POLITIQUE
02/11/2015 10:56 EST | Actualisé 03/11/2015 07:19 EST

Le premier ministre Justin Trudeau peut réinstaurer le «civisme politique», croit l'ex-chef de cabinet libéral John Parisella (VIDÉO)

Le débat politique au Canada «s'américanise»: les attaques se concentrent de plus en plus sur les personnes et non sur les idées. C'est du moins ce que déplore John Parisella, ex-stratège libéral qui a travaillé de près avec quatre premiers ministres du Québec. À ses yeux, Justin Trudeau mise sur une attitude positive, qui permet de réintroduire «un civisme politique» à Ottawa... et peut-être même à Québec.

«L'approche positive de l'équipe de Justin Trudeau a marché. C'est un modèle dont on doit s'inspirer», a déclaré John Parisella au Huffington Post Québec, en marge du lancement de son autobiographie «La politique dans la peau»(Éditions La Presse). L'évènement qui a eu lieu au Musée McCord à Montréal lundi soir a rassemblé plus de 300 personnes, incluant un grand nombre de personnalités publiques, de Brian Mulroney à Monique Jérôme-Forget, en passant par Mario Dumont et Lisette Lapointe.

Durant son allocution, l'ancien chef de cabinet de Robert Bourassa et de Daniel Johnson a déploré «l'américanisation» du débat politique depuis une dizaine d'années. Tant au niveau provincial que fédéral, les politiciens attaquent leur adversaire personnellement plutôt que d'affronter ses idées, a expliqué M. Parisella.

Agréablement surpris par la stratégie de communication positive prisée par l'équipe de Justin Trudeau durant la campagne électorale, l'analyste a fait valoir que les ingrédients sont réunis pour démarrer «un nouveau cycle politique» marqué par le respect et la bonne entente. Cette «civilité politique», espère-t-il, pourrait aussi revenir à l'Assemblée nationale, trop souvent le théâtre d'échanges conflictuels entre les différents groupes politiques.

Justin Trudeau, qui sera assermenté mercredi, aura-t-il le même style de gouvernance que son père, Pierre Elliott Trudeau? «Je ne pense pas, ils ont des personnalités très différentes», a répondu l'apparatchik.

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La collaboration Bourassa-Parizeau

Établir une collaboration entre le gouvernement et l'opposition, c'est loin d'être impossible, a rappelé John Parisella. C'était même la «norme» durant les années où il a été très actif dans les bureaux de premier ministre, au courant des années 80 et 90. Il a donné l'exemple du soir de l'échec de l'Accord du Lac Meech, quand Parizeau a tendu la main à «son premier ministre», ou encore quand le gouvernement Bourassa a tenu à partager les textes liés à l'Accord de Charlottetown (1992) avec l'opposition avant de réagir devant les médias.

La bonne entente est essentielle à un climat de confiance entre les élus, qui aide ainsi à contrer le cynisme politique, a avancé M. Parisella.

PKP et la souveraineté

Dans sa biographie, John Parisella revient en détail sur le déroulement des deux référendums. Lors de celui de 1995, il a tenu le rôle d'agent de liaison entre le provincial et le fédéral pour le camp du NON. Vingt ans plus tard, où en est le mouvement souverainiste, à son avis? «Les Québécois, surtout les jeunes, n'ont plus la tête à ça. Ils voient le monde sans frontière, ils veulent apprendre plusieurs langues, voyager, faire des affaires à l'étranger», a-t-il analysé.

Les chances sont que la souveraineté ne se réalise jamais, «mais il ne faut jamais dire jamais», a-t-il pris la peine de souligner. Celui qui a souvent fait l'éloge de René Lévesque et de Lucien Bouchard, les dépeignant comme des chefs charismatiques, n'ose pas donner son avis sur le chef péquiste actuel, Pierre Karl Péladeau.

«Tout ce que je peux dire, c'est que le mouvement souverainiste est en déclin, et c'est une tendance lourde.»

Charest ne reviendra pas en politique, c'est clair

John Parisella connaît très bien l'ex-premier ministre du Québec Jean Charest. Il se dit presque certain que ce dernier ne reviendra jamais en politique. Selon lui, M. Charest comprend très bien qu'à un certain moment, un homme politique réalise qu'il «n'est pas indispensable» et qu'il est mieux de se retirer.

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