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10/06/2015 05:16 EDT | Actualisé 11/06/2015 01:56 EDT

FrancoFolies 2015: Pour une dernière fois Juliette Gréco

Jazz Fest Wien Team/Flickr
Juliette Greco | Melody Gardot01.07.2010Wiener StaatsoperJazz Fest Wien(c: Wolfgang Gonaus)

La chanteuse française Juliette Gréco, qui a entamé sa tournée d’«adieu» au 39e Printemps de Bourges, en avril, fera une escale à Montréal durant les FrancoFolies. Pour la grande dame de 88 ans, on a réservé la somptueuse Maison symphonique afin qu’elle puisse remercier avec élégance ses fidèles admirateurs. Un dernier tour de piste pour la jolie môme qui fait toujours les choses à sa manière.

« Ce n’est pas une tournée d’adieu, mais une tournée de remerciement, a affirmé Juliette Gréco lors d’une conférence de presse tenue à la salle Stevie Wonder de la maison des Festivals, à Montréal, mercredi. C’est une tournée qui dit merci à tous les gens pour lesquels j’ai pu chanter dans ma vie. Pour tous ceux qui sont venus me voir pour des raisons mystérieuses… Voilà. Ce n’est pas autre chose. »

Bien que Juliette Gréco à l’intention de quitter la scène au terme (elle finira on ne sait trop quand l’an prochain) de cette grande virée aux quatre coins du monde, celle-ci n’entend pas cesser de chanter. « Je vais surement enregistrer encore des disques, a-t-elle raconté. Parce que je ne vais pas rester à rien faire (sourire). Je vais continuer de chercher des auteurs, des compositeurs et des musiciens, comme j’ai fait toute ma vie. On ne peut pas mourir comme ça. On ne peut pas mourir avant de mourir. C’est stupide ! Ça fait 65 ans que je chante des gens que j’admire et que j’aime. Et je vais continuer. »

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Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Georges Brassens, Guy Béart, Boris Vian… Au regard de sa magnifique carrière, on se demande quel auteur ou compositeur européen n’a pas voulu créer pour Juliette Gréco. Chose certaine, une panoplie d’hommes talentueux ont déjà collaboré avec Juliette Gréco, qui semble leur avoir bien rendu. Au fait, pourquoi presque toujours des hommes chez les auteurs ?

« Les mots des hommes correspondaient mieux à mon idée des choses, a-t-elle expliqué. Mais, les femmes n’écrivaient pas [ou très peu, du moins pendant une bonne période de sa carrière]. Il y a eu Louise Labé, mais elle n’était pas commode... Je me sens plus à l’aise avec les mots de Brel. »

Plus loin elle a ajouté ceci : « Quand Brel m’a complimenté d’être un mec, je savais ce qu’il voulait dire : " Je peux compter sur elle, elle ne me trahira jamais. Elle peut être un ami ". Brel se méfiait un peu des femmes. Comme il en avait peur, il leur faisait parfois du mal. C’est le propre de pas mal de mecs ! C’est l’inquiétude… »

Contrairement au concert qu’elle a justement dédié à Brel dans le cadre de Montréal en lumière, elle inclura à son dernier spectacle les chansons d’hommes qu’elle a tant appréciés et qui lui ont écrit de petits bijoux comme Jolie môme, La Javanaise et La chanson des vieux amants.

Les chansons, par amour

Questionné par un journaliste quant à son choix des chansons qu’elle proposera à la Maison symphonique, Gréco à indiqué que la tâche s’avérait difficile compte tenu de l’importance de son répertoire et de l’amour qu’elle ressent pour chacune d’entre elles.

« On fait avec son cœur. C’est très compliqué, car je suis attachée. Je n’ai jamais interprété une chanson parce qu’elle était attachée au succès. J’ai chanté des pièces par affinité, par amour. Donc, c’est fort difficile de se séparer d’un amour. De choisir l’une et pas l’autre. C’est cruel. De même que partir est cruel […] En général, j’aime changer (la liste) un peu selon le lieu. Je chanterai de très vieilles chansons et d’autres plus petites [récentes]. »

Au fait, qu’est-ce qu’une bonne chanson ?, a demandé Monique Giroux, responsable d’animer cet entretien entre Juliette Gréco et la vingtaine de journalistes. « Une pièce de théâtre en deux, trois, quatre, cinq minutes. Ou alors, l’absurdité totale comme La fourmi, qui est une chose parfaitement surréaliste, heureuse, enfantin. D’une rapidité folle. »

Quelque part durant les échanges, Gréco enverra ces lignes qui résument plutôt bien l’ensemble de sa carrière : « Je fais ce que j’aime. Je défends ce que j’ai envie de défendre avec la plus profonde sincérité et la plus profonde conviction. J’aime la poésie. J’aime les écrivains. J’aime les musiciens. J’aime les gens. Avec une petite préférence pour ceux qui ont du talent ! » (rire)

Quelle vivacité d’esprit et quelle humanité cette Juliette Gréco.

***

Outre le concert à la Maison symphonique de Montréal, dimanche le 14 juin, Juliette Gréco offrira au Canada des spectacles à l’église de Tadoussac, le 12 juin, au Théâtre Granada de Sherbrooke, le 16 juin, puis au Théâtre Panasonic de Toronto, le 18 juin.

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