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Il faut réformer et démocratiser le Conseil de sécurité de l'ONU

27/09/2013 12:42 EDT | Actualisé 26/11/2013 05:12 EST

La réforme du Conseil de sécurité de l'ONU est absolument inévitable. La gouvernance mondiale est devenue l'affaire des institutions internationales. Le Conseil de sécurité assume la lourde charge de gérer les problèmes du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Avec la fin de la guerre froide, le nouvel ordre mondial n'était pas du tout ce qu'on avait pensé. Le Conseil ne fait pas preuve de représentativité et ne tient pas compte de la contribution des membres de l'organisation au maintien de la paix ou d'une répartition géographique équitable.

Démocratiser le conseil

Le Conseil de sécurité est limité à quelques nations qui y siègent continuellement, tandis que les autres s'y joignent temporairement. La grande majorité des États membres n'y est pas représentée, et tous sont tenus d'exécuter les décisions du Conseil. Par ailleurs, nous assistons souvent à une polarisation d'un Conseil qui peine à trouver des consensus, comme dans le cas de la guerre civile syrienne internationalisée.

L'éléphant blanc (le droit de veto)

L'utilisation abusive du veto est souvent un sujet de tensions. L'exemple des États-Unis en est le plus illustrant. Washington abuse de ce droit pour protéger ses intérêts au Moyen-Orient ou dans le dossier cubain (en 2011, l'ONU a demandé la levée de l'embargo américain contre Cuba pour la 20e année consécutive, sans résultats probants).

Je pense qu'il faut opter pour une suppression graduelle ou une limitation du droit de veto au Conseil, car c'est par ce biais que les cinq membres permanents font la pluie et le beau temps au sein de l'ONU. A quoi servirait l'augmentation du nombre des membres au Conseil, si les cinq continuent de bloquer les résolutions ? Le Conseil ne sera pas plus représentatif qu'aujourd'hui tant que le droit de veto persistera sous sa forme actuelle et on ne peut parler décemment de la démocratisation de l'ONU et de son bon fonctionnement. L'ex-secrétaire général n'aborde pas non plus la question du contrôle de la légalité des décisions prises par le Conseil de sécurité, étant donné que ces dernières vont souvent à l'encontre de la Charte des Nations-Unies.

Urgence d'agir

Le Conseil de sécurité doit s'en tenir au respect absolu des buts et principes de la Charte. Cela passe par des réformes démocratiques profondes, indépendantes des grandes puissances et par rapport au pouvoir économique, en faisant preuve d'objectivité, d'impartialité et de non-sélectivité dans l'action.

Une réforme urgente vise à rétablir le rôle des Nations Unies au service du développement. On accorderait aux autres pays (la Suisse, la Bolivie, le Maroc...) qui n'ont pas de projets hégémoniques et qui ne se consacrent pas au commerce des armes à l'échelle planétaire (comme les membres permanents du Conseil) les mêmes droits et le même taux de participation que les grandes puissances concernant l'adoption de décisions.

Je pense que les propositions du groupe des S-5 (Small 5) sont logiques, pragmatiques, et susceptibles de relancer le travail au sein du Conseil, l'affirmer et ainsi asseoir sa légitimité au sein de l'Assemblée générale. Ces mesures ne demandent pas de modification de la Charte des Nations Unies.

À mon humble avis, il faudra revoir le fonctionnement de l'ONU, système actuellement basé sur l'association des États et non des peuples, comme cela devrait être selon l'indication de sa Charte ; des États représentés par des gouvernements qui bafouent la volonté de leurs peuples au profit des intérêts d'une élite. Tant que les structures de l'ONU ne seront pas démocratiques, toute tentative de réforme relèvera de la perpétuation de la loi du plus fort.

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