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À qui la rue?

16/03/2015 10:56 EDT | Actualisé 17/05/2015 05:12 EDT

Malgré le relent hivernal du weekend, il ne faut guère douter que le printemps sera chaud, électrique, intense et passionné. Selon les derniers chiffres, déjà plus de 36 000 étudiants québécois se sont donné un mandat de grève et près de 125 000 autres prévoient tenir un vote sur la question dans les prochaines semaines. C'est monstre! Mais, au-delà, de la simple lutte étudiante, le printemps 2015 sera également l'occasion pour les travailleurs de tous les secteurs de la société de manifester contre les mesures du gouvernement Couillard, avec en première ligne la sacro-sainte austérité.

Le mouvement du printemps 2015 sera sans aucun doute national et social. Cette fois, les étudiants et les syndicats souhaitent un effet d'entraînement qui amènerait les salariés dans la rue pour combattre les projets suicidaires du gouvernement libéral ; on pense, entre autres, aux hydrocarbures et polluants, aux droits et conditions des travailleurs, aux droits des femmes, aux projets de loi visant à déconstruire le système de santé, à l'augmentation des frais d'hydro-électricité et bien d'autres. Alors que notre gouvernement, d'une part, s'attaque de front aux plus vulnérables de notre société et, d'autre part, continue à graisser la patte de ses amis et partenaires, la classe étudiante, ainsi que la classe moyenne font les frais des choix douteux effectués par nos représentants politiques.

Dans ce climat de tensions où le Parti libéral (majoritaire) ne fait qu'à sa tête, et ce malgré des signes évidents de désaccords au sein de la population québécoise, il n'est pas étonnant que la contestation s'organise entre les différentes parties prenantes de la société. Les compressions dans le système de santé, ainsi que dans le domaine de l'éducation, les nombreuses pertes d'emplois, l'augmentation du chômage (surtout chez les jeunes), la faible performance économique du gouvernement, les sombres perspectives d'emplois pour les diplômés postsecondaires, le laisser-faire au niveau régional, la mise à mort de plusieurs outils de développement comme les CLD, les CRÉ et les CJE, la lente destruction de l'État-providence et des acquis de la Révolution tranquille, le non-respect des Québécois et des Québécoises... Bref, toutes ces mesures d'appauvrissement du Québec auront, somme toute, échaudé la population ; elles l'auront préparé pour la grande danse printanière.

En plus de tout ce chambardement désastreux, il faut aussi mentionner que les conventions collectives de dizaines de milliers d'employés de l'État viendront à échéance le 31 mars à minuit. Pour l'instant, l'offre gouvernementale est ridicule, prenant les travailleurs et leurs représentants pour des imbéciles. Il ne serait donc pas surprenant que l'attitude des libéraux dans ce dossier envenime la situation, poussant de nombreux syndicats à entrevoir des moyens de pression de plus en plus drastiques.

Cela se résumera-t-il par une grève sociale et générale, regroupant l'ensemble des acteurs de la société civile, les étudiants, les groupes communautaires, sociaux et féministes? En ce moment, il est difficile de prévoir avec certitude un tel mouvement sans précédent. Toutefois, un fait demeure, si le gouvernement persiste à faire la sourde oreille, ainsi qu'à opter pour des décisions défavorables à l'épanouissement individuel et collectif, il ne serait pas inusité que les flammes, actuellement dispersées, se transforment en brasier.

En d'autres termes, si le gouvernement s'entête, d'un côté, à accorder des subventions à des entreprises qui refusent de réinvestir leurs profits dans l'économie québécoise et, de l'autre, à demander toujours plus de concessions à la population québécoise, il aura, à toutes fins pratiques, couru après le désordre printanier qui s'annonce. Effectivement, devant de telles décisions controversées qui font reculer le Québec, il est de notre devoir à tous de contester ce gouvernement, de lui exprimer notre opposition en prenant la rue à nouveau...

Même si ce gouvernement est majoritaire, nous devons être là pour lui rappeler que c'est le peuple qui, en bout de ligne, représente la démocratie, que c'est la population qui décide des politiques et des politiciens.

Le printemps est à nos portes... préparer vos souliers de marche, votre linge mou et votre gosier, car, j'en suis persuadé, ça sera l'occasion, à nouveau, de crier : «À qui la rue ?»

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