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13/05/2015 01:35 EDT | Actualisé 13/05/2015 02:19 EDT

Renvoyé pour obscénité à la caméra: Shawn Simoes pourrait poursuivre Hydro One (VIDÉO)

Renvoyer un employé pour des actes commis à l'extérieur des heures de travail devient « de plus en plus courant », mais « ça ne veut pas dire que c'est la bonne méthode pour autant », selon un professeur de l'École de gestion Rotman, de l'Université de Toronto.

Un texte de Christian Noël

« Il y a un changement d'attitude de la part des compagnies concernant la conduite des employées en dehors des heures de travail, dit le professeur Anil Verma. Dans le passé, la vie privée des employés n'avait pas d'impact sur leur vie professionnelle. Mais ça change en raison des médias sociaux. Des compagnies comme Hydro One veulent protéger leur réputation et prévenir rapidement les dommages potentiels qui peuvent s'ensuivre. »

Shawn Simoes, ingénieur chez Hydro One, pourrait perdre son emploi après une confrontation avec une journaliste de Toronto.

La journaliste de City-TV Shauna Hunt s'est fait interrompre par un passant qui a crié (en anglais) "F*** her right in the P***", une invitation à caractère sexuel dans des termes très vulgaires.

Shawn Simoes n'est pas celui qui a proféré l'insulte. Mais confronté par la journaliste, à la caméra, il a défendu la blague comme étant « hilarante, tout le monde le fait », et que sa mère « trouverait ça drôle elle aussi ». Il a aussi affirmé : « Tu es chanceuse de ne pas avoir un vibrateur dans l'oreille, comme ils font [aux reporters] en Angleterre ».

Peine excessive?

Son employeur ne semble pas l'avoir trouvé drôle et a décidé d'entreprendre des démarches pour le congédier.

Selon le professeur Anil Verma, le renvoi de l'employé est « exagéré ».

« Le congédiement, c'est l'équivalent de la peine de mort en milieu de travail. C'est une mesure extrême. Il faut que la pénalité soit à la mesure du crime. » — Anil Verma, professeur à l'École de gestion Rotman de l'Université de Toronto

Selon le professeur Anil Verma, Hydro One aurait dû utiliser l'approche de la « discipline progressive ».

« Avoir une discussion avec l'employé, lui donné l'occasion de s'excuser, d'exprimer des remords. Peut-être le mettre en probation pendant un certain temps, le forcer à suivre des cours de sensibilisation à la violence sexuelle, au respect en milieu de travail, ou le suspendre pour quelque temps. »

Sans cette approche progressive selon lui, Shawn Simoes « a un très bon cas pour poursuivre la compagnie » pour renvoi non justifié, ou pour un grief par le biais de son syndicat.

« C'est très probable qu'il puisse gagner une remise en services, avec dommages et intérêts, si un arbitre ou un juge décide que le renvoi était non justifié. » — Anil Verma

Mais encore, ça dépend également du dossier existant de l'employé en question.

« Si un employé a reçu plusieurs avertissements dans le passé pour mauvaise conduite en milieu de travail, ça change la perspective. »

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