POLITIQUE
29/04/2018 20:01 EDT | Actualisé 30/04/2018 11:19 EDT

«Je n’ai plus confiance en Martine Ouellet» - Mario Beaulieu

Le président du Bloc québécois réfléchit à son avenir politique au sein du parti.

Le président du Bloc québécois et député de Pointe-de-l'Île, Mario Beaulieu, dit qu'il réfléchit à son avenir politique au sein du parti après avoir vu sa proposition pour devancer le vote de confiance de sa chef Martine Ouellet rejetée.

Selon nos informations, sa réflexion devrait être de courte durée, puisqu'il pourrait confirmer s'il rejoint le camp des sept députés démissionnaires dans les 24 ou 48 prochaines heures.

Autrefois l'un des plus fidèles alliés de Mme Ouellet, M. Beaulieu a coupé les ponts avec elle. Le Devoir révélait plus tôt cette semaine qu'il voulait précipiter son départ afin de mettre fin à la crise qui secoue le parti le plus rapidement possible.

Je pense qu'il a fait une erreur.Xavier Barsalou-Duval, chef parlementaire du Bloc

«C'est sûr que c'est déjà dans les médias, mais je n'ai plus confiance en Mme Ouellet», a confirmé M. Beaulieu, lorsqu'il a été questionné à ce sujet, en marge du conseil général du Bloc, dimanche.

La situation était déchirante pour plusieurs jeunes militants qui se sont impliqués en politique grâce à M. Beaulieu.

Le chef parlementaire du Bloc et député de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères, Xavier Barsalou-Duval, a convaincu M. Beaulieu de se présenter comme chef du Bloc en 2014. M. Barsalou-Duval était alors président du Forum Jeunesse du Bloc québécois.

Même si les deux hommes ont été «très proches», M. Barsalou-Duval ne s'explique pas pourquoi M. Beaulieu a retiré son appui. «Je pense qu'il a fait une erreur», a-t-il commenté en entrevue.

Beaulieu traité de «putschiste»

Les tensions étaient vives dès le début de la journée entre le président et député bloquiste Mario Beaulieu – qui estimait avoir l'appui d'environ 40 délégués de circonscription – et les partisans de Mme Ouellet.

Quelques militants ont lancé des injures à M. Beaulieu lorsqu'il a pris la parole, en l'accusant d'être un «putschiste» et d'avoir des tendances dictatoriales. Il voulait proposer Martin Beaudry, un militant de longue date, pour être président de l'assemblée. Les pro-Ouellet voulaient plutôt Louis Roy.

La députée de Manicouagan, Marilène Gill, a accusé M. Beaulieu de vouloir «imposer» son président et a laissé entendre que M. Beaudry aurait un parti pris. «Je refuse les putschs! Le coulage!» s'est-elle indignée, lors d'un court discours impromptu sur la scène.

Dans son premier discours de la journée, Mme Ouellet a commencé par attaquer les sept députés qui ont claqué la porte du parti à la fin du mois de février et insinue de leur faute si les médias ne parlent que de la crise qui déchire le parti.

Elle réfute également toutes les allégations faites au sujet de son style de leadership, décrit comme autoritaire et intransigeant par plusieurs.

«Je peux vous dire que ce n'est pas facile à vivre quand on entend dans les médias des histoires inventées, des faussetés qui sont répétées ad nauseam, des "fake news"», a-t-elle lancé, au sujet des témoignages des démissionnaires et de ses anciens collaborateurs.

Ouellet attaque Duceppe

Mme Ouellet s'est ensuite dirigée vers l'ex-chef du Bloc, Gilles Duceppe, qui était «reconnu pour contrôler le parti d'une main de fer, pas de gant de velours» selon elle.

Elle l'a accusé de manœuvres «anti-démocratiques» après les élections fédérales de 2015, où il a quitté pour une deuxième fois.

«Il a imposé son chef parlementaire [le député de Rivière-du-Nord Rhéal Fortin], il a imposé ses officiers, c'est-à-dire sa vice-présidente [Catherine Fournier [qui a quitté peu de temps après]], son leader [le député de Montcalm, Luc Thériault]. Il a même imposé ses employés. Moi, je n'ai jamais vu ça.»

En fin de journée, le ton s'était un peu adouci. Elle a tendu la main à M. Beaulieu pour qu'il se rallie au choix des membres, qui ont décidé de tenir un référendum composé de deux questions – une sur la mission du parti, une autre sur le leadership de la chef – début juin, tel que prévu.

M. Barsalou-Duval est d'avis que Mme Ouellet fait face à la même résistance que M. Beaulieu lorsqu'il est devenu chef. La situation était difficile, au point où M. Beaulieu a demandé à M. Duceppe de faire la campagne électorale de 2015.

Mais cette fois-ci, il n'y a aucune chance que M. Duceppe vienne sauver les meubles en 2019.