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Site d'injection dans Centre-Sud : reprenons le dialogue

23/06/2017 12:08 EDT | Actualisé 23/06/2017 12:09 EDT

L'arrivée de trois sites d'injection supervisée à Montréal fait grand bruit. Pour l'un d'eux, particulièrement (Spectre de rue, dans Centre-Sud), des parents s'inquiètent : le site sera situé à 300 mètres d'une école, dans un corridor scolaire très fréquenté, il sera ouvert de jour (donc pendant la période où circulent les enfants)... Ces craintes semblent légitimes : il s'agit là d'un changement de pratiques, et donc de culture, passablement radical! L'arrivée de ces sites au cœur même de la métropole, dans les quartiers résidentiels, génère un lot de questions et d'inquiétudes auxquelles les instigateurs du projet doivent être en mesure de répondre.

Le travail «en amont» a-t-il été suffisamment fait (et bien fait)? Les communautés, et notamment les communautés scolaires, ont-elles été suffisamment préparées et informées de l'arrivée de ces sites? Les parents ont-ils été partie prenante de la réflexion pour qu'ils sentent que leurs préoccupations ont été reçues?

Peut-être pas. Peut-être pas partout. Peut-être pas dans Centre-Sud.

Ceci dit.

Est-ce une raison pour agir comme le font actuellement la présidente de la CSDM et la commissaire locale en faisant circuler des pétitions, en écrivant des lettres ouvertes aux journaux qui ont le ton de l'alerte et de la peur, et en menaçant de poursuivre l'organisme s'il refuse de mettre le projet sur la glace? Est-ce ainsi qu'entre partenaires du réseau public nous souhaitons nous parler, collaborer, chercher des pistes de solution? Est-ce par la voie de la menace et par la judiciarisation de nos interrogations que nous parviendrons à trouver des solutions de compromis acceptables pour tous et à nous sentir, de part et d'autre, écoutés et respectés?

Nous ne pouvons pas, à quelques mois de leur ouverture, remettre en question leur existence de façon aussi frontale : nous risquons de faire échouer un projet nécessaire pour qu'un mieux vivre ensemble se développe en ville.

Ces démarches récentes des élues de la CSDM nous semblent plutôt jeter de l'huile sur le feu, à l'heure où il nous faut, au contraire, rebâtir un dialogue qui n'a pas été suffisamment engagé. Des années de travail et de réflexion ont été nécessaires pour en venir à la naissance de ces sites d'injection. Nous ne pouvons pas, à quelques mois de leur ouverture, remettre en question leur existence de façon aussi frontale : nous risquons de faire échouer un projet nécessaire pour qu'un mieux vivre ensemble se développe en ville.

Les parents des écoles du Centre-Sud sont d'accord avec l'ouverture d'un site d'injection supervisée; ils sont inquiets de sa cohabitation avec le milieu scolaire. Il y a, entre ces deux propositions, tout l'espace nécessaire à une discussion sereine, sans qu'il soit nécessaire de recourir au ton de la menace et de l'imprécation. Vivement le retour aux bons sentiments entre précieux partenaires de nos communautés locales!

Ce texte est cosigné par Jean-François Gosselin, commissaire indépendant à la CSDM.

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