POLITIQUE
15/06/2018 11:41 EDT | Actualisé 15/06/2018 11:52 EDT

La STM reconnaît que les temps de parcours de certaines lignes d'autobus sont irréalistes

Les chauffeurs doivent souvent choisir entre les retards et les excès de vitesse.

krblokhin via Getty Images

La Société de transport de Montréal (STM) reconnaît que certains parcours d'autobus sont irréalistes et laissent trop peu de temps aux chauffeurs. Des négociations sont en cours pour régler le problème.

Le transporteur a confirmé ce constat vendredi, dans les heures suivant un reportage de Radio-Canada qui démontre que les chauffeurs doivent parfois faire de la vitesse s'ils veulent arriver à l'heure. La diminution des limites de vitesse sur de nombreuses artères au cours des dernières années serait en cause, parmi d'autres facteurs.

«C'est vrai, on est d'accord et on le savait [que c'était un problème]», affirme le directeur général de la STM, Luc Tremblay.

M. Tremblay affirme avoir ajouté 45 000 heures dans les horaires depuis trois ans afin d'allonger les «temps de battement», c'est-à-dire les périodes tampon ajoutées en fin de parcours pour qu'un chauffeur puisse rattraper son retard avant de repartir.

Solution: les 300 autobus

Selon M. Tremblay, la STM continue de négocier avec les chauffeurs pour apporter d'autres correctifs. Mais le noeud du problème sera réglé lorsque les 300 nouveaux autobus hybrides réclamés par la mairesse Valérie Plante seront sur les routes, en 2020.

«Quand on rallonge les temps de parcours, ça prend d'autres autobus pour faire ça. Les 300 nouveaux bus vont nous donner des outils pour régler le problème», dit-il.

Mme Plante souhaite également que ces autobus servent à ajouter des départs sur des lignes engorgées et mettre des autobus dans des secteurs mal desservis. Vendredi, M. Tremblay n'était pas en mesure de préciser quelle part des 300 autobus devra être utilisée pour régler les problèmes actuels et quelle part servira à l'ajout de services.

«Il est trop tôt pour avoir ces chiffres-là, mais ce sera suffisant. Ces 300 autobus vont augmenter la flotte de 15%. On n'a jamais vu ça à la STM», dit-il.

M. Tremblay rappelle que la STM procédera bientôt à la refonte complète de son réseau d'autobus. Les consultations en ce sens commenceront dès l'automne.

Grève: encore des départs annulés

Par ailleurs, la STM continue de subir les contrecoups de la grève des heures supplémentaires déclenchée par le personnel d'entretien au début du mois de mai. Bien que cette grève n'ait duré que six jours, des dizaines de départs ont dû être annulés en une semaine parce que la STM ne pouvait pas mettre suffisamment de bus en service.

Les départs annulés se poursuivent, selon M. Tremblay. La STM peine à rattraper les heures supplémentaires perdues parce que la période de vacances suit de peu la grève.

«Tous les matins, on coupe des services. On n'a pas récupéré le temps perdu. Encore ce matin, on a dû couper 85 heures de service», dit-il.

M. Tremblay n'était pas en mesure de préciser le nombre de départs annulés que représentent ces 85 heures de service.

Rappelons qu'une seconde grève des heures supplémentaires a été annulée in extremis grâce à l'avancement des négociations entre la STM et le syndicat du personnel d'entretien. Environ 15% du service d'entretien dépend des heures supplémentaires.

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