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Je n'habite pas Montréal: j'habite la Petite Italie

23/05/2013 03:22 EDT | Actualisé 23/07/2013 05:12 EDT
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Je n'habite pas Montréal. Je suis peut-être Montréalais, mais je n'habite pas Montréal. J'habite la Petite Italie. Cela fait bientôt quatre ans que j'ai décidé de regrouper l'ensemble de mes activités, de vivre ma vie au sein d'un seul et même quartier, ou presque. Le choix était simple. Le marché Jean-Talon et ses légumes frais à deux coins de rue, le Caffe Italia et son espresso à quelques pas du condo, le Multimags et sa riche sélection de magazines (où j'en profite pour me procurer le GQ Style Italie et le Chic Men), le Pick-Up et sa crêpe déjeuner qui démarre mes dimanches matins, les Mecs Cheveux où mon barbier Steve s'assure de tailler ma barbe à la perfection, la boutique vintage la Founderie et Geneviève avec qui j'aime discuter de tout et de rien, la Cornetteria qui sert les meilleurs cannoli de la ville et bien sur l'agence CARTEBLANCHE où j'occupe le poste de Directeur de la créativité stratégique.

C'est ce quartier, mon quartier, qui m'inspire et qui allume ma créativité. J'y ressens une effervescence certaine, animée par les gens qui habitent le quartier. Certains depuis des générations; d'autres, de nouveaux propriétaires comme moi. De jeunes professionnels qui recherchent le renouveau teinté d'histoire. Comme le Dépanneur Lalime, une institution familiale qui perdure depuis 1959, mais qui a cependant eu besoin des services créatifs de CARTEBLANCHE pour faire face à une chaine commerciale multinationale venue s'installer de l'autre côté de la rue.

Peu importe leurs ressources limitées, nous avions à cœur d'aider cette entreprise qui fait le charme du quartier : il fallait sauver la famille Lalime. Nous avons donc mis tout en œuvre pour redorer l'image de l'établissement qui sert également de la nourriture maison tout au long de la journée. Le défi était de taille, rafraichir leur image tout en gardant l'âme familiale appréciée par la clientèle locale. Suite à des travaux de rénovation, une nouvelle marquise, un nouveau menu dessiné à la craie sur ardoise, une nouvelle façade repeinte tout en noir, un nouveau site web et une collection de t-shirts et de casquettes, nous pouvons dire mission accomplie!

L'héritage de la famille Lalime a su résister à la compétition, et même poursuivre la croissance de son chiffre d'affaires. Ce succès, je l'attribue à notre compréhension du quartier, à ce que la jeune clientèle recherche sans toutefois ostraciser les clients de la première heure qui ont participé à faire du Dépanneur Lalime ce qu'il est aujourd'hui. C'est cette personnalisation qui fait la différence face à l'anonymat impersonnel des grandes surfaces. C'est cette attention aux détails de l'environnement immédiat qui transforme la simple création en une gestion créative de marque. Le Dépanneur Lalime n'est pas tout simplement plus beau ou à la mode, le Dépanneur Lalime est tout simplement resté tout aussi pertinent au quartier, tel qu'il a toujours été.

Habiter le quartier, mon quartier, ce n'est pas suffisant pour moi. J'ai le goût de redonner cette créativité qu'il me transmet à tous les jours. Il n'en demande pas tant de ma part, mais je le fais avec un plaisir tout naturel. Je garde mon quartier vivant, je participe à son héritage.

Il en vaut la peine.

La famille Lalime en vaut la peine.

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