler une place dans le débat public. Nous avons donc parlé au chef du PCQ, Adrien Pouliot, qui souhaite faire élire un premier député en 2018.

Pour la première fois de son histoire, le parti va présenter 101 candidats à l'élection du 1er octobre prochain. C'est presque autant que les autres «grands partis» qui ont réussi à présenter 125 candidats – parfois jusqu'à la dernière minute.

M. Couillard nous a enlevé 1000$ dans nos poches, nous en a redonné 100$ depuis les derniers six mois et on est supposés dire merci?

«Je pense que le Québec a le droit et mérite d'avoir une option à droite du centre, déclare M. Pouliot en entrevue. Actuellement, on a la Coalition avenir Québec (CAQ) qui est au centre et tout le reste est à gauche.»

Le PCQ – qui a l'appui officiel du très libertarien Maxime Bernier depuis 2017 – aimerait voir des baisses d'impôts majeures pour les particuliers et les entreprises, en plus d'éliminer toutes les subventions pour laisser libre cours au marché.

«On trouve que le gouvernement est trop gros et qu'on paie trop de taxes. Nous, ce qu'on veut, c'est diminuer la taille de l'État et alléger le fardeau fiscal des Québécois qui est l'un des plus élevés en Amérique du Nord», affirme M. Pouliot, qui parle d'une «droite assumée».

Il ne se dit pas impressionné par le gouvernement libéral sortant, qui a «augmenté le fardeau fiscal des Québécois» à son avis. Il croit que les trop-perçus devraient retourner dans les poches des contribuables au lieu de servir à financer des promesses électorales.

«M. [Philippe] Couillard nous a enlevé 1000$ dans nos poches, nous en a redonné 100$ depuis les derniers six mois et on est supposés dire merci?»

Pas tendre envers la CAQ

Le PCQ a-t-il plus d'affinités avec la CAQ, qui promet de «couper dans le gras» de la fonction publique et de présenter des budgets équilibrés? Que nenni, répond M. Pouliot.

Le chef conservateur accuse la CAQ de vouloir engloutir des milliards dans un projet de tramway à Québec et de vouloir s'ingérer dans les ventes de sièges sociaux à l'étranger.

Il critique aussi le «chiffre complètement farfelu» de 40 000 immigrants que le Québec devrait accueillir par année. «Contrairement à M. Legault qui a sorti un chiffre d'un chapeau, nous, on dit : laissons l'économie décider», dit-il.

«Si on est en période de croissance économique avec un taux de chômage très bas, comme on a actuellement, on fait venir beaucoup de monde. Si on est en récession et qu'il y a un taux de chômage de 10%, on n'a pas besoin de personne.»

Il souhaite laisser les coudées franches aux employeurs afin qu'ils accueillent des nouveaux arrivants «même s'ils ne parlent pas parfaitement français». «Pensez-vous que Bombardier va engager un anglophone unilingue? Ben non!», s'exclame-t-il.

Laisser aller la gestion de l'offre

Dans le contexte de la renégociation des échanges commerciaux avec les États-Unis, M. Pouliot pense qu'il faut rester «réalistes» sur la capacité du Canada de sauvegarder le système de gestion de l'offre en agriculture.

«Ce n'est pas une question de savoir si la gestion de l'offre va être diminuée, c'est quand. Nous, on veut préparer l'après-gestion de l'offre», avance le chef du PCQ, qui se dit d'accord pour compenser les agriculteurs.

M. Pouliot se présente dans la circonscription de Chauveau, dans la région de Québec, un «château fort du conservatisme». Il espère pouvoir faire des gains, même si la CAQ est en avance dans la région.

«Moi, je pense que les Québécois sont plus conservateurs qu'ils ne le pensent!» laisse tomber le chef du PCQ.