Winston Chan

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Winston Chan
 

G20: Les jeunes entrepreneurs à la rescousse de l'économie mondiale

Publication: 05/09/2013 04:26

La Syrie sera probablement le sujet chaud dans les coulisses de la rencontre annuelle des chefs d'États du G20 à St-Petersbourg, en Russie. Bien que l'enjeu soit urgent, plusieurs autres priorités sont à l'agenda de ce sommet représentant les vingt économies les plus importantes de la planète. À l'heure actuelle, le ralentissement économique mondial affecte la vie quotidienne de plusieurs millions de personnes. Le taux de chômage élevé chez les jeunes n'affecte pas seulement les pays européens, mais également les économies émergentes telles que la Chine et le Brésil. Au Canada, en juillet, on recensait une perte de 39 400 emplois, dont 30 400 emplois au Québec. Les jeunes de 15 à 24 ans représentent le tiers du 1,4 million de chômeurs actuels au Canada. On estime que près de 75 millions de jeunes sont chômeurs à l'échelle de la planète, soit 13% de la population jeunesse mondiale. Si nous ne remédions pas à cette situation, les conséquences seront non seulement d'ordre social et économique, mais aussi d'ordre politique : nous n'avons qu'à penser aux manifestations des derniers mois au Brésil et en Turquie.

Rester les bras croisés devant la situation actuelle, c'est sacrifier une génération toute entière. Alors, comment y remédier? Les faits sont clairs : toute politique sérieuse pour relancer la croissance et la création d'emplois doit passer par l'entrepreneuriat, notamment par le développement des jeunes entrepreneurs. En 2011, une publication de la Banque Mondiale a révélé que, pour les 99 pays émergents pris en compte dans l'étude, près de 90% des emplois sont générés par les PME. Plus important encore, ce sont elles qui sont à l'origine de la croissance nette d'emplois, notamment pour des emplois pour les jeunes. Et selon un sondage mené par Accenture auprès de 1000 entrepreneurs de moins de 40 ans, 81% de ceux-ci prévoient créer des emplois au cours des deux prochaines années et 41% entrevoient une croissance de 8%.

Bien qu'ils soutiennent la création d'emploi, les jeunes entrepreneurs ont besoin d'aide.

C'est ici que le rôle des vingt gouvernements du G20 devient capital. Au terme d'un sommet où 400 jeunes entrepreneurs des pays du G20 se sont penchés sur la question, nous avons identifié quatre mesures permettant d'accélérer l'entrepreneuriat jeunesse, qui est la source de la création d'emplois, de l'innovation et de la croissance économique. Nos conclusions sont les suivantes. Il faut :

1) Permettre un meilleur accès au crédit et aux produits et services financiers adapté aux réalités des entreprises en démarrage;

2) S'assurer que les lois et règlements qui régissent notamment la main-d'œuvre et l'immigration soient transparentes, faciles à comprendre et qu'elles soutiennent les entrepreneurs au lieu de les freiner;

3) Investir dans l'éducation et dans la formation visant à mieux outiller les jeunes des connaissances et compétences dont ils ont besoin pour bâtir des entreprises et favoriser l'innovation, la croissance et la prospérité;

4) Fournir l'infrastructure et les services numériques dont les jeunes entrepreneurs ont besoin pour accéder aux services gouvernementaux ainsi que pour créer des réseaux locaux et internationaux.

Selon le rapport Baromètre sur l'entrepreneuriat Ernst and Young récemment publié, le Canada fait bonne figure parmi les pays du G20. Ainsi, le premier ministre Stephen Harper est en bonne position pour se faire le porteur des enjeux de l'entrepreneuriat jeunesse lors de la prochaine rencontre du G20. Plus que jamais, nous avons besoin que les 20 gouvernements agissent et adoptent ces recommandations. Il faut éviter que toute une génération soit sacrifiée, et le Canada a un rôle de leader à jouer pour y arriver.

Winston Chan était délégué du Canada au Sommet des jeunes entrepreneurs du G20 à Moscou, en juin dernier.
Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.

Loading Slideshow...
  • 1. LA DETTE DES MÉNAGES

    La dette des ménages canadiens a atteint au nouveau sommet au troisième trimestre, incitant le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, à sonner l'alarme contre le plus grand risque interne à l'économie. Les Canadiens doivent près de 1,51 $ pour chaque dollar qu'ils gagnent, soit davantage que les Américains.

  • 2. LA PIÈGE DE LA CONSOMMATION

    Malgré leur endettement, les Canadiens continuent de consommer... avec de l'argent emprunté. Et ce, notamment parce que les taux d'intérêt sont bas, l'emploi demeure stable et que les Canadiens ne sentent pas la soupe chaude. Une arme à double tranchant, puisque la consommation soutient néanmoins l'économie. (FREDERIC J. BROWN/AFP/Getty Images)

  • 3. LES PROBLÈMES DE LA ZONE EURO

    Quand la Banque TD a revu ses prévisions de croissance à la baisse, elle a mis en cause les difficultés de la zone monétaire européenne comme l'un des principales raisons. Presque toute l'Europe devrait entrer en récession pour le première moitié de l'année. Le Canada devrait subir les contrecoups avec la baisse de la demande pour ses matières premières et ses produits d'exportation. Le marché de l'emploi devrait aussi en souffrir. (ERIC FEFERBERG/AFP/Getty Images)

  • 4. L'ESSOUFFLEMENT DE LA CHINE

    Les signes de ralentissement en Chine se multiplient, en raison des dettes des gouvernements locaux, de l'essoufflement de la production industrielle, de même que le marché immobilier. Ce ne sera pas la catastrophe, mais quand la Chine, devenue deuxième puissance industrielle, a le rhume, c'est tout l'Occident qui éternue. (Aaron tam/AFP/Getty Images)

  • 5. L'ACCROISSEMENT DES INÉGALITÉS

    Le fossé entre riches et pauvres se creuse au pays, et les analystes préviennent que la stagnation des revenus des ménages fera mal à l'économie. Même si l'écart n'est pas aussi grand qu'aux États-Unis, le pouvoir d'achat des Canadiens s'en trouve diminué. (ADRIAN DENNIS/AFP/Getty Images)

 
Suivre Le HuffPost Québec