Youri Chassin

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Éducation et savoir ne sont pas synonymes

Publication: 30/11/2012 10:43

Alors que débute la première rencontre thématique précédent le Sommet sur l'enseignement supérieur, je suggère aux participants de convenir de quelques définitions. C'est parfois si simple de ne pas s'entendre et de se déchirer parce qu'on interprète différemment un concept, même usuel. Prenez l'éducation par exemple. Qu'est-ce que ça signifie pour vous, l'éducation?

Tout d'abord, pour dissiper une confusion trop répandue, l'éducation n'est pas synonyme de savoir, ni de connaissance, à mon humble avis. Le savoir ou la connaissance est largement disponible en ligne ou dans les livres d'une bibliothèque. Qui veut accéder à un savoir particulier peut le faire assez simplement et gratuitement, en général.

Même les savoirs qui sont transmis à l'université ne sont pas hors de portée. Après tout, le réputé Massachusetts Institute of Technology propose du matériel de cours en ligne, et ce sans frais. Prenez le temps nécessaire et vous pourrez tout savoir de la propulsion des fusées! Au Québec, les HEC vont aussi dans cette direction, mais avec deux cours pour l'instant.
Bien entendu, tous ne sont pas autodidactes. La plupart des étudiants universitaires choisissent plutôt de suivre des cours. Et même les autodidactes vont parfois à l'université. Recevoir une éducation universitaire, c'est recevoir quoi exactement?

Je vous propose donc ma définition : l'éducation, notamment à l'université, est un processus d'apprentissage encadré, évalué et reconnu.

L'encadrement

L'encadrement suppose qu'on n'est pas laissé à soi-même. L'éducation est donc un processus où l'on suit un cheminement proposé par quelqu'un d'autre. On suit un cours ou un programme qui ordonne les apprentissages dans le temps. On peut demander des explications supplémentaires, poser des questions, valider sa compréhension de la matière. L'encadrement prend aussi la forme d'un horaire de cours, par exemple. Même un manuel scolaire propose un encadrement avec son découpage en leçons, ces exercices, ces illustrations et ses exemples qui facilitent (ou pas) l'apprentissage. En fait, même les cours en ligne du MIT proposent un certain encadrement en ce sens qu'ils ont été conçus en séquence.

L'évaluation

L'autre aspect de l'éducation, c'est l'évaluation. En d'autres mots, on obtient une note qui valide l'apprentissage ou signale les lacunes. Et le degré de difficulté des évaluations joue pour beaucoup dans la qualité de l'éducation reçue. Si l'on obtient aisément la note de passage, c'est que l'institution d'enseignement s'attend à peu d'apprentissages. Au contraire, un examen rigoureux exige un certain travail personnel, une réflexion sur la matière enseignée, un regard critique aussi, parfois. Ce regard critique est d'autant plus important que ce qui est enseigné fait l'objet d'une sélection préalable par le professeur.
Que l'évaluation soit médiocre ou de bonne qualité, il y a généralement une note au bout du processus d'apprentissage. Un enseignant ou un professeur atteste qu'on a saisi l'essentiel d'un cours ou d'une leçon, que l'apprentissage a avancé.

La possibilité d'être évalué est d'ailleurs ce qui sépare les étudiants libres des étudiants réguliers. Les premiers ne sont là que par intérêt pour la matière enseignée. Les seconds sont là pour une éducation en bonne et due forme.

La reconnaissance

Si la note est obtenue dans un cours, le diplôme en est l'équivalent pour le programme entier. Encore là, quelqu'un évalue qu'on répond à certaines exigences. Et une institution nous délivre une reconnaissance de notre apprentissage. Un diplôme universitaire, par exemple, sera notamment reconnu par les employeurs qui embauchent, parce que ces employeurs reconnaissent la valeur de l'université fréquentée. En obtenant un diplôme en ligne de l'Université Cracker Jack, ou d'une autre institution plus ou moins fictive, le tout pour 199 $, les chances de voir son apprentissage reconnu apparaissent bien minces.

L'éducation est donc un service d'encadrement, d'évaluation et de reconnaissance. Contrairement à l'apprentissage d'un autodidacte, au développement d'une idée ou à la réflexion sur soi et sur la société, où on n'engage que son temps et son énergie, on choisit l'éducation parce qu'elle offre quelque chose de plus à l'étudiant que le seul accès au savoir. Cet avantage présente un coût; il a donc aussi un prix.

La finalité de l'éducation ne se résume pas à l'apprentissage d'un savoir. L'éducation présente aussi une finalité pragmatique, celle d'obtenir une reconnaissance auprès de futurs employeurs ou d'autres universités lorsqu'on souhaite poursuivre ses études. Si ce n'était pas le cas, les étudiants libres seraient bien plus nombreux que les étudiants réguliers dans les salles de cours universitaire. Certains y verront une « marchandisation de l'éducation », une expression dont le flou minutieusement entretenu me rend méfiant. Pourtant, le choix de centaines de milliers d'étudiants démontre constamment que c'est dans le diplôme et sa reconnaissance que se situe la finalité de l'éducation.

 

Suivre Youri Chassin sur Twitter: www.twitter.com/@iedm_montreal

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Alors que débute la première rencontre thématique précédent le Sommet sur l'enseignement supérieur, je suggère aux participants de convenir de quelques définitions. C'est parfois si simple de...
 
 
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Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
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13:05 sur 02/12/2012
Plus besoin de dictionnaires depuis que les économistes nous définissent les mots et distillent le savoir humain.
J'ai quelques expressions qui m'embêtent je me demande si un économiste pourrait m'éclairer Au hasard qu'est-ce qu'une guerre préventive ? de la discrimination positive ? déficit zéro ? le pouvoir de la rue ?
09:01 sur 01/12/2012
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Comme un personnage de Flaubert, vous proposé une définition utilitariste de l’éducation avec sa finalité le travail avec sa reconnaissance ultime le marché du travail. Un étudiant qui a fait sa médecine en France ne sera pas reconnu sans avoir passé des examens au Québec pour la pratiquer! L’enjeu n’est pas seulement l’apprentissage, mais les structures qui se greffent, qui fait votre définition, devraient s’ajouter dans le dictionnaire de la bêtise de Flaubert. Cette corporation qui filtre les étudiants a aussi des critères scientifiques, nous retrouvons ici les relations entre le pouvoir et le savoir. Nous retrouvons l’étroitesse d’esprit typique de votre groupe d’intérêt que vous avec la prétention de nommer institut avec votre définitions

Jadis l’université proposait un programme qu’on nommait les humanités qui remonte à l’époque des lumières qui était aussi un programme politique avec son ambition de former des citoyens libres,
09:00 sur 01/12/2012
Allons un peu plus loin dans les nuances avec un simple geste pédagogique et faire la distinction entre l’information, l’opinion et les savoirs, et d’autre part celui d’un jugement de valeur et d’un jugement de fait, la valeur de vérité d’un discours scientifique et non scientifique afin d’enrichir le débat sur l’éducation et l’avenir de l’université dans le Québec de demain avec les changements technologiques. Ce qu’on pourrait attendre de quelqu’un qui a quelque chose à dire pas simplement faire une invention politique sous le couvert de définition de l’éducation.

Est-ce qu’un étudiant toutes disciplines confondues devrait être capable de faire les distinctions mentionnées ci-haut pour se faire une tête ? Je l’espère un jour

Ce qu’on observe c’est tout le contraire. Une pauvreté grandissante de notion scientifique en éducation quand ces mêmes savoirs structures nos vies et notre avenir et dramatiquement absent des débats démocratiques.
20:33 sur 30/11/2012
Après une telle explication sur une vue tellement individualiste, je vous pose une question. Et à l'échelle d'une société, cela donne quoi une jeunesse éduquée, forte des connaissances acquises grace à une transmission par un encadrement bien formé et reconnu à sa juste valeur, une jeunesse apte à maîtriser les dernières technologie ou prête à innover, créer, inventer. Quelle garantie sur l'avenir pourrait-elle amener. Par le petit bout de la lorgnette de l'individualisme on oublie souvent l'intérêt sur la collectivité
17:47 sur 30/11/2012
Et non, éducation, savoir et connaissance ne sont pas synonymes. Mais un petit tour par un dictionnaire de la langue française vous aurait évité ce texte laborieux dont le seul but est de justifier votre idéologie politique.

L’ÉDUCATION c’est l’acquisition de l’ensemble des CONNAISSANCES (ou SAVOIR) dans un domaine particulier.

C’est tout. C’est le lien entre l’éducation, la connaissance et le savoir. Pas besoin de tenter de redéfinir les termes à moins de vouloir faire concurrence au Petit Larousse ou au dictionnaire Robert.
L’éducation peut avoir lieu dans différents contextes AVEC ou SANS coûts pour la société, cela n’entre EN AUCUN CAS dans le cadre de sa définition. Acquérir des connaissances via internet, ne vous en déplaise, c’est aussi de l’éducation. Croyez-vous que l’acquisition de ces connaissances et leur mise à disposition du public n’aient rien coûté au MIT ?
Ce n’est pas parce que vous ne payez pas que cela ne coûte rien. Je suis assez étonné d’avoir à faire cette mise au point à un économiste.
Quant à vos parents, vous ont-ils facturé quelque chose pour l’éducation qu’ils vous ont donnée ?
Lorsque coûts il y a, la question essentielle pour une société reste à savoir qui défraiera ces coûts et comment. Mais là-dessus je crois que vous avez votre petite idée.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Alain Chicoine
Le dogme est l'expression de la bêtise.
19:16 sur 30/11/2012
Je n'avais même pas lu l'article que j'en ai deviné le contenu. C'était prévisible.
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ioj
08:20 sur 01/12/2012
Éducation est un nom féminin. Pour le qualifier on peut ajouter des adjectifs ou des compléments du nom. Éducation excellente, éducation de qualité, éducation à rabais ou éducation médiocre, à chacun de choisir.
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Francois Rochon
Il n'y a pas de honte à préférer le bonheur
14:50 sur 30/11/2012
Mon bon Monsieur Chassin... quelqu'un a de toute évidence "marchandisé" ce que vous avez fumé...c'en était du bon !
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Blogueur du Huffington Post
Youri Chassin
12:54 sur 30/11/2012
Ariane Krol, dans La Presse, apporte un éclairage similaire sur les savoirs facilement accessibles. Et de ce fait, gratuits ou presque. Je le mentionne ici parce que je n'avais pas lu son éditorial encore lorsque j'ai soumis mon texte au Huffington Post. http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/ariane-krol/201211/28/01-4598718-la-neo-gratuite-universitaire.php