POLITIQUE
18/06/2018 15:26 EDT | Actualisé 18/06/2018 15:26 EDT

La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, et l'opposition s'attaquent à coups de motions de blâme

Les motions pourraient mener à des enquêtes, voire des destitutions.

Photo d'archives de Sylvie Parent
Olivier Robichaud
Photo d'archives de Sylvie Parent

Une partie de l'administration municipale a été mise sur pause à Longueuil, menant à des motions de blâme contre la mairesse et le président du conseil municipal. L'affaire pourrait se retrouver devant la Commission municipale du Québec.

Les élus longueuillois seront conviés à une séance extraordinaire mercredi matin. Le sujet épineux: la mairesse a mis fin aux commissions, des organes qui sont chargés d'étudier certains aspects de l'administration. Ces commissions sont dirigées par le parti Longueuil Citoyen, qui se trouve dans l'opposition, mais qui détient la majorité des sièges avec la collaboration d'un autre parti, Option Longueuil.

«Bon an mal an, les commissions reçoivent trois ou quatre mandats. Depuis les élections, 50 mandats ont été donnés aux commissions de la Ville et de l'agglomération. On a un problème d'efficacité. L'administration n'est plus capable de supporter ça», affirme la mairesse Sylvie Parent, en entrevue au HuffPost Québec.

Celle-ci a suspendu les commissions locales, mais pas celles de l'agglomération, en demandant au directeur général d'annuler les rencontres prévues.

L'opposition réagit vivement à cette décision, la qualifiant d'«affront à la démocratie».

On ne comprend pas que pour bonifier le fonctionnement [des commissions], il a fallu mettre un cône orange et tout arrêter.Xavier Léger

«Plusieurs dossiers chers aux citoyens exigent la reprise des travaux des commissions. Que ce soit la création d'un programme de l'agrile du frêne, la révision du plan de déneigement ou les quelques 300 dossiers en attente à la commission de la circulation. On ne comprend pas que pour bonifier leur fonctionnement, il a fallu mettre un cône orange et tout arrêter», affirme Xavier Léger, qui agit comme chef de l'opposition pour le compte de la fondatrice de Longueuil Citoyen, Josée Latendresse.

Longueuil Citoyen a déposé une motion de blâme contre Mme Parent pour cette raison. La mairesse a répondu en déposant une motion contre le président du conseil municipal, Jonathan Tabarah, élu dans l'équipe de Mme Latendresse.

«M. Tabarah est allé trop loin. Comme président du conseil, il doit être neutre. [...] M. Tabarah n'aurait jamais dû signer une convocation qui comprenait une motion de blâme», affirme-t-elle.

Les motions de blâme ne sont pas anodines. Tout dépendant du libellé, elles pourraient mener à des enquêtes de la Commission municipale du Québec (CMQ) ou du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT). La CMQ pourrait imposer des sanctions pour un éventuel manquement au Code d'éthique des élus, sanctions qui peuvent aller jusqu'à la destitution.

Le libellé des motions devrait être dévoilé lundi par la Ville de Longueuil.

La politique à Longueuil est devenue un vrai téléroman à la suite de la scission du parti de la mairesse, Action Longueuil, quelques mois avant les élections. Des décisions aussi banales que l'adoption de l'ordre du jour monopolisent des heures de débats lors des séances du conseil. Plusieurs mois se sont écoulés avant que M. Tabarah ne soit nommé président du conseil, les élus étant incapables de s'entendre sur un candidat qui recueillerait les deux tiers des voix.

En avril, Mme Parent a demandé l'aide de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) lorsque l'opposition a annulé un appel d'offres. La manoeuvre lui a valu une mise en demeure, mais aucune poursuite en diffamation n'a été déposée jusqu'à présent même si la mairesse ne s'est pas rétractée.