POLITIQUE
27/07/2018 11:45 EDT | Actualisé 29/07/2018 09:21 EDT

Montréal appuie le projet industriel de panneaux solaires de l'entreprise Solargise

Les parties restent vagues sur l'avenir du Golf métropolitain d'Anjou, visé initialement par l'entreprise.

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L'administration Plante accepte d'accueillir une usine de fabrication de panneaux solaires proposée par l'entreprise britannique Solargise. L'avenir du Golf métropolitain d'Anjou, visé par l'entreprise, reste toutefois flou.

Solargise a jeté un pavé dans la marre au début du mois en ce qui concerne le golf d'Anjou. En mai, l'administration élargissait les limites du parc-nature du Bois-d'Anjou pour inclure l'ensemble du golf. Puis, le mois dernier, des réserves foncières ont été imposées sur la moitié du site, empêchant les propriétaires de vendre les terrains sans l'accord de la Ville.

Le but était de créer un parc-nature de la taille du parc Maisonneuve et offrir un «poumon» pour l'Est de Montréal.

Des panneaux solaires au lieu d'un parc

Mais l'arrivée de Solargise a brouillé les cartes dès les semaines suivantes. L'entreprise a rapidement obtenu l'appui de l'arrondissement d'Anjou et de l'opposition à l'hôtel de ville, sans parler des acteurs économiques de Montréal.

Vendredi, l'administration Plante s'est ralliée au projet.

«Les représentants de Solargise et de la Ville de Montréal se sont engagés à travailler ensemble pour réaliser les différentes phases du projet. Les parties sont convaincues qu'elles pourront trouver rapidement une solution pour réaliser la première phase du projet», lit-on dans un communiqué conjoint envoyé vendredi.

Sur le golf ou ailleurs?

Le communiqué ne mentionne toutefois pas le Golf métropolitain d'Anjou, qui est pourtant au coeur de cette affaire. La porte-parole de Solargise, Frédérick Trucho-Gagnon, affirme que le golf fait toujours partie des sites évalués, sans confirmer qu'il y ait eu une entente concrète pour s'y installer.

À la Ville de Montréal, le directeur des communications de la mairesse Plante, Marc-André Viau, se limite aux informations contenues dans le communiqué.

Selon l'hebdomadaire local Le Flambeau, l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve suit le dossier de près. L'arrondissement, contrôlé par le parti de la mairesse Valérie Plante, a aussi d'importants terrains industriels qu'il souhaite redévelopper avec des entreprises de technologies vertes.

Dans une lettre signée par 16 acteurs économiques, dont la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et l'organisme Montréal International, on indique que «le seul terrain à Montréal répondant à l'ensemble des critères recherchés par l'entreprise est celui de l'actuel Golf métropolitain à Anjou».

L'arrondissement et l'opposition se réjouissent

Depuis des mois, le maire d'arrondissement Luis Miranda implore l'administration Plante de permettre le développement industriel sur le golf. Il souligne que le coût de décontamination du site, qui a déjà abrité une raffinerie, serait trop élevé pour un parc.

Vendredi, M. Miranda s'est réjoui de la nouvelle.

«C'est un très beau projet. Ça va amener facilement 15 M$ par année en taxes pour la Ville de Montréal», avance-t-il.

M. Miranda déplore toutefois qu'il n'ait même pas été mis au courant de l'annonce de vendredi.

«Je trouve ça très particulier qu'ils ne nous ont même pas averti et qu'ils ne nous ont même pas envoyé le communiqué. J'ai appris ça en me faisant appeler par les journalistes», dit-il.

«C'est un manque de délicatesse. Projet Montréal critiquait beaucoup Denis Coderre pour ce genre de chose, mais je n'ai pas de félicitations à leur envoyer», ajoute-il.

Le chef de l'opposition, Lionel Perez, accueille favorablement la nouvelle entente entre la Ville et Solargise.

«On est contents que la lettre des acteurs économiques et notre sortie ont pu débloquer les choses entre Solargise et la Ville. Sans se réjouir encore, parce que ce n'est pas finalisé, nous sommes contents de voir que la chose avance. Et il est évident que ça doit se passer dans l'Est, sur le terrain du golf d'Anjou», dit-il.

Une version précédente de ce texte indiquait que le projet de parc-nature au golf d'Anjou était mis au rancart par la Ville. Après vérification, l'avenir du golf ne peut être précisé pour le moment.