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Rêver pour rester en vie

08/12/2013 10:36 EST | Actualisé 07/02/2014 05:12 EST

Le rêve est le catalyseur du désir. Il a la capacité d'harmoniser les desseins de l'esprit à ceux de la nécessité terrestre. Ce en quoi il a un effet adoucissant. Ainsi, le rêve a pour vocation de ranimer, dans notre psyché, le sens de notre évolution en fonction de désirs propres à notre âme, individuelle ou collective.

Rêver nous rend intègres

Décoder ses rêves libère la psyché et insuffle le désir de changer, de devenir autre que ce à quoi nous nous attendons. Exprimer ses rêves délivre aussi les tensions et nous met en action pour la réalisation de soi. Enfin, savoir à quoi sert notre rêve provient du haut lieu de la conscience humaine.

Résumons. Rêver, c'est s'élever vers l'esprit, le point le plus haut de son observatoire intérieur individuel et collectif (voir ma conférence-atelier sur le sujet).

Il faut d'abord cesser de douter de qui nous sommes pour se permettre de rêver.

Lorsque nous sommes déçus à répétition, nous croyons souvent, à tort, qu'il faut abandonner nos rêves. La plupart du temps, c'est le contraire, pour autant que le rêve porté par la personne, par le peuple, respecte la nature de sa psyché, de son esprit. Ainsi, ce qui empêche de rêver est souvent lié à un manque de contact avec son identité, avec son intégrité. Conséquemment, l'espace est laissé, on le voit aujourd'hui, à la corruption.

La crainte d'être déçu

La déception devant les promesses de la vie vient donc de ce manque d'identité ou de volonté à faire valoir son intégrité. L'identité est la partie réelle de notre constitution individuelle et collective. Lorsque nous laissons les autres en décider, par le fait d'imposer d'autres coutumes à la face même de notre nature purement universelle par une propagande qui vise à piétiner cette nature, ce déni conduit la personne ou le peuple à se mépriser. Accorder trop d'importance aux autres, par crainte d'être taxé d'intolérant, de xénophobe, de raciste, relève de la crainte d'être intègre à sa nature humaine, par pure mésestime de soi. Et plus on craint d'assumer sans filtre qui l'on est, plus on est déçu de soi. Plus on est déçu de soi, moins on a envie de réaliser nos rêves.

Alors, on réalise le rêve des autres

C'est ce à quoi le Parti libéral nous invite lorsqu'il refuse de s'associer à tout projet identitaire relatif à la langue française ou à une laïcité typiquement québécoise, c'est-à-dire non basée sur le multiculturalisme. Le Parti libéral refuse de mettre en avant plan l'identité québécoise pour ne parler que d'économie, comme si nos vies ne découlaient que de leur aspect comptable. Par pure crainte de paraître souverainistes, les libéraux évacuent de leur discours le socle sur lequel repose la nation québécoise : son esprit universel. Or, pour construire une économie en phase avec le peuple, il faut reconnaître qui il est.

Le gouvernement ne peut pas répondre à une multitude d'individus lorsqu'il s'agit des intérêts de la nation québécoise. Il doit s'en référer à la nature universelle du peuple québécois et non à des coutumes. Et pour ce faire, il doit ouvrir son cerveau intuitif. S'il fait une surenchère du cerveau rationnel, le politique devient purement une opération mathématique et juridique et, alors, il ne répond plus aux besoins du peuple. Voilà ce que propose le Parti libéral ainsi que la CAQ.

Nos élus font partie intégrante du peuple. Ils sont d'abord, comme nous tous, des citoyens qui rêvent d'un environnement meilleur. Comme nous, ils ne savent pas toujours comment réaliser ce qu'ils ont annoncé. Ils sont le reflet de la conscience du peuple. Et, présentement, en paralysant le gouvernement, les députés expriment que nous n'avons pas de pouvoir sur nos rêves parce que la politique visionnaire est constamment rabaissée à une opération comptable et à une politique partisane. Il n'y a plus d'esprit dans le politique, que des opérations comptables. Quand nos rêves ne sont plus que des attentes frustrées ou oubliées, ils peuvent, eux aussi, n'avoir qu'un sens comptable; ils sont prisonniers d'une crainte du changement qui prend en otage la lumière même qui crée le rêve, c'est-à-dire les forces vives du peuple. Dans cet espace sans air, la grande majorité est asphyxiée et s'endort sans même s'en apercevoir.

L'économie, l'économie, l'économie

Alors le peuple perd contact avec son essence et se met à écouter le discours bêtement comptable de ceux qui prétendent que le plus fort, c'est le parti qui ne parle que d'économie. Ainsi, nous sommes à la solde des sociétés internationales, du néolibéralisme et de la coutume sauvage des intégristes religieux. Nos politiciens ne sont plus des visionnaires, mais des gérants au service de multinationales qui exploitent les peuples.

Attachés à nos acquis, à notre pouvoir d'achat, à cette qualité de vie paradoxalement polluante, nous sommes tous, qu'on le veuille ou non, aliénés par ce point : l'argent. Cette relation amour-haine avec l'argent aura eu raison de nos rêves, de notre faculté visionnaire. Cet arrêt du rêve est un arrêt du coeur. La promesse d'une mort inévitable. La politique ne sait plus comment ranimer le coeur qu'elle a tué.

Rêver pour rester en vie

Généralement, une personne cesse de rêver lorsqu'elle est déçue de ne pas avoir pu exprimer son intégrité sans filtre. S'éjecter ou se sentir rejeté conduit à garder nos rêves pour soi et cache une blessure. Au contraire, persévérer, dans le rêve, d'être soi et de se déployer constamment est un appel à l'humilité et non à l'humiliation, à la persévérance et non au ressentiment, à un amour de soi plus grand et non à un mépris, à un développement plus défini de ses talents, de ses projets plutôt qu'à l'envie ou au dégoût d'une réussite conformiste, à une maturité aboutie plutôt qu'à la colère de ne pas être compris. Chaque personne qui veut être intègre avec lui-même a besoin de mesurer son pouvoir de rêver dans la société.

Rêver, c'est donc se remettre en marche vers son étincelle en apprenant à supporter le temps. Cela signifie résister à l'épreuve des déceptions successives qui nous font décrocher du monde. Rêver, c'est accepter de pagayer à contrecourant jusqu'à ce que le sens de notre intégrité soit inébranlable. Ainsi on sort de la corruption. Il suffit de peu de ces personnes éclairées pour changer le sens morbide de l'inconscient collectif, pour changer le monde. Mais il faut écouter cet appel vers l'inconnu, vers la vision, vers la lumière...

Pagayer, c'est le lot d'une conscience qui ne dort jamais. Pagayer, non dans un esprit de guerre pour en finir avec ceux qui ont cessé de rêver, mais dans un esprit de paix, chacun veillant à attiser le feu de l'esprit visionnaire et le rappeler à la mémoire de tous : rêver est indispensable à la survie d'un peuple, d'un individu. De tels individus changent le monde et le gardent vivant. Ainsi nous pouvons bâtir ensemble un projet, un destin, un pays, une planète, un univers...

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