Vincent Geloso

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Les vraies grosses pétrolières et le prix à la pompe!

Publication: 19/04/2012 07:58

En passant à une station-service pour remplir son réservoir à essence, il est impossible de ne pas grogner à la vue du compteur indiquant le montant total de la facture. Instinctivement, la grogne se dirige vers les « grandes multinationales » pétrolières qui profitent à nos dépens. Toutefois, ce ne sont pas ces dernières qu'il faut blâmer, mais plutôt l'inefficacité des grandes sociétés nationalisées qui produisent du pétrole!

Lorsqu'on regarde les grandes compagnies pétrolières du monde, on voit plusieurs compagnies privées sur lesquelles nous jetons notre dévolu. Toutefois, ces compagnies privées sont minuscules lorsqu'on les compare aux grandes sociétés d'État comme Pemex (Mexique), National Iranian Oil Company (Iran) et PVSA (Vénézuela). Selon un palmarès des vingt plus importantes compagnies pétrolières au monde en fonction des réserves de pétrole, seize d'entre elles sont des sociétés nationalisées.

En effet, ces dernières possèdent environ 90 % des réserves mondiales connues de pétrole - le reste va aux compagnies privées. Toutefois, avec seulement un dixième des réserves connues de pétrole, les compagnies privées produisent environ un quart du pétrole que nous consommons. Ceci en dit beaucoup sur la performance des compagnies privées et encore plus sur l'inefficacité des sociétés d'État. Pour chaque million de barils de pétrole produits, les compagnies privées emploient en moyenne 23,4 individus. Quant aux compagnies publiques, elles doivent engager environ 71,8 individus par million de barils produits. Un écart monumental quant à la performance.

La privatisation ferait baisser les prix!

L'inefficacité des compagnies publiques fait en sorte que l'augmentation de la demande de pétrole stimulée par la croissance économique de pays comme l'Inde et la Chine ne peut pas être satisfaite adéquatement en dépit de l'efficacité du secteur privé. En fait, dans des pays comme le Venezuela et l'Iran, la production de pétrole a diminué considérablement dans les dernières années. Par conséquent, les prix à la pompe augmentent.

Il y a une solution prouvée pour s'attaquer aux prix élevés de l'essence : la privatisation de ces sociétés d'État afin qu'elles deviennent plus performantes, qu'elles gaspillent moins et qu'elles produisent davantage. Il y a déjà eu des privatisations de compagnies pétrolières dans les années 1980 et au début des années 1990 - une période pendant laquelle les prix de l'essence à la pompe n'ont pas cessé de chuter même sans ajuster pour l'inflation. Des économistes de l'Université d'Oxford en Grande-Bretagne ont pris la peine de s'attarder aux résultats de ces privatisations. Sur une période de sept ans, les compagnies qui ont été privatisées ont été capables d'augmenter leur production de 40 pour cent, la production par employé de 30 pour cent et l'investissement de 47 pour cent. Les rendements ont par conséquent augmenté de manière considérable et les prix à la pompe ont baissé - tout le monde était gagnant.

Ces mêmes économistes ont aussi pris la peine d'évaluer ce qui se passerait si on privatisait les 18 compagnies détenues en totalité par des gouvernements et figurant dans le palmarès des 50 plus grandes compagnies pétrolières au monde. La première année, la production augmenterait de 2,7 millions de barils par jour - soit l'équivalent de la consommation de la France. Dans les six années qui suivent, ils estiment qu'à ce montant on additionnerait 19 millions de barils de plus par jour. Au final, on parle d'environ 15 % de ce qu'on produit actuellement. Ces calculs n'incluent pas les résultats potentiels de la privatisation de sociétés détenues par des gouvernements dans lesquels il y a des actionnaires minoritaires provenant du secteur privé.

Exposées à la discipline de la concurrence, ces sociétés privatisées devront devenir plus efficaces, réduire le gaspillage et investir intelligemment afin de réduire leurs prix. Encore une fois, le passé est très instructif à cet égard. Au 19e siècle, à l'époque où les gouvernements n'intervenaient pas dans l'industrie pétrolière, des hommes d'affaires comme John D. Rockefeller ont pu faire baisser de deux tiers le prix du baril de pétrole en l'espace d'à peine vingt ans. La privatisation des compagnies publiques permettra aux entrepreneurs et aux investisseurs de mieux valoriser les ressources en innovant et en développant de nouvelles manières de produire. Les consommateurs seront les grands gagnants.

 
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En passant à une station-service pour remplir son réservoir à essence, il est impossible de ne pas grogner à la vue du compteur indiquant le montant total de la facture. Instinctivement, la grogn...
En passant à une station-service pour remplir son réservoir à essence, il est impossible de ne pas grogner à la vue du compteur indiquant le montant total de la facture. Instinctivement, la grogn...
 
 
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07:16 sur 20/04/2012
allo
07:10 sur 20/04/2012
Le problème, c'est que le marché du pétrole est cartelisé (Big Sisters, OPEC), que ce cartel soit public ou privé ne fait pas vraiment de différence... Et comme la moitié des ressources de pétrole conventionnel a été consommée depuis 1859, ça n'arrange pas vraiment les choses... L'arrivée des pays du BRIC sur le marché de la consommation crée des pressions à la hausse sur la demande dans un contexte où la ressource est en voie d'être épuisée d'ici 30 ou 40 ans...

L'ère du pétrole cheap est vraiment finie... Il existe des alternatives au pétrole conventionnel (tar oil, coal oil, shale oil, éthanol, gaz naturel, hydrogène) mais ces options ne sont pas vraiment plus économiques, ni vraiment écologiques......
07:00 sur 20/04/2012
Surtout, ne vous enrichissez pas collectivement, privatisez tout ! Je suis en total désaccoord avec cet article à forte tendance néo-libérale...
06:51 sur 20/04/2012
Le pétrole consommé au Québec provient principalement d'Europe (Norvège et Grande-Bretagne) et d'Afrique (Algérie et Angola)... La question n'est pas vraiment de savoir si les sources d'approvisionnement sont privées ou publiques, mais plutôt de constater que le marché mondial du pétrole est un cartel (Big Sisters, OPEC), qu'il soit privé ou public, ne fait pas vraiment de différences...

Pour ce qui est de la disponibilté du pétrole, apparement, on a passé les peak oil en 2007, la demande est plus forte que l'offre, l'ère du pétrole cheap (conventionnel) est finie... Et les alternatives ( tar oil, coal oil, shale oil, éthanol, hydrogène, etc.) ne sont pas particulièrement bon marché...
18:24 sur 19/04/2012
Avant de privatiser, si les spéculateurs étaient empêchés de gonfler les prix comme ils n'ont pas été capable de le faire par manque de crédit durant la crise financière, le prix à la pompe descendrait de 20%. Jolie économie ! et facile avec ça :)
14:39 sur 19/04/2012
Les compagnies privées seraient minuscules selon vous, alors qu'au chapitre du chiffre d'affaires, elles sont gigantesques. Si elle était cotée en bourse, PDVSA (et non PVSA) se classerait 9e, avec un chiffre d'affaires de 124 G$, Pemex 10e, avec 112 G$ et National Iranian Oil Company 16e avec 51 G$ (chiffre de 2007).
http://www.fb-bourse.com/classement-compagnies-petrolieres-2011/2/

Les trois premières pétrolières pour le chiffre d'affaires sont des compagnies cotées en bourse Royal Dutch Shell (Pays-Bas) avec un chiffre d'affaires de 278.01 G$, Exxon Mobil (USA) avec 258.01 G$ et BP (Royaume-Uni) avec 224.42 G$.

Alors nous n'avons pas besoin d'un doctorat de la London School of Economics pour savoir à qui nous en prendre pour le prix du pétrole à la pompe. Il semble même que les études supérieures aient une influence néfaste sur le jugement de certaines personnes et que la London School of Economics semble favoriser l'enseignement de la pensée unique chère à l'IEDM, où vous trouverez certainement un emploi rémunérateur qui vous permettra de continuer à raconter des sornettes.
14:39 sur 19/04/2012
Et pour ce qui concerne votre propension de petit occidental néo-libéral à vouloir à tout prix que le Mexique, le Venezuela et l'Iran ouvrent toutes grandes leurs portes aux pétrolières privées, j'espère que ces pays continueront à exploiter eux mêmes leur pétrole ce qui m'apparaît comme de la première évidence dans le cas d'une ressource qui leur confère un indéniable avantage. Ce serait aussi stupide et suicidaire de leur part que pour nous de privatiser l'Hydro.

Mais là où votre "chronique" devient carrément répugnante, c'est lorsque vous essayez de nous faire avaler que ces trois entreprises seraient responsables des prix à la pompe. Vous nous prenez pour des dindes.

Pour ce qui regarde la si grande compétence du privé et ses performances, je vous réfère aux rapports produits par les autorités américaines concernant l'incurie de BP dans l'affaire de l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon et de la catastrophe qui s'ensuivit.
14:38 sur 19/04/2012
Sauf que vous n'avez aucun contrôle sur l'Iran, le Mexique & le Venezuela. Vous auriez, peut-être un chance avec Calderón mais Chavez & Ahmadinejad vont vous attendre avec une brique & un fanal.

Ou suggérez-vous de faire de ces pays des Irak 2.0?
12:55 sur 19/04/2012
Regardez le prix de l'essence où c'est nationalisé! Si nationaliser le pétrole au Canada offrait le gaz à 50 cents le gallon comme en Arabie Saoudite, d'importantes rentrées d'argent pour les gouvernements et beaucoup plus d'emplois bien payé, sign me up!

Les américains n'ont jamais produit autant de pétrole depuis 6 ans et ils ont exporté plus qu'ils ont importé cette année. Dans le midwest, ils sont même en oversupply... et pourtant, le prix à la pompe n'a jamais été aussi élévé (et étrangement, les profits des pétrolières aussi!).
12:47 sur 19/04/2012
Et nos parlementaires ne feront jamais rien... pourquoi?

- Ils ont de très bon salaire.
- Ils ont un compte de dépense pour les frais d'essence
- Leur gouvernement à besoin du revenu additionnel générer par les prix élever de l'essence.
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Blogueur du Huffington Post
Vincent Geloso
12:07 sur 19/04/2012
Quant à la LSE, ouais ils reçoivent des dons et je paie quand même 22,000$ en frais de scolarité - j'ai pas encore vu une cenne de l'argent des pétrolières dans mon portefeuille si c'est ce que vous vous demandez.
14:40 sur 19/04/2012
Chose certaine, quand on vous lit, on ne peut douter que c'est le but visé.
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Blogueur du Huffington Post
Vincent Geloso
12:07 sur 19/04/2012
4. Rockefeller a gagné ses parts de marché en faisant baisser les prix massivement, il est difficile d'argumenter que sa domination était monopolistique puisqu'en théorie économique, le monopole garde les prix élevés, produit très peu et très mal. Aux États-Unis, la production augmentait sans cesse, les prix baissaient sans cesse (Voir les contributions de Thomas Di Lorenzo - International Review of Political Economy, Dominick Armentano dans Antitrust Bulletin, Henry Manne dans Journal of Law and Economics, Burton Fulsom dans Myth of the Robber Barrons, Robert Bork dans Yale Law Review ainsi que Columbia Law Review. Sinon pour une discussion moins technique, cherchez l'article "Antitrust" dans Journal of Economic Perspectives". En fait, si vous lisez l'article de Di Lorenzo dans la revue scientifique "Public Choice" sur la théorie de la capture réglementaire et la loi antitrust, il y a des fortes raisons de croire - surtout de la manière dont la loi est faite (en opposition avec la simplicité de celle au Canada) - qu'elle visiat à réduire la concurrence en prohibant les grandes entreprises comme Standard Oil d'innover autant. Sinon il y a aussi l'article de Pierre Desrochers dans Journal of Economic Behaviour and Organization je crois sur la question de l'innovation dans le secteur pétrolier à l'époque.
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Blogueur du Huffington Post
Vincent Geloso
12:06 sur 19/04/2012
3. Iran, la production stagne depuis 2001 et c'est en dessous des niveaux avant 1980. Au Mexique, la production stagne et décline sensiblement. Au Vénézuela, la production diminue de manière marquée (WRTG Economics)
13:32 sur 19/04/2012
Et la production au Canada et au USA est à des sommets depuis des années... et pourtant, le prix explose.
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Blogueur du Huffington Post
Vincent Geloso
12:06 sur 19/04/2012
2. Le prix à la pompe est moins cher en Iran, mais le revenu est plus bas, ajusté aux pouvoirs d'achat, cet argument est très réduit. Finalement, le prix subventionné en bas du prix coûtant pour la consommation de produire est payé par l'ensemble de la société - qu'on consomme ou non de l'essence.
13:30 sur 19/04/2012
Et en Arabie Saoudite, le salaire est plus bas également? Et au Qatar?

Ceux qui consomme de l'essence profitent d'un prix avantageux et le reste de la société profite des rentes pétrolières de d'autres façons. Win-win situation.
14:45 sur 19/04/2012
C'est ce qu'on appelle un choix de société, comme pour l'électricité au Québec.
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Vincent Geloso
12:06 sur 19/04/2012
Cher Gevy : La production de pétrole a chuté pendant les années de Pétro Canada pour remonter ensuite
14:50 sur 19/04/2012
Au profit de l'Alberta, des pétrolières étrangères et la production est exportée ailleurs, elle ne profite pas aux canadiens et certaines provinces manufacturières et exportatrices souffrent du mal hollandais qui amène leur balance commerciale dans le rouge. Tout un exploit. Et en passant, je préférais Pétro-Canada à Pétro-Chine pour exploiter le pétrole.