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Ristigouche: le Conseil des Canadiens aide un village poursuivi par une compagnie pétrolière

12/09/2014 10:15 EDT | Actualisé 12/11/2014 05:12 EST

Ottawa -- Ristigouche, un petit village de 168 habitants, a fait les manchettes quand la compagnie pétrolière Gastem l'a poursuivi pour 1,5 million de dollars pour avoir interdit l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique afin de protéger ses sources d'eau potable. Rappelons que le budget total de Ristigouche cette année n'est que de 275 000 $.

Aujourd'hui, le Conseil des Canadiens a fait un don à Solidarité Ristigouche, la campagne de financement populaire pour combattre la poursuite.

« Il y a de nombreuses batailles de type David contre Goliath, mais celle-ci est de loin l'une des pires que nous ayons vue » a déclaré Maude Barlow, présidente du Conseil des Canadiens. « C'est absolument honteux que Gastem poursuive ce village minuscule qui ne cherche qu'à protéger ses résidents et leur eau potable. »

En mars 2013, Ristigouche a adopté un règlement interdisant l'introduction dans le sol, par forage ou par tout autre procédé, de toute substance susceptible d'altérer la qualité de l'eau souterraine ou de surface servant à la consommation humaine ou animale, et ce, dans un rayon de 2 kilomètres de tout puits artésien ou de surface desservant 20 personnes ou plus. Le village a pris cette décision en l'absence de législation provinciale interdisant ce type d'action; il est prévu que le gouvernement du Québec adopte bientôt un règlement dans ce sens, mais il ne s'appliquera pas rétroactivement à Gastem à Ristigouche.

Un énorme soutien, peu souvent rencontré dans les municipalités, s'est manifesté avec 92 des 168 résidants exigeant l'adoption de ce règlement.

« C'est un règlement populaire demandé par une majorité écrasante des résidents. En adoptant ce règlement, le conseil municipal a fait son devoir de protéger le bien commun de la communauté. » affirme le maire François Boulay. « Cette poursuite est une attaque contre le droit démocratique de nous tous qui occupons et vivons sur le territoire »

Ce n'est pas la première fois qu'une compagnie poursuit un gouvernement à propos de la fracturation hydraulique. La compagnie d'énergie Lone Pine Resources a poursuivi le gouvernement canadien en raison du moratoire sur la fracturation hydraulique imposé au Québec même si ce moratoire jouit d'un appui massif de la population.

« Nous observons une tendance alarmante : les droits des corporations prévalent contre les droits de la collectivité, » dit Emma Lui, agente de campagne sur l'eau au Conseil des Canadiens. « Nous avons besoin de gouvernements et de systèmes juridiques qui protègent la population, pas les corporations. »

Le village a déjà recueilli 36 % de son objectif de 225 000 $. Le Conseil des Canadiens encourage tout le monde à faire un don à: solidariteristigouche.ca.