Yves-François Blanchet

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Pourquoi je publie des textes sur le HPQ

Publication: 8/02/2012 04:30

Le Québec profite d'un appareil d'information dynamique et de journalistes portés par les idéaux de la profession, même si les médias ne sont neutres nulle part. Ils sont orientés par la culture des salles de presse et les impératifs du commerce. Plus de lecteurs ou d'auditeurs promettent une publicité vendue plus chère et des profits plus élevés. C'est compréhensible, même si l'on préférerait que ce soit admis. L'espace y est d'abord réservé aux vedettes maison. Valable aussi, mais des gens oeuvrant dans les champs d'action les plus divers ont le désir de s'adresser au public. Il est approprié alors qu'on saisisse l'occasion qu'offre le Huffington Post de nous adresser à des dizaines de milliers de gens.

Sans rémunération. Des anciens billettistes du Huffington Post américain ont intenté une poursuite afin d'être payés pour des textes qu'ils ont accepté de publier gratuitement. Les revenus de la plateforme Internet sont très élevés et son achalandage dépasse celui du New York Times. Ils ont ainsi permis à des groupes de pression ou des concurrents de donner mauvaise presse au projet. Plusieurs collaborateurs sollicités ont reculé, par sincère conviction, par intérêt ou par couardise.

On m'a expliqué que je suis bénévole, libre et responsable de mes propos, que je cesse de publier quand je veux, et que les droits sur mes textes m'appartiennent. Je connais les termes et je les accepte, circonspect. Lorsque des propos, des lettres ou des gestes sont relayés par les médias, personne évidemment n'est payé. Cela participe pourtant au contenu qu'ils commercialisent. Facebook et Twitter sont des médias gigantesques qui multiplient la diffusion de contenus de toutes natures. Ce sont des entreprises générant de bénéfices importants, et aucun des dizaines de millions d'usagers qui y déposent du contenu ne sera rétribué.

Malaise plus prononcé sur les questions éditoriale et linguistique. Le HPQ est le rejeton québécois du rejeton canadien d'un parent américain. On y amalgamerait, dit-on, des contenus très « people » avec une tendance à la controverse et au scandale, et le statut du français demeure à y être établi par l'usage. Plusieurs de ces incertitudes s'observent chez certains des concurrents du HPQ, mais aucun ne m'offre l'espace et la liberté d'y véhiculer le message que je veux porter. Si Quebecor, Gesca, Cogeco ou The Gazette m'offrent d'y publier ou lire gratuitement un billet, je serai bien sûr intéressé.

Je ne suis pas journaliste, chroniqueur ou éditorialiste. Je tenterai néanmoins d'avoir la même rigueur que ceux qui le sont, et davantage que plusieurs. Je suis politicien. Ne nous inquiétons pas : les lecteurs seront méfiants et critiques...! J'ai cependant tout à gagner à l'intégrité intellectuelle. Et la ligne de parti? Jamais le cabinet de madame Marois n'est intervenu pour interdire ou commander une prise de position, quoiqu'en aient dit des ex-collègues en mal de prétextes et quelques scribes. Ce sont toutefois de précieux collaborateurs que je consulterai librement, de même que mes collègues du caucus ou des experts de la société civile.

Mes billets n'auront pas l'irresponsabilité d'aller à l'encontre frontale du Parti québécois. Il serait curieux que j'y demeure si je suis malheureux avec le programme, anxieux de remplacer mon chef, ou si je n'ai pas le sens d'une cohérence que les citoyens attendent d'un possible gouvernement. Par contre, j'exprime les choses dans mes termes, et j'expose des nuances. Sans verser dans le grand vide caquiste, tout ne peut pas être inclus dans un programme politique. Il demeure de vastes sujets vierges à explorer pour susciter le débat que les lâches appellent chicane.

Pour toutes ces raisons, j'ai accepté de publier des billets dans le HPQ, et pire! j'en remercie l'équipe de m'en offrir l'occasion.

 

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