Le gouvernement libéral va financer à hauteur de près de 300 000 000$ la construction d'un tronçon de 243 kilomètres de route allant permettre à la minière Stornoway Diamond Corporation d'extraire à son profit plus de 5 milliards de dollars de diamants du sous-sol québécois. En vertu des lois proposées par le gouvernement, il pourrait n'en retirer aucune royauté.
La somme, reconnue en général, qui devrait être investie dans le réseau des universités québécoises oscille entre 300 000 000$ et 500 000 000$ afin de rétablir ses bases financières de façon solide et durable.
Selon les chiffres invoqués par l'économiste Pierre Fortin sur son blogue (L'Actualité), un diplômé universitaire gagnera environ 750 000$ de plus au cours de sa vie professionnelle que le diplômé du secondaire, avec un salaire moyen d'environ 52 700$ au lieu de 38 900$. On peut croire qu'au moins le tiers de ce revenu supplémentaire sera versé au gouvernement sous la forme de taxes et d'impôts.
Le coût moyen d'un diplôme au Québec est de 30 000$ (CRÉPUQ, 2010) pour la partie dispensée en formation par les universités. Un diplômé universitaire pourrait donc payer à l'État, en moyenne, plus de huit fois la totalité du coût de sa formation. Il aura pourtant payé (ou ses parents auront pourtant payé) une part significative de cette formation en droits de scolarité en plus des dépenses de subsistance. Si le gouvernement devait assumer la totalité, effectuer la totalité de l'investissement, parce que c'est bien d'un investissement dont il s'agit, il obtiendrait à terme un rendement de 800%. 250 000$ par diplômé. Chaque année, environ 50 000 étudiants quittent l'université avec un diplôme de premier cycle en main. Je vous laisse le plaisir troublant du calcul...
Pourquoi la logique économique ne devrait-elle fonctionner que de la poche de l'étudiant vers celle de l'État? Pourquoi ne reconnaît-on parmi les bénéficiaires d'un taux de diplomation élevé que les étudiants? Pourquoi ne souligne-t-on pas que le gouvernement, l'État, la collectivité sont les principaux bénéficiaires de la diplomation universitaire au Québec? Pourquoi s'obstine-t-on à faire payer par une classe moyenne déjà surchargée souvent la totalité des droits de scolarité de ses enfants, réduisant ainsi le nombre de diplômés, réduisant ainsi les revenus futurs de l'État?
Pourquoi permet-on, alors que la demande de main-d'œuvre qualifiée et de diplômés est en hausse, que des intérêts privés puissent souvent troquer leur financement aux universités contre des recherches commandées dont ils bénéficieront à leur seul profit d'une application immédiate, et subventionnée par les droits de scolarité des enfants et des parents, plutôt que de leur imposer la responsabilité de contribuer à l'enseignement?
Pourquoi les générations qui auront bénéficié de droits de scolarité assez bas pour permettre aux Français du Québec de s'approprier leur économie, leur État et leur futur diraient-elles aux générations suivantes que, elles, elles ne bénéficieront pas de cet avantage majeur? Pire : en plus, elles vont assumer le déficit laissé par leurs aînés aux gouvernements comme aux universités, et elles vont tout de même devoir payer les soins de santé et les pensions de ces mêmes aînés? Le Québec n'appartient pas davantage à ma génération ou celle de mes parents qu'il n'appartient à mes enfants et aux leurs. Un peu de justice et d'équité sont de mise alors que présentement, on abreuve l'opinion publique de mensonges.
La politique du gouvernement du Québec en matière de droits de scolarité va à l'encontre des tendances lourdes à l'échelle internationale. Chacun reconnaît que l'accessibilité est, dans le contexte démographique et économique actuel, un enjeu crucial. Chacun, sauf le Québec des Libéraux, sur lesquels se moule la CAQ. Ils auraient comme volonté de ramener la nation québécoise et française à son niveau des années 60 qu'ils ne s'y prendraient pas autrement en matière d'accessibilité à l'éducation, comme d'ailleurs d'immigration, d'anglicisation et de cession de nos ressources naturelles en contrepartie de peccadilles honteuses.
Pendant ce temps, joignant l'insulte à l'injure, le gouvernement du Parti libéral va payer un bout de route à une de ces entreprises minières qui seraient bien bêtes de ne pas profiter de cette prodigalité incompréhensible. Ce bout de route coûtera aux Québécois l'essentiel de ce dont l'ensemble du réseau universitaire québécois dit avoir besoin pour rétablir sa compétitivité et maintenir la qualité élevée de la formation des jeunes du Québec.
Si pour le Parti libéral du Québec, la formation universitaire de centaines de milliers de jeunes Québécois ne vaut pas un bout de route, il est plus que temps d'en disposer. Si en lieu et place, la Coalition Avenir Québec entend appliquer la même politique, pour les mêmes raisons et au bénéfice de la même clientèle, il faut bien réfléchir avant de lui offrir des votes, aussi peu que ce soit. Toutefois, avant d'inviter les Québécois à élire un gouvernement national fort et issu du Parti québécois, je les invite à prendre connaissance de notre programme et de nos engagements. Je l'ai dit et je le répéterai : si le débat se rend aux idées, nous ne pouvons pas perdre.
Ce n'est pas une province qui en sortira gagnante, parce que comme province, elle cède d'emblée l'essentiel de son succès à un autre état. Il faut que ce soit comme pays que nous partagions l'avenir.
Suivre Yves-François Blanchet sur Twitter: www.twitter.com/yfblanchet
quand ce n'est pas votre argent vous dépensez comme des ptits fous
pépé qui en a marre de payer pour des bébés lala
http://stornowaydiamonds.com/renard/route167/
"On August 1, 2011 Stornoway announced the signing of two financing agreements with the Government of Quebec by which Stornoway will contribute to the construction and maintenance costs of the new road. Stornoway will contribute $44 million to its development, to be paid annually over a ten year period, starting in July 2015. Stornoway’s contribution will be financed by Québec at 6.3% and will be conditional upon, amongst other things, the completion of the road on schedule, the receipt of all regulatory approvals for the construction of the Renard Diamond Project and the successful completion of Renard Diamond Project financing. In addition, Stornoway has agreed to contribute a maximum of $5,000 per kilometer, or $1.215 million per year, to the maintenance of the road during Renard operation. Other partners may also be called upon to contribute to the financing and maintenance of this infrastructure."
Cela me semble en effet très "juste", en effet.
Pas fort votre exemple "une route vs frais de scolarité". Discours clientéliste, opportuniste politique!
Lâcher les aînés qui auraient endetter le Québec. Nos parents avaient cette fierté de nous envoyer à l'école malgré leur bas salaire; nous nous faisions un devoir de performer à l'école. Aujourd'hui, le Québec est dans une meilleure situation que celle de nos pères et mères. Nous avons investi dans notre formation professionnelle et nous travaillons encore. Quand je serai à la retraite, je continuerai à payer des impôts (+- 38%) et arrêtons de dire que les retraités coûtent cher.
Je suis toujours surpris de voir des commentaires prenant position contre des articles comme celui-ci. C'est incroyable de voir le nombre de québécois inconscients du recul que nous prenons actuellement face aux aquis sociaux gagnés depuis la révolution tranquille. Ces mêmes acquis sociaux qui ont permis au Québec d'être pris en exemple à l'international sur plusieurs fronts.
L'Alberta à la rescousse
Peut-être que si le gouvernement est prêt à payer pour un bout de route plutôt que pour l'éducation supérieur c'est qu'il considère que la minière qui s'installera dans le nord payera plus de taxe que tous les bacheliers dont on ne pourra se passer et qui quitteront les universités dû à la hausse. Je suis désolé mais, un salaire de barista, ça ne paye pas tant d'impôt, que celui-ci aie un bac ou non, surtout si on compare à un salaire de mineur. Il faut être honnête et arrêter de prétendre qu'on ne peut se permettre d'avoir moins de diplômés universitaires. Il y a beaucoup de domaines où on en a trop et ça, c'est sans même compter les étudiants qui ne finiront jamais leur études. Par contre, on manque de soudeur, de mécanicien et de technicien dans toute sorte de domaines. Et ce ne sont pas des sous-métiers! Quand on tient un discours qui ne tient aucunement compte de la réalité des marchés et qui prétend que c'est primordial que le plus de gens possible accède à l'université, on contribue à l'idée populaire que ces voies non-universitaires sont moins respectables et on poussent des jeunes dans des voies qui ne leur conviennent pas et les prives de salaires très décents.
Ils vont financer cette route parce les compagnies à FAVA sont là pour récolter le pactole!!!
C'est tout simple. Ce gouvernement vend notre patrimoine au plus offrants en échange de bon poste dans le privé. Cela fait des années que cela dure et c'est assez!
Ta réponse parle de "notre patrimoine"... Qu'est-ce qui fait que les ressources dans le nord nous appartiennent? Est-ce parce que quelqu'un il y a plus de 500 ans est arrivé ici, a planté une croix et a dit "tout ça appartient à mon roi"? Tout en se sacrant des gens qui vivaient déjà ici?
J'adhère à la théorie que la propriété initiale d'une terre ou d'une ressource vient du fait d'être le premier à avoir mêlé son travail à cette ressource. Ce qui veut dire que si tu veux que la société québécoise profite des ressources du grand nord (mais pas toute l'humanité, oh non!) dépêche toi de t,y rendre, de mêlé ton travail à ses ressources, fait de l'argent avec et redonne cet argent à toutes la population d'une région géographique donnée qui n'a rien fait pour créer cette richesse. Évidement le gouvernement ne te laissera pas faire mais, ça revient à mon point de qu'est-ce qui leur donne un pouvoir décisionnel sur ces ressources?
Pourquoi ne comprenez-vous pas que ça fait des années que le Québec est loin derrière en terme de frais de scolarité.
Pourquoi ne comprenez-vous pas que de ces 50 000 nouveaux bacheliers, un pourcentage non-négligeable n'aura pas une carrière dont il jouira des bénifices de son BACC (en se recyclant dans un autre domaine aucunement en lien avec ses études universitaires).
-Loin derrière ? Disons plutôt que les frais sont plus bas, et la fréquentation plus haute. Pas de quoi avoir honte, mais plutôt de quoi être fier. Et d'ailleurs, il est toujours possible de se comparer à plusieurs pays où il y a la gratuité scolaire.
-Le savoir ne se calcule pas en «carrière»; ce n'est pas une marchandise. On ne peux pas calculer les bénéfices d'une éducation en observant l'adéquation entre le diplôme d'un étudiant et son travail. Si on ne fait que répondre à la demande on s'engage dans une pente glissante: l'université est justement un lieu de réflexion, un endroit pour interroger, avoir un retour critique.
Pourquoi ne comprenez-vous pas que la hausse est une mesure qui agrandit le faussé entre les riches et les pauvres ? Qu'elle pénalise la classe moyenne ?
Ça ne vous tente pas d'être sérieux ? Le nombre d'étudiants qui perdront leurs accès à l'université à cause de l'augmentation des frais de scolarité est égal à Zéro!!. Par contre, le nombre de ceux-ci qui obtiendront un emploi à cause du Plan nord, est de plusieurs milliers.
On a beau faire une campagne de salissage quand on a plus de solutions à proposer à la population que le démembrement d'un pays pour payer sa note d'épicerie, mais il faudrait quand même aller jusqu'à déformer les faits pour favoriser une partisanerie de bas étage.
Il existe d'autres solutions que la hausse des frais. Par exemple, on pourrait majorer un peu le FSSEP, une redevance déjà obligatoire par les entreprises.
http://www.youtube.com/watch?v=SOJIieE5v7s&feature=share