Lors du dévoilement de la mise à jour économique en novembre dernier, le gouvernement a confirmé qu'il avait manqué la cible de réduction du déficit qu'il s'était fixé dans le passé. Par conséquent, le déficit demeure et la dette continue de gonfler. Rien ne nous indique que le budget qui sera déposé le 20 mars changera cette réalité. Néanmoins, le portrait est encore plus inquiétant lorsqu'on regarde l'historique de la dette et du fardeau de celle-ci sur un siècle.
Bien qu'il existe de nombreuses définitions de la dette et que le gouvernement change fréquemment de méthode comptable, brouillant ainsi les cartes, il est possible en consultant les archives statistiques de dresser un portrait très conservateur de la dette du Québec depuis 1901 en nous servant de la dette brute.
En 1901, la dette par Québécois (en dollars de 2002) atteignait 524$ et le service de la dette était de 22 $ par Québécois. Pour 2010, nous parlons plutôt de 19,015 $ de dette par personne et de 976 $ en service de la dette (pour toutes les opérations du gouvernement). La situation est encore plus inquiétante lorsqu'on compare au revenu des Québécois. En 1926 (la première année pour laquelle des données sont disponibles), la dette par habitant représentait 5.8% du revenu moyen des Québécois comparativement à 57.1 % en 2010.
Cette hausse est encore plus vertigineuse à partir de 1959 - l'année de la mort de Maurice Duplessis qui avait effectué des efforts considérables pour réduire la dette lors de son retour au pouvoir. En effet, la dette du gouvernement du Québec représentait 4.6% du PIB par habitant à ce moment alors qu'elle représentait plutôt 24.8% au début de la Seconde Guerre mondiale. En fait, il s'agit période longue de plusieurs années de notre histoire au cours de laquelle la dette par Québécois a diminué d'environ 1,244$ par personne à 537$ et le service de la dette atteignait 20 $ par personne (moins qu'en 1901).
Certains affirment qu'il existe d'autres définitions de la dette et ces derniers préfèrent utiliser d'autres mesures comme la dette nette. Toutefois, même en utilisant la dette nette, l'histoire est la même. En fait, elle démontre que l'augmentation est encore plus fulgurante depuis 1959 puisque la dette nette par Québécois représentait alors 1.9 % du revenu moyen des Québécois comparativement à 52.3% aujourd'hui.
Rappelons-nous qu'ici, nous parlons ici d'une estimation très conservatrice de la dette du Québec afin de pouvoir comparer la même dette pour plus d'un siècle. La définition la plus exhaustive - la dette du secteur public - fait grimper la dette par habitant (ajustée pour l'inflation) en 2010 à 73 % du revenu moyen des Québécois. Et cela n'inclut pas notre part de la dette fédérale.
Nous nous approchons d'une zone dangereuse. Récemment, les économistes Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart ont compilé l'histoire des dettes de plusieurs dizaines de gouvernements sur 800 ans. Ils ont constaté qu'un taux d'endettement représentant 90% de l'économie ralentit d'un point de pourcentage de croissance économique. En tenant compte de la part québécoise de la dette fédérale, le ministère des Finances du Québec estimait que cette proportion représentait 94 % de l'économie du Québec en 2009 - une proportion qui a augmenté depuis (la dette brute ayant augmenté plus vite que le PIB). Nous sommes donc dangereusement proches de la zone à risque identifiée par Rogoff et Reinhart. À quel point est-ce important?
Si nous avions perdu un point de pourcentage de croissance en moyenne depuis 1945, nous serions 45% moins riches que nous le sommes aujourd'hui. Ceci nous placerait derrière plusieurs pays en voie de développement. Le poids de notre dette est en fait une hypothèque sur notre croissance économique future.
À la lumière d'un siècle de données sur la dette du Québec et des avertissements des économistes, il y a de quoi avoir le vertige puisque si le problème n'est pas corrigé bientôt, la descente sera infernale. Il est possible de corriger le tir en réduisant les dépenses et en favorisant la croissance économique, mais il faut cesser d'attendre.
Lorsque nos élus reçoivent 150 000$ par année lors de la première fois qu'ils sont élus. C'est à dire sans aucune expérience, c'est vraiment indécent. Lorsque ces même individus acquièrent une retraite au bout de la sixième année en poste, c'est aussi indécent. Lorsque ces même individus demandent des remboursement (compte de dépense) pour de l'alcool, alors que personne n'a le droit de consommer de l'alcool au travail, c'est indécent. Lorsque ces même individus reçoivent comme indemnité de départ 150 000$ même dans le cas d'une démission ou dans le cas d'un deuxième départ, c'est indécent. Lorsque nos gestionnaires attribuent plus de 6 milliards en subvention sans que l'on ne sache vraiment ou va l'argent, c'est aussi indécent. Lorsque l'on octroie des bonus aux gestionnaires dans nos institutions publics, c'est la goute qui fait déborder mon vase. Ces gens reçoivent un bon salaire, avec des avantages sociaux au dessus de la moyenne, pourquoi est-ce qu'ils ont besoin d'en prendre encore plus.
SVP laissez en pour les autres!
Tout d'abord je ne généralise pas comme tu dis.
Si tu relis mon commentaire, je mentionne les ÉLUS, EX-ÉLUS et GESTIONNAIRES.
Si tu fais parti de ce groupe et tu laisses faire, alors oui ce commentaire s'adresse à toi.
Parmi les gens que je connais personne n'oserait penser recevoir 150 000$ par année dans un nouvel emploi (en commençant). Les nouveaux Élus!
Parmi les gens que je connais personne ne recevrait 150 000$ en démissionnant de son poste. Les Ex-Élus et certains gestionnaires
Parmi les gens que je connais personne n'oserait rêver d'avoir droit à une retraite dorée après seulement 6 années en poste. Les Élus
Parmi les gens que je connais CERTAINES ont droit à un compte de dépense ou ils ou elles peuvent inclure leurs dépenses d'alcool lors de repas. Les Élus et Gestionnaires du système publique.
En conclusion, si vous avez droit à un de ces privilèges, il y a peu de chance que nous vivions dans le même monde.
Mais de toute façon, ce ratio à lui seul n'est pas suffisant pour dresser un portrait de la situation. Il faut reconnaître que la richesse québécoise est diversifiée, nous possédons beaucoup de ressources naturelles, un énorme potentiel minier, l'eau, l'hydro-électricité, la forêt etc etc. Nous avons en plus acquis un savoir faire indéniable dans bien des domaines de pointe. Notre province ne souffre pas indûment de corruption (il faut relativiser la dérape des libéraux, c'est grave mais comparativement à la Grèce, c'est rien). Il faut aussi savoir à qui on doit cette dette,....50% de la dette on se la doit à nous-même, ce n'est quand même pas comme se devoir le cul aux Chinois.
Voyez-vous, le Japon possède une dette équivalent à 200% de son PIB et peu de gens prônent la faillite du Japon.
Alors cette petite discussion sur le PIB sans le reste du contexte (diversification de l'économie, savoir-faire, à qui on doit cette dette) me semble un peu redondante et et de là n'émergera pas un vrai débat basé sur un portrait véritable de la situation.
Heu non, pas du tout. On parle de chiffres que ne sont pas sujet a variation ni a interpretation.
"Mais de toute façon, ce ratio à lui seul n'est pas suffisant pour dresser un portrait de la situation."
Non, effectivement. Il faut regarder aussi par exemple le pouvoir d'achat des Quebecois. Qui diminue alors qu'il augmente dans le reste du Canada.
Ou une facon tres simple, regarder sur le terrain. Par exemple, est-ce que les viaducs nous tombent sur la tete par manque de fond pour les entretenir? Est-ce que les malades meurt a l'urgence? Bref, est-ce que nos infrastructures s'ameliorent ou se deteriorent? Et ca, ca ne prend pas un doctorat pour s'en rendre compte. Ce n'est qu'une question de budget. Surtout mettre cette realité en refief avec le fait que nous sommes ceux qui payont les plus d'impots en Amerique du Nord!
Ce n'est pas qu'une question de dette. Il faut regarder la pyramide des ages, la scolarite (!!); bref, regarder partout a la fois et non s'arreter a 3 ou 4 industries rentables pour en faire des generalités.
Lorsqu'on le fait, on remarque que le Quebec s'enlise a tous les niveaux. La dette, ce n'est que la cerise sur le sundae.
...................... 2010/2011......................2011/2012
ALBERTA : - 4 821............................3 405
QUÉBEC : - 4 200.............................3 800
http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/econm_finnc/conjn_econm/TSC/pdf/chap13.pdf
Comment expliquer que l'Alberta, avec les revenus générés par une exploitation intensive de ses ressources naturelles, dont la moyenne des salaires est beaucoup plus élevée qu'au Québec et qui est loin d'offrir à ses citoyens tout ce qu'offre le Québec, puisse avoir un budget déficitaire plus important que celui du Québec en 2010/2011 et encore un en 2011/2012, bien que légèrement inférieur à celui du Québec.
Le dernier gouvernement dépense vraiment trop à leur goût.
Part du fédéral dans le budget des provinces :
.............2010/2011......... 2011/2012
CB : 19,8 %...............18,3 %
ALB : 15,5 %...............13,7 %
SASK : 15,2 % ..............14,5 %
MAN : 35,7 %...............33,9 %
ONT : 21,7 % ..............20,0 %
QUÉ : 24,8 % ..............23,0 %
NB : 37,2 % ..............35,6 %
NE : 35,8 %...............35,3 %
IPE : 42,8 %...............41,2 %
TNL : 22,5 %...............21,9 %
TNO : 77,4 %...............80,3 %
NUN : 92,5 %...............92,8 %
YUK : 66 %.................. 67,4 %
La dette, who's care?????
Quoi qui arrive, on aura toujours Hydro-Québec avec ses énormes actifs (qui sont égales à la dette si je ne me trompe pas). Richesse que la Grèce n’a pas.
De plus, si on rajoute le potentiel pétrolier du golfe du St-Laurent et les milliards de tonnes de minerai du nord, on a de quoi se rempli un bas de laine pour des générations futures… à condition de nationaliser nos ressources (dans le top 5 des points du partie).
mdr
sans aucun doute.
Quand j'entends une phase aussi creuse que relançons la croissance économique de la part d’un économiste ! Je me dis on est loin des gestes pragmatiques pour contré la croissance de la dette.
C’est encore de la rhétorique sur la dette pour faire croire que nous avons plus le choix ? Cela ne sera pas la dernier fois qu’on va l’entendre mais des solutions un désert d’intention ?
Le meilleur exemple est la CAQ!
C'est la manque de productivité, le manque de developpement, le manque de rigueur, ainsi que l'analphabetisme politique des Quebecois (voter et re-voter pour des partis inutiles) qui est en train de nous ruiner!
C'est la mentalité Quebecoise elle-meme! Cessez de toujours blamer les autres.
J'ajouterais ceci. Lorsque que nous parlons de la dette de nos gouvernements, nous ne parlons que d'une partie de la dette. Je pense qu'il serait préférable de comparer notre endettement global qui est à 57% du revenu (net ou brut?) pour le gouvernement et à 150% du revenu net pour les citoyens pour un total de 207% avec ce que nous avions dans les années passées. Par exemple, en 1959 on a 4.6% pour le gouvenement et environ 65% pour les citoyens pour un total de 70%.
Donc nous devrions comparer 70% à 207%. Si les taux remontent ça ne sera pas beau...
Il est également trop tard parce que la population est "accro" aux mamelles de l'État et ne cesse de réclamer toujours plus !
Il y a aussi des entreprises qui sont accrocs aux mamelles de l'État, les minières par exemple qui ont toujours fait en sorte de ne pas payer leurs redevances ou d'en payer le moins possible et aujourd'hui ce sont les contribuables qui doivent se charger de défrayer 100 % des coûts de la remise en état des sites miniers qu'elles ont exploités, dont elles ont empoché les profits et qu'elles ont ensuite abandonné à leur triste sort.
Que dire des entreprises informatiques et de leur abonnement aux mamelles de l'État. Elles qui, depuis des années, nous détroussent littéralement sans jamais livrer la marchandise.
Que dire aussi de tous nos merveilleux gestionnaires, comme celui qui nous a perdu 40 milliards, mais n'a pas hésité à empocher près de 400 000 $ de prime de départ. Des gestionnaires de nos universités qui passent plus de temps à commander des "études" afin de justifier 2 ou parfois 3 augmentations de salaire dans la même année. Que dire des 5 cadres de Concordia qui se sont votés 600 000 $ chacun à titre de prime de départ ? Que dire de toutes les autres magouilles au niveau de la gestion publique et para-publique que nous soupçonnons, mais que nous ne connaîtrons sans doute jamais.
Il me semble que nous n'en sommes plus à pouvoir supporter des régimes universels comme celui des garderies. Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de moduler les tarifs en fonction des revenus familiaux ? Pourquoi une éventuelle augmentation devrait-elle affecter tous les ménages également sans considérer leur capacité de payer ?
La même question se pose pour la taxe santé, tout le monde paraît-il doit contribuer, mais pourquoi les pauvres doivent-ils le faire plus que les autres, toutes proportions gardées ?
Si on considère la question des tarifs d'électricité, pourquoi ne pas procéder d'abord à établir la consommation moyenne pour une personne, puis pour les ménages en y ajoutant le nombre de personnes qui y résident. À partir de là, il deviendrait facile d'établir une tarification supplémentaire qui serait modulée selon une échelle croissante des taux dépendant de niveaux prédéterminés de la consommation en sus de la moyenne.
Il y a certainement une erreur dans la phrase suivante..."par habitant" est de trop!
"En effet, la dette du gouvernement du Québec représentait 4.6% du PIB par habitant"
«La descente infernale» Mon oeil! Il y a plein d'autres économises plus nuancés qui disent le contraire..
Un articles dans la presse disait ceci dernièrement:
«Si le Québec était un pays membre à part entière de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), son produit intérieur brut (PIB) par habitant (une mesure commode de sa richesse) se classerait au 20e rang, loin derrière la neuvième place du Canada.
Il se classerait premier ou deuxième, cependant, selon les critères de l’OCDE pour mesurer le bien-être de ses habitants.»
La voilà la vérité qu'on ne veut pas voir, Québec fait plus en produisant moins! C'est tout à fait la marche à suivre, on réussit mieux en produisant moins, cela veut dire que nous sommes plus efficaces, que nous gaspillons moins et que nous respectons plus l'environnement, en plus cela nous rend plus heureux!
Si notre PIB est loin derriere celui du Canada (par habitant), ce n'est pas ce qu'on appel une raison de se taper dans le dos, non?
Montrez-moi vos references de ces economistes qui clament que le Quebec est sur la bonne voie et qu'il s'enrichi, j'aimerais bien les lire!!
"Québec fait plus en produisant moins"
Le Quebec est en retard a tous les niveaux. On est loin de faire "plusse". SVP donnez vos references lorsque vous faites des affirmations aussi gratuites et tendencieuses.
Le probleme au Quebec ce qu'il y a trop de gens qui ont la tete dans le sable et qui tentent d'induire les autres en erreur en affublant ceux qui sont instruits et qui connaissent la realité de "mechante droite". C'est de la manipulation dans sa plus simple expression.
Ou ce que j'appel, faire l'eloge de la mediocrité!
Notre balance commerciale est déficitaire depuis 2004, nous avons perdu des dizaines de milliers d'emplois et cela n'est pas dû à notre paresse ou à notre mauvaise performance, cela est occasionné par le dopage artificiel de notre dollar par le secteur pétrolier. Avant que débute cette spirale, notre balance commerciale avait toujours été positive. Reconnaître cela n'a rien à voir avec le fait d'être souverainiste ou fédéraliste, mais cette question mérite d'être soulevée et nous devons au premier chef nous interroger sur les solutions qui s'offrent à nous. Notre commerce extérieur dépend d'éléments qui sont hors de notre contrôle, que pouvons-nous faire pour y remédier.
Et ce n'est pas faire l'éloge de la médiocrité, mais tout simplement refuser une conception misérabiliste du Québec et rechercher la source de certains de nos problèmes, sans toutefois refuser systématiquement de considérer que nous avons aussi des points forts. C'est sur cela que nous devons construire, tout en travaillant à améliorer notre performance dans les domaines où cela est nécessaire.
Ce que révèle l'étude que j'ai cité c'est qu'il est possible d'être plus heureux en produisant moins, je parle de qualité de vie mon cher monsieur, l'indice IDH qui s'impose de plus en plus comme complément aux indices du PIB.
Pour la dette, moi, ma référence en économie est encore Parizeau qui avec bien d'autres économistes disent que la dette est bien loin d'être catastrophique.....on est même pas mal moins pire que la plupart des pays de l'OCDE, mais pour savoir ça, faut lâcher un peu les théorie libertariennes...
À visiter www. quittezlequebec.com
Plus sérieusement, je pense qu'on ne peut pas ne pas mentionner les taux d'intérêt qui sont ridiculement bas depuis quelques années. Ceci diminue considérablement le poids de la dette. Par contre, ça peut donner un faux sentiment de confort, car si les taux augmentaient, ça ferait mal. Cependant, ça ferait mal partout, pas juste au Québec. Et puis je ne suis pas sûr que les taux vont augmenter de si tôt, car le capitalisme ne tolère plus l'épargne, il faut que tout l'argent soit en circulation pour que l'économie roule. Pour que la religion de la croissance économique qui n'arrête jamais puisse continuer d'avoir des adeptes.
La solution est ailleurs que dans la simpiternelle recherche de croissance économique, qui est rendue telle qu'on est en train de mettre de côté d'autres valeurs fondamentales, et en particulier la préservation de l'environnement. Et puis regardez comment les citoyens sont en mode de compétition, tout le temps.
Être plus riche, ce n'est pas non plus le but de la vie. Ce qui compte c'est que chacun ait accès à des ressources lui permettant de s'accomplir, dans un environnement favorable. C'est un autre paradigme totalement. La course à l'enrichissement dictée par le rêve américain est en train de nous épuiser, de nous assommer.
Je suis toutefois d'accord avec votre autre solution: il faut vivre selon ses moyens.