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Ce qui est bien pour autrui : mon vote

01/12/2013 09:44 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

J'ai vu des professeurs de Cégep manifester ce matin. Je ne connaissais pas la raison derrière leur activité de piquetage, et bien que légèrement curieux, je n'en demandais pas plus. D'ailleurs, je remarquais qu'aucun jeune n'avait daigné les joindre, question d'équilibrer la balance pour leur support lors de la crise étudiante. C'est alors qu'une vague de compréhension me submergeait; me frappait de pair avec la triste réalité d'une discussion que j'avais eue avec un homme plus âgé sur les implications du vote démocratique. C'était là l'exemple même de l'égoïsme de notre génération, malgré les prétentions de la protection des intérêts collectifs. Le bien commun défini par certains archétypes se dévoile dans un coup de vent : utiliser le système pour bénéficier du repas gratuit.

Soyons honnêtes, la démocratie que nous acceptons aveuglément est en elle-même le symbole parfait de la justice et de la moralité, nécessairement ! Écartons, camarades, le problème de ses failles inhérentes. Oubliez, disciples, cette idée qu'un vote appuyé par 51% de la population pour la mort du 49% restant soit inacceptable, mais ô combien démocratique ! La poursuite sur cette ligne de pensée mène à la dérive, je n'en dirai pas plus. Par contre, une évidence fait surface : le vote est désormais un acte de défense. Peut-être l'a-t-il toujours été? Il ne sert plus à construire, mais à permettre aux gens de se faire représenter par des gens qui, théoriquement, devraient se battre pour tirer le plus de bénéfices pour leurs électeurs. Ce qui aurait pu être collectif est devenu individualiste.

L'hypocrisie règne et l'Étatisme en est tributaire. Les personnes âgées d'aujourd'hui se sont payé aux frais de l'État des services qu'elles n'avaient pas les moyens de se procurer, pas par idéal collectiviste, mais par souci d'améliorer leur sort individuel. La génération constituant la classe de travailleurs actuels a refusé de payer la facture; elle s'en est tenu à espérer que l'inflation rattrape la dette, tout en continuant ses dépenses astronomiques. Ces décisions ne se sont pas prises en vue de donner un sens à la social-démocratie, mais bien pour une conservation privée du fruit de leur travail. Après tout, pourquoi serait-ce à eux de payer pour leurs parents? Certains ont galéré, mais peu d'entre eux - il faut noter ici l'hyperbole tout de même - ont réellement appris.

Dorénavant, les jeunes font la grève pour payer moins, cherchent eux aussi à appliquer le modèle québécois qu'on leur a tant vanté. Avec l'appui de syndicats qui flairent une continuation de leur dynastie avec ces socialistes en herbe et de quelques professeurs qui ne se résigneront jamais à admettre l'échec lamentable des politiques interventionnistes du Québec depuis la Révolution tranquille, ils repoussent l'inévitable. Une question de justice, dit-on! Nous avons fait le choix de société de nous offrir une éducation accessible à tous, dit-on !

Évidemment, tout cela relève d'une logique implacable. Imposer aux futures générations le fardeau de notre irresponsabilité est un exemple parfait de la justice même, n'est-ce pas ? Cependant, il faut rappeler que le choix de société s'est décidé sans eux, puisqu'ils n'ont pas voté pour se retrouver aux prises avec une telle situation. Devant ce constat, faisons un parallèle avec cette dizaine de professeurs qui revendiquaient seuls un matin de novembre. Quand les gens voient dans une cause un avantage ou des intérêts individuels à défendre, ils se lancent et se battent. Perdre le repas gratuit, c'est une fatalité! Autrement, on laisse pâtir les malheureux. C'est bien dommage, mais la collectivité s'en balance. Alors, à tous ceux qui se disent pour l'égalité, pour les travailleurs ou pour la collectivité, je réponds que ces paroles ne sont que foutaises. Le vote démocratique est d'un moyen d'imposer sa façon de voir le monde sur les autres et d'accompagner le tout, souvent, d'une présomption qu'elle est synonyme de ce qui est bien pour autrui. Rien de plus...

Quelques liens qui attestent la véracité des propos concernant une dette grandissante:

- Histoire de la dette

- 40 ans de dette québécoise

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