POLITIQUE
23/04/2018 16:40 EDT | Actualisé 23/04/2018 21:02 EDT

Laval et la Rive-Nord veulent un réseau de transport lourd et intégré

Le ministre des Transports a promis la mise en place d'un bureau de projet.

Ville de Laval
Marc Demers, maire de Laval entouré de Virginie Dufour, membre du comité exécutif de la Ville de Laval et de Richard Perreault, maire de Blainville au Forum sur le mobilité et transport collectif. (Groupe CNW/Forum sur la mobilité et le transport collectif)

Laval et la Rive-Nord réclament une série de mesures pour décongestionner les autoroutes de la région. Et le ministre André Fortin promet la création rapide d'un bureau de projet pour étudier la question.

Métro, REM, SRB, train, voies réservées, desserte locale d'autobus: tout est dans le collimateur des élus de la Rive-Nord, réunis lundi pour un forum sur la mobilité et le transport collectif. Ils souhaitent ainsi réduire la pression sur le réseau routier, qui arrive à saturation. Une étude commandée par la Société de transport de Laval (STL) indique qu'avec seulement 5% plus de voitures, le temps perdu dans la congestion augmenterait de 37%.

«Le potentiel de la couronne nord est élevé, on veut que ce soit reconnu. Sur le plan démographique, Laval et les Basses-Laurentides augmentent rapidement. L'économie est très bonne, très dynamique, et on a besoin de ces leviers pour ne pas que la situation de la congestion s'aggrave», affirme le maire de Laval, Marc Demers.

Les demandes de la Rive-Nord répondent à deux études et deux sondages montrant les coûts importants de la congestion, ainsi que la préférence des résidents pour des solutions de transport en commun.

Capture d'écran

Ligne orange ou REM

M. Demers réclame le prolongement de la portion ouest de la ligne orange. Le projet ajouterait trois stations à Montréal à partir de Côte-Vertu, ainsi que deux nouvelles stations à Laval, dans le secteur Chomedey.

Ce projet permettrait notamment de décongestionner la portion est de la ligne orange, qui est la plus surchargée du métro. Actuellement, le réseau de la STL ajoute 8650 usagers par jour sur la ligne orange. Les futures stations dans Chomedey permettraient d'accueillir les lignes d'autobus qui circulent sur l'axe d'autobus le plus achalandé de Laval, celui des boulevards Notre-Dame/De la Concorde.

Pierre Lavigueur, directeur principal au développement à la STL, souligne que les modes de transport lourds ont un effet structurant pour les municipalités.

«Depuis l'ouverture des trois stations de métro à Laval, la part modale du transport en commun est passée de 11% à 17% pour l'ensemble de la Rive-Nord», souligne-t-il.

Le développement immobilier va aussi bon train autour de la station Montmorency, avec notamment la construction de la Place Bell, du nouveau pavillon de l'Université de Montréal et du projet résidentiel Urbania.

Le coût de ce prolongement n'a pas encore été chiffré. Le prolongement du côté est de la ligne orange, en 2007, a coûté 800 M$ pour l'ajout de trois stations. Le prolongement de la ligne bleue jusqu'à Anjou, qui ajoutera cinq stations au réseau de métro d'ici 2026, est évalué à 3,9 G$.

À défaut du métro, M. Demers souhaite le prolongement du Réseau express métropolitain (REM) vers Laval en ajoutant quatre arrêts à partir de la gare du Ruisseau. Le tracé prévu du REM, pour l'instant, ne prévoit qu'un arrêt dans l'extrémité ouest de la ville.

Deux SRB supplémentaires

Laval souhaite également ajouter deux services rapides par bus (SRB) sur ses deux boulevards les plus achalandés, soit le boulevard De la Concorde et le boulevard des Laurentides. Ces deux axes reçoivent 50% des usagers actuels de la STL.

Le coût de ces deux mesures est estimé à 97 M$. Selon la STL, ce coût ne comprend pas les éventuelles réfections qui pourraient être nécessaires sur les réseaux souterrains (les égouts et aqueducs, par exemple).

Rappelons que le projet de SRB Pie-IX a reçu l'aval de l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) et de la Ville de Montréal il y a quelques jours. Ce projet reliera le boulevard St-Martin, à Laval, au Stade olympique en longeant le boulevard Pie-IX. Il coûtera 525 M$, mais il comprend une part importante de renouvellement des infrastructures municipales souterraines, comme les réseaux d'eau et d'électricité.

Selon le STL, ce genre de coût devra s'ajouter aux 97 M$ estimés pour le seul aménagement des deux SRB.

Un réseau intégré pour toute la Rive-Nord

Loin d'être en reste, les municipalités au nord de la rivière des Mille-Îles réclament la création d'un réseau de transport intégré, qui comprendrait l'ajout d'une gare de train à Mirabel.

Ce réseau augmenterait la desserte d'autobus sur la Rive-Nord et permettrait le rabattement rapide vers les modes de transport lourds de Laval, que ce soit le REM (actuel ou désiré), le métro, les gares de train ou les nouvelles lignes de SRB.

Ils souhaitent aussi le prolongement de l'autoroute 19, déjà annoncé, et de l'autoroute 13. Ils désirent également l'ajout de voies réservées aux autobus sur ces deux axes, ainsi que sur les autoroutes 15, 640 et 440.

Un bureau de projet d'ici septembre

Le ministre des Transports, André Fortin, a salué l'initiative du maire Demers, qui a lancé l'idée d'un forum sur la mobilité. Il estime que les solutions proposées permettront de réduire le temps de déplacement en transport en commun.

«Par exemple, les usagers vont gagner du temps avec le REM. Mais il ne faut pas qu'ils le perdent en attendant 30 minutes pour un autobus local. C'est ce que vous allez régler», a-t-il lancé.

M. Fortin a promis la mise en place d'un bureau de projet d'ici le 1er septembre.

Contrepoids à Montréal

Avec les demandes communes annoncées lundi, la Rive-Nord parle désormais d'une seule voix devant l'Autorité régionale de transport métropolitain. Outre le réseau local d'autobus, l'ensemble des mesures présentées devront d'ailleurs être approuvées par l'ARTM, qui a le rôle de planifier l'offre de transport dans le Grand Montréal.

Les demandes de la Rive-Nord seront toutefois en compétition avec celles de Montréal, qui veut une nouvelle ligne rose pour son métro, et de Longueuil, qui souhaite prolonger la ligne jaune vers Saint-Hubert.

M. Demers et son homologue de Terrebonne, Marc-André Plante, ne croient toutefois pas qu'il y ait de compétition entre les municipalités pour les fonds en transport.«On n'est plus dans une guerre Rive-Sud contre Rive-Nord. Je pense que les maires travaillent tous dans une grande région métropolitaine. [...] Il va y avoir un impact économique qui va être bon pour l'ensemble de la région et l'ensemble du Québec», affirme M. Plante.