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Le traitement médiatique me répugne

22/10/2014 12:27 EDT | Actualisé 22/12/2014 05:12 EST

Selon la pensée conforme, le terrorisme est un acte d'intimidation par la peur. Tout simplement, selon les conformistes, cela signifie que n'importe quel acte ou manifestation qui sort des sentiers battus et menace les intérêts d'un État, ou d'un groupe influent, relève du terrorisme.

La pensée conforme et ses acolytes peuvent attribuer l'étiquette de terroriste à toute personne qui va l'encontre de leurs messages dans les médias. Ainsi, les conformistes peuvent accuser n'importe quel débatteur de commettre des actes de «terrorisme vert». Nous remarquons, dans ce cas-ci, l'élargissement de la définition du terrorisme par la pensée conforme.

Pas la peine de disqualifier la définition du terrorisme par la pensée conforme, ses propres gourous s'en chargent lorsque ces derniers se limitent de le définir. Aussi, lorsqu'ils imputent de facto tout acte de violence à un groupe ethnique pour délégitimer sa cause.

Depuis l'incident qui a conduit au décès d'un militaire, la chaine la plus conformiste, TVA Nouvelles, parle de terrorisme proprement islamique. Le bulletin de nouvelles véhicule la peur au lieu de l'information. On y va jusqu'à affirmer que c'était une commande effective de l'État dit islamique pour tuer intentionnellement les militaires québécois...

Une militaire interviewée affirme que l'incompréhension réside dans le fait que l'agresseur « Monsieur Couture-Rouleau » est un Québécois de souche. S'il avait été un arabe de souche, un musulman de naissance et d'éducation, les victimes de la pensée conforme seraient plus aptes à avaler la pilule médiatique, sans opter pour une critique intrinsèque de l'information. On assiste à un classement d'acceptabilité et une catégorisation des citoyens, selon leurs origines...

Encore, dans la même lignée du journalisme de peur, un journaliste prend d'assaut la mosquée de Saint-Jean-sur-Richelieu pour y apostropher les fidèles et cribler l'imam du lieu de culte de questions. Comme si les fidèles de cette mosquée avaient un «je ne sais quoi» de culpabilité. N'est-ce pas un procès d'intention? Bref, d'après plusieurs personnes questionnées, l'agresseur aurait dû être un Arabe. Ça passe mieux et ainsi, c'est plus facile de pointer les indigènes «musulmans de la musulmanie» . À défaut, on est dans l'obligation de pointer l'islam comme principal facteur et principale raison de cette macabre agression. Un fou devient terroriste dès lors qu'on peut le lier directement et indirectement à la religion d'Allah.

À peine 24 heures après cet accident, une vague d'articles journalistiques, ou d'opinions, submerge les quotidiens du Québec pour affirmer que l'État islamique (ou Al-Qaida) s'était doté d'une base sociale étendue et que cette organisation aurait réussi à s'infiltrer dans notre société, allant jusqu'à affirmer l'ÉI avait des objectifs politiques à réaliser.

Ce qui est faux et totalement absurde. L'État islamique (ou Al-Qaeda) n'a aucun objectif politique prédéterminé si ce n'est celui de terroriser le monde occidental et les régimes arabes, valets de l'impérialisme capitaliste.

L'État islamique (ou Al-Qaeda) miroite l'idée d'un retour au califat perdu, mais sans détenir un plan institutionnel et économico-social de substitution aux régimes qu'il combat, une raison de plus pour ses échecs.

Si Ben Laden était un milliardaire sans domicile fixe, c'est entre autres parce qu'il n'avait aucune assise sociale populaire parmi les populations arabes et musulmanes. De l'Arabie-Saoudite à la terre afghane, en passant par le Soudan, il n'a été intégré nulle part puisque les premières victimes de la terreur sont les locaux d'abord.

Les médias tombent facilement dans le piège ethnique et le texte de Mme Bombardier est un cas qui devrait être étudié dans les cours de journalisme, afin que nos futurs journalistes aient un minimum de retenue.

Le piège ethnique consiste à coller une étiquette criminelle à un groupe ethnique, comme la mafia italienne, le terrorisme islamique ou les gangs de rues haïtiens ... Déceler le piège servirait la pensée critique afin de démontrer que le but du terrorisme n'est guère de chercher à s'accaparer le pouvoir en occident ou de l'infiltrer, mais de terroriser d'abord et avant tout afin de passer un message précis.

Ainsi, les penseurs conformistes soulignent les caractéristiques individuelles des hors-la-loi du terrorisme, plutôt que leurs crimes et les circonstances sociales et politiques.

Les médias se doivent d'éviter ce piège afin de ne pas renforcer des perceptions populaires, souvent issues de préjugés non fondés et nourris par la pensée conforme. Bien sûr, s'épargner ce piège, c'est aussi garder une crédibilité pour déclasser les peurs et les théories épeurantes des penseurs conformistes.

Ce qui me répugne finalement, c'est de voir ma société asservie et soumise à écouter ces chroniqueurs sans rigueur, ni méthodologie...

Pourquoi a-t-on autant de difficulté à appeler les choses par leur nom? Ce qui s'est passé à St-Jean-sur-Richelieu est un attentat terroriste commis au nom de l'islam.

Pourquoi marche-t-on sur des œufs? Pourquoi a-t-on peur d'appeler un chat un chat? Parce qu'on ne veut pas faire de la peine aux musulmans modérés? La communauté musulmane est-elle horrifiée du geste posé par Martin Couture-Rouleau?

Parfait. Qu'elle le dise. Haut et fort. Dix fois plutôt qu'une. Et qu'elle prenne des mesures pour que ce genre de choses n'arrive plus.

....

Le chef de l'État islamique demande aux musulmans du monde entier d'égorger, d'écraser, de décapiter ou de défenestrer les mécréants. Me semble que si j'étais musulman, j'ouvrirais l'oreille. Je me ferais un devoir d'être vigilant.

Signé Richard Martineau

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