Tamy Emma Pepin

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Destination Haïti (PHOTOS)

Publication: 24/12/2012 15:02

Voyez les photos du Festival et de la vie quotidienne à Port-au-Prince un peu plus bas

Thurgot Théodat a appris le saxophone entre Paris et New York. Né à Port-au-Prince à la fin des années 50, il passa les hivers de son adolescence dans la Ville-Lumière; ses étés, dans la Grande Pomme. C'est là qu'il s'est imprégné de la culture jazz.

Quand je l'ai rencontré, Thurgot était entouré d'un groupe de jeunes musiciens. Quelques centaines d'adultes étaient assis autour de grandes tables rondes, alors qu'il faisait son entrée dans le décor magique du Parc de la Canne à Sucre pour le lancement du Festival International de Jazz de Port-au-Prince.

J'ai eu la chance de découvrir Haïti, sa culture, son peuple et son histoire, l'année dernière grâce à la Fondation Haïti Jazz, un organisme créé par Melina Sandler et Joël Widmaier, afin de gérer le Festival International de Jazz de Port-au-Prince. Après une rencontre marquante avec un couple de musiciens français et mexicain, le groupe d'amis créa en 2007 ce qui est devenu aujourd'hui, un des événements culturels les plus importants de la Perle des Antilles. Grâce à des partenariats avec des ambassades à travers le monde, des musiciens et chanteurs de plus d'une dizaine de pays y performent, dont le Canada, l'Allemagne, le Brésil, la France, la Suisse, l'Espagne et bien sûr, Haïti.

Le billet se poursuit à la suite de ces photos (crédit: Tamy Emma Pepin)

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  • Vue du ciel

    Quelques minutes avant d'arriver à Port au Prince

  • Atterrissage à Port-au-Prince (PAP)

  • Festival International de Jazz de Port-au-Prince

    Le saxophoniste Thurgot Théodat, né à Port-au-Prince en 1959, en prestation au Festival.

  • Vie quotidienne

    Deux hommes jouent aux dominos à Cité Soleil.

  • Hôtel Karibe

    L'hôtel Karibe de Port-au-Prince, un des lieux d'activité du Festival International de Jazz.

  • Exposition photo au Quartier Latin

    Une exposition photo au Quartier Latin, populaire resto/bar de Pétionville

  • Musicien haïtien

    Le Festival de Jazz prend place dans différents parcs, hôtels et lieux culturels de Port-au-Prince. Quoi de mieux qu'un peu de musique au soleil, entouré de fleurs.

  • Exposition photo au Quartier Latin

  • Des écolières à Pétionville

    La relève d'Haïti

  • Marché de fer de Port-au-Prince

    Pour le shopping, on se dirige vers l'animé marché de fer, complètement rénové depuis le séisme de 2010. On y retrouvera plusieurs marchands d'artisanat, des souvenirs, des chapeaux, des sacs, ainsi que des aliments.

  • Au barbier

    Le samedi, de jeunes amis se font couper les cheveux chez un barbier de Pétionville.

  • Une commerçante au Marché de fer

  • Mode, design, recyclage et éducation

    La designer Paula Coles recycle des tissus afin de créer de très jolis étuis iPad ainsi qu'une ligne de sacs brodés. Chaque item vendu aide à payer les fournitures scolaires, l'uniforme ou les frais de scolarité d'un étudiant haïtien. http://recyclelovehaiti.com

  • Des femmes et un bougainvillier en fleur

  • Graffiti

  • L'homme qui vendait des fleurs

  • Port-au-Prince

  • Port-au-Prince

  • Festival International de Jazz de Port-au-Prince

  • Un dimanche à Cité Soleil

  • Des invités au Festival de Jazz

  • Sur la route, on arrête le temps de commander un petit plat

  • Vie quotidienne à Port-au-Prince

  • Jouer à Cité Soleil

  • À la sortie de l'école

    Une mère vient chercher sa fille qui traîne de la patte, car elle s'amuse au cellulaire.

  • Dimanche à l'Église

  • Dimanche à l'Église

  • Deux jeunes filles à Cité Soleil

  • Scène de St-Valentin

    Dans un supermarché de Pétionville, un commis prépare les rayons pour la St-Valentin.

  • Un héros à Cité Soleil

    Depuis plus de 20 ans, Robert "Bobby" Duval est responsable du Centre Athlétique d'Haiti à Cité Soleil. Plus de 2000 enfants bénéficient d'un repas du midi, du soir, d’une douche et d'heures de cours. L'après- midi les enfants font du sport (voir images suivantes). L'organisme travaille également en partenariat avec le Centre de valorisation des déchets de Cité Soleil. Des journées sont organisées avec les résidents pour faire du nettoyage et du compostage dans les différents quartier de la Cité. Comme beaucoup d'autres activistes, Bobby a été emprisonné sous le régime de Jean-Claude Duvalier dans les années 80. Il a été nommé CNN Hero en 2007.

  • Opération nettoyage

    Des enfants nettoient les rues de leur quartier à Cité Soleil

  • Opération netoyage

    Une compétition est organisée entre quelques quartiers de Cité Soleil, afin de voir quelle équipe fera le plus de récupération de déchets.

  • Mon équipe de jeu à Cité Soleil

  • Vie quotidienne

  • L'heure du foot

    À Cité Soleil, une jeune fille du programme de Bobby Duval se prépare pour un match de soccer.

  • Vie quotidienne

    Après le sport, les enfants font la file pour se laver les mains avant de passer à table.

  • Après le sport, le lunch

    Les enfants du programme de Bobby Duval à l'heure du repas

  • Musicien au Festival International de Jazz de Port-au-Prince

  • Un café jazz à visiter

    Le Presse Café, à Port-au-Prince, est un endroit fort sympathique pour manger une bouchée, prendre un verre et écouter de la bonne musique. Sur les murs, plusieurs photos de musiciens jazz et hip-hop, comme cette photo du rappeur américain Common, qui était de passage afin de tourner un vidéoclip.

  • Vie quotidienne à Cité Soleil

    Un garçon, son jouet.

  • Dimanche à l'Église

    Un homme, sa bicyclette, sa foi

  • Cité Soleil

  • Rencontre à Cité Soleil

  • Vie quotienne

  • Retour sur Montréal

  • À bientôt, Haïti ...


"Le jazz ne fait pas vraiment partie du paysage sonore habituel, pourtant il y a quand même une histoire du jazz ici, car depuis l'époque de l'occupation américaine, les Haïtiens ont écouté du jazz, à travers la station de radio Voice of America, qui était imprégnée de cette culture", raconte Thurgot Théodat. Aujourd'hui, le Festival a pour mission de démocratiser ce genre musical. Si certains concerts sont payants, d'autres sont gratuits et des ateliers musicaux sont ouverts au public. "Plein de petits groupes sont nés depuis le Festival, ils viennent aux ateliers, c'est de plus en plus dynamique", affirme Melina Sandler, rencontrée lors d'un spectacle extérieur dans les jardins de l'hôtel Karibe, un des hôtels les mieux cotés de Port-au-Prince. Mais si le lieu est chic, l'ambiance elle est baba-cool. Assise dans un fauteuil sous un grand arbre, je regarde attentivement le percussionniste brésilien Rubem Dantas -- qui a collaboré entre autres avec Chick Corea et Paco de Lucia -- pendant qu'un homme plus âgé à mes côtés fume la pipe et tape du pied.

Cette année, le festival célébrera sa 7e édition. Du 19 au 26 janvier, plusieurs artistes jazz fouleront les scènes de Port-au-Prince, dont la chanteuse canadienne Molly Johnson. Pendant ce temps au Québec, Air Transat vient d'annoncer qu'elle offrira des forfaits-vacances vers Haïti dès le début de 2013. Une bonne nouvelle pour les Québécois à la recherche de tourisme riche en culture, en plages et en aventures.

Tourisme, culture et création d'emplois

Lors d'un cocktail organisé dans le cadre du Festival, j'ai jasé tourisme avec l'Ambassadeur du Canada en Haïti, Henri-Paul Normandin. Celui-ci me racontait qu'il y a 25 ans, Haïti était une destination voyage populaire pour les Québécois et les Canadiens. Que certes, le pays avait connu son lot de problèmes, mais que le potentiel touristique était énorme. "Les touristes ne vont pas débarquer par centaines de milliers du jour au lendemain, mais les activités telles que le Festival de Jazz, en plus de leur expression culturelle et de leur appeal international, amènent une dimension économique cruciale pour le développement d'Haïti. Car pour que le pays se développe, ça prend des emplois et la culture, le tourisme, c'est un domaine porteur de création d'emplois. Le gouvernement Martelly en fait une priorité", assure-t-il.

De mon côté, le voyage, bien que bref, se déroula sans aucune difficulté. Craintive pour ma sécurité pré-départ, j'ai fait appel aux services d'Emmanuel Midi, un guide fort sympathique et très professionnel, déniché sur le site Haiti Fixers.

À Port-au-Prince, lorsqu'on s'éloigne des activités du Festival, le rap et le kompa prennent la place du jazz et envahissent la rue. La voiture s'arrête parfois. La route est barrée, l'instant qu'un groupe se préparant pour le carnaval ne passe. Les parents accompagnent leurs enfants à l'école vêtus de leurs jolis uniformes. Au coin de la rue, une femme vend des fruits, un homme cire des chaussures. La vie quotidienne suit son cours. Les hôtels poussent et plusieurs projets touristiques, de charmantes maisons d'hôtes se développent afin d'attirer une clientèle internationale.

Bien sûr, la pauvreté est là, vous me direz. Oui. On la voit, comme à Cuba ou en Jamaïque, lorsqu'on daigne sortir de son tout inclus... On ne s'habitue jamais à la misère, mais ce serait une triste erreur que de limiter Haïti aux images de destruction qui ont tant marqué notre imaginaire depuis janvier 2010. Car, il y a dans ce pays, une richissime culture, une beauté à son état le plus pur, un peuple chaleureux, de la nourriture à s'en lécher les doigts et des paysages fantastiques. De plus, pour les voyageurs québécois, il y a l'avantage de la langue. Et ne pensez pas que j'allais oublier le rhum! Haïti semble en fait être un des derniers endroits dans les Caraïbes qui n'a pas encore été envahi par le tourisme de masse et qui peut offrir au voyageur le moindrement aventurier, une expérience des plus authentiques. Mon conseil: allez-y avant que ça n'affiche complet.


Merci au Festival de Jazz de Port-au-Prince et à la fondation Jazz Haïti de m'avoir fait découvrir leur pays.

 

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