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Bombardier et la redépossession des Québécois

25/04/2016 10:00 EDT | Actualisé 26/04/2017 05:12 EDT

On a appris il y a quelques jours que Bombardier avait rejeté la demande du gouvernement canadien de réformer la gouvernance de l'entreprise et sa structure d'actions à deux catégories, en échange d'un investissement fédéral dans la nouvelle gamme d'avions C Series.

La même réponse fut donnée à la même demande de reconsidérer la catégorie d'actions à droit de vote multiple, formulée récemment par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

L'abandon de la structure d'actions à deux catégories par la famille Beaudoin-Bombardier favoriserait en fait la prise de contrôle étrangère de l'entreprise. L'important lot d'actions à droit de vote multiple que détient la famille constitue en ce sens une mesure de protection permettant de garder un contrôle majoritaire sur son patrimoine industriel.

La formule des actions à droit de vote multiple profite également aux intérêts nationaux des Québécois, qui ont tout avantage à ce que certains des leurs président aux destinées du plus important fleuron industriel du Québec.

Bombardier étant parmi les plus grands fabricants mondial de trains et d'avions, c'est un champion du monde de la grande industrie de haute technologie. Il est d'ailleurs au fondement de l'industrie aéronautique québécoise, Montréal formant le troisième pôle mondial du secteur.

La propriété québécoise de Bombardier est en fait la meilleure garantie que le Québec reste au centre de sa stratégie d'affaires et que l'entreprise demeure en concordance avec les aspirations du Québec et sa politique industrielle nationale.

Pour quelle raison, donc, le gouvernement du Canada et, étonnamment, la Caisse de dépôt et placement du Québec insistent pour que la famille Beaudoin-Bombardier abandonne la formule des actions à droit de vote multiple formant rempart contre une prise de contrôle étrangère?

Pourquoi veut-on ainsi encourager la dépossession des Québécois de leur principal fleuron industriel, source de fierté collective?

La raison tient au fait que le Québec appartient au Canada.

Une appartenance, par contre, qui est à prendre dans son sens le plus complet, soit celui d'appartenir à autrui en vertu d'un droit acquis, ici par la Conquête anglaise de 1760.

L'appartenance du Québec au Canada

La pression exercée par le gouvernement fédéral et la Caisse de dépôt sur la famille Beaudoin-Bombardier témoigne en réalité de l'état de subordination du peuple québécois dans le Canada.

Suite à la Conquête, les nouveaux maîtres ont en effet mis en place un régime colonial de dépossession du peuple québécois, qui a été inauguré par le renvoi de l'élite française et canadienne (4 000 personnes sur une population de 70 000) et par le confinement du peuple québécois à l'agriculture et l'artisanat, les Anglais s'appropriant le pouvoir et la richesse. Un état de dépossession nationale qui s'est maintenu pendant 200 ans, les francophones au Québec dans les années 1960 étant, de tous les groupes linguistiques, parmi les plus pauvres. Tels des porteurs d'eau sur leur propre terre.

Étant donné que le Canada est encore aujourd'hui un régime colonial de subordination du Québec et que sa nature de le déposséder de ses richesses demeure, les acquis que la nation québécoise a pu faire dans le cadre de sa semi-liberté accordée par la Révolution tranquille font nécessairement l'objet d'une convoitise de la part de ceux à qui le Québec appartient.

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