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Les changements climatiques expliqués aux enfants

22/04/2017 09:03 EDT | Actualisé 22/04/2017 09:03 EDT

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©UNICEF/Chad/Bahaji

Les enjeux des changements climatiques ne se limitent pas aux ours polaires. C'est la vie de millions d'enfants dans le monde qui est menacée par le risque de catastrophes liées au climat. Ce sont les enfants d'aujourd'hui qui auront la lourde tâche de trouver des solutions dans quelques années. Pour la journée de la Terre, nous vous transportons au Tchad à la rencontre d'Aïta, une jeune fille âgée de 8 ans qui n'avait jamais entendu parler de l'assèchement du lac Tchad. Elle vivait auparavant à Boulargi, une île du lac, avant que sa famille n'en soit chassée par Boko Haram.

La rencontre a mal commencé. Aïta Abakar, 8 ans, souriante et un peu gênée, était assise avec nous à l'ombre d'un arbre lorsqu'elle a bondi soudainement en entendant le sifflement d'un serpent qui passait derrière elle. «Il y a beaucoup de serpents sur les bords du lac, alors, généralement, avant de s'asseoir, nous balayons le sol avec des bâtons pour les faire fuir», nous explique-t-elle en balayant la poussière avec une branche de palmier qu'elle a ramassée par terre.

Après avoir repris nos esprits et choisi un endroit plus calme pour parler, nous écoutons Aïta nous raconter son histoire. «Je n'ai rien connu d'autre que mon île, ma maison et le canoë de mon père. La première fois que j'ai quitté ma maison, c'est lorsque Boko Haram a attaqué notre village. Je ne sais pas si j'y retournerai un jour», explique-t-elle.

La vie des habitants de cette région est menacée par l'assèchement du lac qui se produit sous leurs yeux.

Proche du lac Tchad, l'air est poussiéreux et la végétation, éparse. La vie des habitants de cette région est menacée par l'assèchement du lac qui se produit sous leurs yeux. Nous parlons de ce problème à Aïta, mais elle n'en a jamais entendu parler. À l'aide de brindilles de paille, de bâtons et de feuilles, je lui explique que le lac Tchad est en train de disparaître.

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©UNICEF/Chad/Bahaji

«Si l'eau du lac disparaît, nous allons mourir de faim, et il n'y aura plus de poissons», s'inquiète-t-elle. Les jeunes assis à côté de nous rient. Je lui demande si elle comprend pourquoi le lac devient de plus en plus petit. Après avoir réfléchi un moment, elle répond: «C'est probablement parce que de nombreux villages forent des trous dans le sol pour faire des points d'eau et ils épuisent les réserves d'eau.» Les jeunes qui riaient quelques minutes plus tôt sont étonnés par la pertinence du commentaire d'Aïta.

Nous parlons également du réchauffement climatique et de la hausse des températures dans les années à venir. Elle m'interrompt: «Il fait déjà trop chaud ici, nous avons besoin d'eau. Tous les jours, j'aide ma sœur à aller chercher de l'eau à l'unique point de distribution d'eau du village. Je m'occupe aussi de la vaisselle et la lessive».

Je lui demande si elle a une solution puisque ce sera aux enfants, les adultes de demain, de chercher des solutions. Elle me regarde un moment puis s'exclame: «Mais c'est injuste, il faut nous aider! Je ne veux pas que le lac disparaisse.»

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©UNICEF/Chad/Bahaji

Dans les pays industrialisés, on dit aux enfants de ne pas laisser la lumière ou les appareils électriques allumés, de ne pas gaspiller l'eau du robinet, et de marcher ou de faire du vélo plutôt que de prendre la voiture. Ici, à Tagal, il n'y a pas d'électricité, aucun robinet et aucune voiture. Pourtant, les enfants de la région du lac Tchad seront les premiers à être touchés par les changements climatiques. Après avoir dit au revoir à Aïta, je réalise à quel point il est essentiel d'apprendre aux enfants à devenir des citoyennes et citoyens engagés, et de leur montrer qu'il est encore temps de faire quelque chose pour combattre les changements climatiques.

D'après des études récentes, la surface du lac est passée de 25 000 km2 à moins de 2 500 km2 au cours des 50 dernières années, en grande partie à cause de l'assèchement de ses eaux. Les experts environnementaux attribuent cette diminution à la hausse des températures liée au réchauffement climatique. Les 20 millions de personnes dont la subsistance dépend en grande partie du lac Tchad souffrent donc déjà grandement du réchauffement climatique.

Badre Bahaji est spécialiste des communications pour UNICEF Tchad à N'Djamena.

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