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Le centre-ville est victime des caprices de Denis Coderre

Aucun événement, aussi électrique soit-il, ne vaut les inconvénients majeurs que la Formule E fait présentement subir aux résidents et commerçants de Ville-Marie.

27/07/2017 06:00 EDT | Actualisé 27/07/2017 06:00 EDT
franckreporter
L’autre étape que la Ville de Montréal devra franchir pour rendre l’ePrix plus attirant, c’est de cesser d’y dépenser de l’argent public.

Les épreuves de Formule électrique qui auront lieu ce week-end dans le centre-ville ont jeté une douche froide sur de nombreux Montréalais, qu'ils soient commerçants, cyclistes, piétons, automobilistes ou résidents de Ville-Marie. Depuis plusieurs semaines déjà, ces citoyens doivent composer avec les travaux, le bruit, les détours et les bouchons. L'apparition des murs de béton, achetés au coût de 7,5 M$ par l'administration de Denis Coderre, a achevé de les transformer en otage de courses qu'ils n'ont pas demandées, mais pour lesquelles ils se retrouveront bien malgré eux à payer au bas mot 24 M$.

Aucun événement, aussi électrique soit-il, ne vaut les inconvénients majeurs que la Formule E fait présentement subir aux résidents et commerçants de Ville-Marie. Citoyens enclavés dans un centre-ville paralysé, commerçants lourdement affectés, services de transport actif et collectif déplacés ou annulés : il est clair que les courses de Formule E devraient se dérouler sur une piste de course et non dans les rues de l'arrondissement de Ville-Marie. Ça tombe bien! Montréal compte déjà une piste de course automobile, le circuit Gilles-Villeneuve, où plusieurs millions ont été investis cette année en mises à niveau.

Comment peut-on espérer vendre un événement censé promouvoir la mobilité urbaine quand les rues, les trottoirs et les pistes cyclables du centre-ville sont bloqués par les installations dudit événement?

Redonner le centre-ville aux Montréalais sera, selon moi, une première étape vers l'acceptation par la population de ce nouvel événement, qui prendra alors tout son sens. Car, comment peut-on espérer vendre un événement censé promouvoir la mobilité urbaine quand les rues, les trottoirs et les pistes cyclables du centre-ville sont bloqués par les installations dudit événement?

L'autre étape que la Ville de Montréal devra franchir pour rendre l'ePrix plus attirant, c'est de cesser d'y dépenser de l'argent public. Aucune autre ville au monde, que ce soit New York, Monaco, Paris, Berlin ou Hong Kong, n'a dépensé de fonds publics pour assurer la tenue d'épreuves de Formule E. Ailleurs, les promoteurs de l'événement assurent son financement sans quémander d'argent public. Montréal, de son côté, a déjà puisé 24 M$ dans ses coffres pour l'ePrix et s'est engagée à éponger les déficits de l'événement jusqu'à hauteur de 10 M$. L'absence d'études de retombées avant la tenue de l'évènement, comme c'est pourtant la norme, ne tient pas non plus la route.

Une telle situation ne doit jamais se répéter et peut déjà, en partie, être corrigée. En effet, il n'est pas trop tard pour soustraire la marge de crédit de 10 M$ offerte aux promoteurs de la Formule E. Les Montréalais ont déjà suffisamment payé pour l'événement, ils n'ont pas à éponger les déficits qui risquent d'en résulter.

Malheureusement, l'événement a été victime, cette année, de l'improvisation et des caprices du maire Denis Coderre, qui a fait à sa tête, a ignoré les précédents et a agi trop rapidement.

Les Montréalais sont fiers de leur ville et de leurs événements. Je suis convaincue qu'ils ne demandent qu'à être séduits par la Formule E. Malheureusement, l'événement a été victime, cette année, de l'improvisation et des caprices du maire Denis Coderre, qui a fait à sa tête, a ignoré les précédents et a agi trop rapidement.

Nous pouvons faire mieux. C'est pourquoi je compte, à la suite de l'élection du 5 novembre, renégocier l'entente qui lie la Formule E à Montréal afin de réduire la facture refilée aux Montréalais et rapatrier les épreuves sur le circuit Gilles-Villeneuve dès l'année prochaine. Nous donnerons ainsi une vraie chance de réussite à l'ePrix et nous éviterons de nuire de façon inconsidérée aux résidents et commerçants de Ville-Marie.

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