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Des PPP pour faire bouger nos enfants (VIDÉO)

05/04/2017 05:38 EDT | Actualisé 06/04/2017 04:30 EDT

Nous avons été nombreux à avoir émis d'importants bémols quant à l'idée qu'un trio de vedettes-hommes d'affaires soit embauché pour réinventer l'école de demain. Le trio s'est expliqué. Le ministre a patiné. Il a été question d'une sortie médiatique ratée, de l'importance de travailler main dans la main avec les gens sur le terrain, du fait que le trio ne sera pas payé pour les services rendus, etc. On a failli y croire.

Or quatre jours ouvrables plus tard, le ministre de l'Éducation vient de nous retirer nos dernières illusions: l'entreprise de M. Lavoie (le Grand défi Pierre Lavoie) se voit confier le mandat étatique de faire bouger nos enfants une heure par jour. Un contrat de 2 millions de dollars pour préparer du matériel sportif, une webtélé, un concours et pour fournir du soutien aux enseignants qui se lanceront dans l'aventure.

Deux millions.

Moi qui pensais qu'on avait, pour faire bouger nos enfants, des profs d'éducation physique, des conseillers pédagogiques, des partenariats avec des organismes communautaires bien implantés dans nos milieux, des ententes avec la Ville... Je pensais que oui, certains de ces projets avaient été mis en péril par les compressions des dernières années, mais que dès le retour des beaux jours, on pourrait reprendre les camps sportifs, la danse, le basketball...

Mais non. Les deux millions, ils iront là où M. Lavoie et le ministre ont décidé qu'ils iraient: dans des récrés organisées, puisque M. Lavoie, qui connaît bien le milieu de l'éducation, considère qu'avec «deux récréations de 15 minutes, ce serait fou de ne pas profiter de cette occasion».

Aucune importance si des chercheurs soutiennent que «faire bouger», ça n'est pas nécessairement synonyme de «faire des sports organisés». Aucune importance si ces chercheurs nous invitent à revoir la façon dont nos cours d'école sont conçues de manière à favoriser les déplacements spontanés des enfants dans l'espace plutôt que les jeux organisés. Aucune importance non plus si nos écoles sont à ce point surpeuplées que des cours où il y a de la place pour courir, il y en a de moins en moins. Aucune importance si en raison du surpeuplement, certaines écoles doivent couper en deux la période de récréation sur l'heure du dîner pour permettre aux enfants d'avoir accès à leur cour 20 minutes, une moitié d'école à la fois. Aucune importance si certaines de nos cours d'école sont en si piteux état qu'elles servent en réalité de parcs à chiens.

Aucune importance parce que le ministère de l'Éducation est en mode PPP, pas en mode écoute. Ici comme dans l'épisode du Lab-école, la même question se pose: qui le ministre consulte-t-il quand il démarre des projets? Et où sont passées toutes les propositions avancées lors des récentes consultations sur la réussite éducative? Sur quelle tablette les a-t-on rangées?

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