DIVERTISSEMENT
06/07/2015 02:33 EDT | Actualisé 07/07/2015 09:56 EDT

«The Tounes»: RBO à quelques jours du Centre Bell (PHOTOS/VIDÉO)

C’est dans quatre jours. Vendredi soir, les membres de Rock et Belles Oreilles s’offriront l’immensité du Centre Bell, quelques jours seulement après que U2, Shania Twain, Imagine Dragons et Taylor Swift s’y soient produits.

Ils remettront ça samedi, avant d’aller se faire entendre au nouveau Centre Vidéotron, à Québec, le 19 septembre.

Lundi, alors que s’amorçait le compte à rebours avant la date tant attendue du 10 juillet, Guy A.Lepage, André Ducharme, Bruno Landry et Yves Pelletier ont consacré un avant-midi à accorder des entrevues aux journalistes. Dans l’un des grands locaux du Studio Universcène, dans l’est de Montréal, où il répète, le quatuor aussi sympathique que mordant a d’abord donné un minuscule aperçu de sa prestation, en interprétant son classique Le feu sauvage de l’amour, puis a multiplié les interviews, toujours en groupe.

Avec cette deuxième mouture du spectacle The Tounes, qui avait causé un malheur frôlant les 100 000 spectateurs sur la Place des Festivals, l’an dernier, nos quatre joyeux lurons n’ont pas l’intention de réinventer ce qu’ils ont accompli en 2014, mais de repousser de quelques crans les limites franchies lors de ce mémorable rendez-vous, dans le Quartier des spectacles.

«C’est un spectacle dans un environnement un peu plus contrôlé», a indiqué Bruno Landry. «On a ajouté une demi-heure supplémentaire, et il y avait beaucoup de matériel à peaufiner, améliorer, actualiser.»

«Au niveau technique, il y avait beaucoup de travail à effectuer», a enchaîné Yves Pelletier. «C’est le même canevas que l’an dernier, mais tout est amélioré. On est passés sur l’ensemble du show. On a peaufiné l’aspect visuel, les éclairages, les chorégraphies, et on a créé de nouvelles choses. On entendra davantage le public réagir que quand on était à l’extérieur. Ça nous permettra plus d’interactions.»

Technologie impressionnante

Impatients d’y être? Voici quelques vagues potins pour vous mettre en appétit. The Tounes s’articule, bien sûr, principalement autour des chansons de RBO, qu’elles aient connu un succès commercial (I want to pogne, Ça rend rap, Re fe le me le, Arrête de boire, Bonjour la police, etc.), ou pas. Les Porn Flakes y seront encore, flanqués de Gaëtan Essiambre, et Pierre Séguin assure la mise en scène.

Mais il y aura aussi les projections et autres trouvailles visuelles (absolument spectaculaires, spécifie-t-on) de la firme montréalaise Lüz, des sketchs enregistrés d’avance qui assureront les transitions pendant que Guy, André, Bruno et Yves changeront de costumes.

«Nous-mêmes, on se retient à deux mains pour ne pas regarder l’écran», s’est extasié Guy A. Lepage, vantant le travail de Lüz. «On n’a pas le goût de faire le show devant le monde, on a envie de regarder l’écran!»

«On ne peut pas rivaliser avec les grosses tournées de U2, par exemple, qui ont d’importants effets pyrotechniques, mais on peut faire quelque chose de drôle, avec une technologie impressionnante», a renchéri Yves Pelletier.

«On a quand même un effet de pyrotechnie», a précisé André Ducharme, mi-figue, mi-raisin. «Il y aura du feu et ça va faire boum…»

Un spectateur chanceux (ou malchanceux, c’est selon), dont ce sera l’anniversaire le 10 ou le 11 juillet aura aussi le privilège d’entendre les troupes de RBO s’unir en chœur en son honneur, pour lui entonner «Joyeux anniversaire». Mitsou enfilera à nouveau les habits séducteurs de Mulo, en remplacement de Chantal Francke, qui ne souhaitait pas être de la fête, et il a été annoncé que Richard Z.Sirois viendra également faire son tour. Plusieurs surprises sont évidemment à prévoir.

Galerie photo «The Tounes» - En répétition avec RBO Voyez les images

L’actualité passera elle aussi au tordeur. «Pensez à ce qui alimente l’actualité et dites-vous qu’on s’en est inspirés», a signalé Bruno Landry. «Autant les événements que les personnalités…»

«Mais c’est fait avec gentillesse», a nuancé Yves Pelletier.

«Je pense que la Grèce va prendre ça bien dur, a ajouté Guy A. Ce serait mieux de ne pas écrire qu’on va rire d’eux. On rit aussi de l’État islamique. Il paraît qu’ils sont bien susceptibles…(rires)»

Médias sociaux

Drôle de coïncidence, au moment où les têtes d’affiche de Rock et Belles Oreilles échangeaient avec les journalistes, Jean-François Mercier en décousait avec ses détracteurs sur les médias sociaux, qui lui reprochaient une blague jugée sexiste.

Maintenant que les Facebook, Twitter et autres plateformes de discussions sont désormais accessibles d’un mouvement de doigt, que les lecteurs de tous les journaux et sites de nouvelles peuvent déverser leurs commentaires pas toujours civilisés à la fin des articles, les RBO bénissent-ils le ciel d’avoir principalement «sévi» à une époque où les ordinateurs étaient encore rares dans les maisons et de n’avoir jamais eu à se «justifier» dans un message Facebook pour une blague mal reçue?

Pas nécessairement. Ce sont simplement les moyens de communication qui se transforment, estiment-ils.

«À cause des médias sociaux, on a accès à ce que tout le monde pense, a observé Yves Pelletier. Dans les années 1980, quand on faisait nos émissions, les gens, dans leur salon, auraient eu les mêmes réactions. Les humoristes qui commencent, aujourd’hui, reçoivent ces commentaires comme première vague. Alors, ils ont l’impression que c’est partagé par tous.»

«Il y a eu des polémiques avec RBO dans les années 1980», a poursuivi celui qui se surnomme «Ancien Maigre» sur Twitter. «Les gens chialaient dans les lignes ouvertes, faisaient des plaintes dans les stations de télé, il y avait parfois des pressions sur le secteur commercial de TQS et TVA… Mais nous, on n’avait pas accès à ça. Aujourd’hui, on l’a dans la face. On ouvre l’ordinateur, et c’est là. Et ça crée un mouvement qui se répand dans les médias traditionnels.»

«Il y a une devise que je garde en tête chaque fois que je fais quelque chose, que ce soit seul ou avec RBO», a relevé André Ducharme. «C’est de ne jamais essayer de plaire aux gens qui ne m’aiment pas. Ceux qui t’aiment, t’aiment, et ceux qui ne t’aiment pas, aiment quelqu’un d’autre, et that’s it. Il ne faut pas essayer de changer pour ceux qui ne nous aiment pas. Ce serait une erreur de le faire.»

«Mais il faut quand même travailler son matériel de façon à ce qu’il soit le plus efficace possible», a souligné Bruno Landry. «Ce n’est pas parce qu’on est "chien" qu’on peut se permettre de dire n’importe quoi, n’importe quand, sur n’importe qui. Il faut que ça soit drôle. On joue souvent sur la ligne, entre aller trop loin et être un peu trop vulgaire, ou juste assez.»

«Et, chacun sa façon de réagir, mais personnellement, je sais qu’une fois que j’ai fait un gag, je n’ai pas à l’expliquer, et je l’assume totalement», a martelé André Ducharme.

Donc, non, les vieux routiers de RBO, qui soutiennent être aussi irrévérencieux que dans leur «jeune temps», ne craignent pas de susciter une polémique après leur passage au Centre Bell. Non pas qu’ils soient intouchables, mais leur style est suffisamment établi pour ne pas avoir à s’empêtrer de telles peccadilles.

«Tu nous vois très craintifs», a répondu Guy A., de son air délicieusement sarcastique.

«Notre statut, à nous, c’est d’avoir travaillé comme des malades pendant 15 ans à faire de la télé et plein d’autres affaires», a résumé Yves Pelletier. «Aujourd’hui, les gens nous reconnaissent pour ce qu’on a fait avant. Pour nous, The Tounes, c’est un défi créatif.»

«On fait un spectacle après 20 ans, ou presque, et on travaille encore comme des malades. C’est plus fort que nous!», a conclu Bruno Landry.

The Tounes, de RBO, vendredi et samedi, 10 et 11 juillet, au Centre Bell. Aucune captation DVD n’est prévue pour l’instant.

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