POLITIQUE
23/05/2018 13:58 EDT | Actualisé 23/05/2018 13:58 EDT

Montréal et Anjou s'affrontent sur l'avenir du Golf métropolitain

Luc Ferrandez veut un parc, l'arrondissement veut des commerces.

Un conflit se dessine entre la Ville de Montréal et un de ses arrondissements. La ville-centre vient d'agrandir le parc-nature du Bois-d'Anjou pour y inclure le Golf métropolitain d'Anjou, alors que l'arrondissement vient de changer le zonage du secteur pour y permettre du développement commercial.

Le responsable des grands parcs à la Ville, Luc Ferrandez, a de grandes ambitions pour ce secteur, qui comprend aussi quelques terrains non développés au nord et au sud du golf. Il veut en faire un espace vert aussi grand que le parc Maisonneuve, dans Rosemont-La Petite-Patrie.

«L'Est de Montréal a autant droit [aux espaces verts] que l'Ouest. Il faut que l'Est devienne un milieu de vie riche, vert, calme, propre et c'est possible», affirme-t-il.

Or, le maire d'Anjou, Luis Miranda, ne le voit pas ainsi. Selon un reportage de l'hebdomadaire local Le Flambeau, le propriétaire actuel du golf souhaite développer la partie sud de son terrain pour en faire un centre commercial. L'arrondissement a modifié son règlement de zonage pour permettre ce genre de développement, ainsi que la vente d'essence et la réparation automobile.

Selon des paroles rapportées par Radio-Canada, M. Miranda s'en prend directement à M. Ferrandez dans ce dossier.

M. Ferrandez souligne que le règlement adopté mercredi par le comité exécutif de la Ville n'exclut pas le développement immobilier du secteur. Diverses options sont possibles, allant de l'expropriation au droit de passage à la permission de développer certains types d'activités précis. L'élu souligne que des entreprises comme Google et Netflix aiment installer leurs complexes industriels près de boisés et de grands parcs.

La population d'Anjou sera également consultée. L'option d'un centre commercial semble toutefois peu envisageable.

«Notre préférence, c'est de garder en vert ce qui est vert. [...] Je rappelle qu'il y a 36 millions de pieds carrés d'espace commercial disponible hors espace vert dans Anjou. Donc est-ce que c'est le meilleur endroit pour développer un nouveau centre commercial? On va avoir l'occasion d'en discuter au cours des prochaines semaines», dit-il.

Jeudi, la mairesse de Montréal Valérie Plante doit se joindre à son homologue de Sainte-Anne-de-Bellevue, Paola Hawa, pour une annonce semblable concernant le parc-nature de l'Anse-à-l'Orme.

Les ambitions de la Ville pour ce secteur sont encore plus grands. L'administration Plante souhaite connecter le populaire parc-nature du Cap-Saint-Jacques au parc-nature de l'Anse-à-l'Orme, au parc agricole du Bois-de-la-Roche et à l'arboretum Morgan. Selon M. Ferrandez, l'endroit deviendrait «l'un des plus importants parcs urbains au monde».

La Ville a déjà adopté un règlement pour ajouter trois lots au parc de l'Anse-à-l'Orme et le connecter à l'arboretum Morgan. Ce projet est toutefois conditionnel aux négociations avec le ministère de l'Environnement et le propriétaire d'un des lots.

Le plus gros problème est toutefois ailleurs, dans l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro. L'administration Plante veut protéger l'ensemble des 360 hectares situés entre le Cap Saint-Jacques et la rivière à l'Orme, alors que l'arrondissement préfère laisser la moitié de cet espace à un projet de développement résidentiel.

Selon M. Ferrandez, la conservation de cet espace va se faire de façon progressive. La Ville souhaite éventuellement que le gouvernement en fasse un parc national.

L'élu a également promis une troisième annonce concernant le verdissement au cours des deux prochains jours, sans dévoiler de détails.

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