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Presque tout ce que les souverainistes ne doivent pas à René Lévesque, ils le doivent à Jacques Parizeau

02/06/2015 01:20 EDT | Actualisé 02/06/2016 05:12 EDT

Sans rien en faire de plus que des humains, sans nier les nuances de l'Histoire ou la reconnaissance due à d'autres grands hommes et femmes, je ne crois pas exagérer en disant que presque tout ce que les souverainistes ne doivent pas à René Lévesque, ils le doivent à Jacques Parizeau.

Cet avant-midi, un grand malaise m'habitait au point de me fermer aux rappels anecdotiques des grands et moins grands moments de la vie publique de Jacques Parizeau. Ils sont et seront décortiqués par tous les experts en tout, salués par des gens qui n'en pensent pas un mot... et récupérés par d'autres. Peut-être n'était-ce que le sentiment sournois de la culpabilité, un peu comme lors du décès de René Lévesque en 1987. Et si on n'en avait pas fait assez, assez bien, assez vite...? Et si j'avais eu tort de n'être pas toujours d'accord avec cet homme sans qui je n'aurais connu ni l'engagement ni la carrière qui furent, ou sont les miens?

C'est lorsque je travaillais pour le Parti québécois que j'ai produit mes premiers spectacles. 20 ans plus tard, je faisais réaliser une œuvre murale à partir d'une lettre d'appui manuscrite de la main même de Jacques Parizeau qui soutenait ma candidature dans Drummond et soulignait mon engagement en culture.

Pourtant, je ne me suis jamais revendiqué de Jacques Parizeau. J'ai été attristé par sa déclaration d'octobre 1995. J'ai été déçu de ses critiques souvent dures à l'endroit de ses successeurs. J'ai souffert de ses doutes sur la sincérité de ceux qui envisageaient vers le pays une stratégie différente de la sienne. Je crois cependant que le Québec économique est en grande partie l'œuvre de Jacques Parizeau. J'ai dévoré la biographie fascinante qu'en a rédigée Pierre Duchesne. Comme d'autres militants de ma génération, les André Boisclair, Joseph Facal, Harold Lebel, Martine Ouellet, Éric Bédard ou Réal Ménard, j'ai littéralement bu ses discours d'une ahurissante pédagogie. Jacques Parizeau s'est approprié en 1987 un parti moribond et sans âme et l'a doté d'une confiance en ses moyens et ceux de tous les Québécois qui les a menés au seuil de la destinée normale d'un peuple.

Si René Lévesque et Jacques Parizeau avaient été incarnés en un seul humain, le Québec serait aujourd'hui un pays. De cœur et d'esprit, d'intuition et de raison.

Je ne souhaite cependant qu'une chose aujourd'hui et c'est le message que je porterai à mon humble mesure : que ceux qui l'ont respecté, admiré et aimé saluent de lui le don d'une vie entière pour le bien de la nation qu'il a chérie à sa façon. Peut-être également que ceux qui partagent son désir du meilleur pour le Québec s'y consacrent, chacun à sa façon aussi...

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