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Crédibilité des chefs: Aussant toujours le meneur, Marois s'accroche

11/08/2012 10:27 EDT | Actualisé 11/10/2012 05:12 EDT
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Deuxième bulletin de campagne électorale pour les chefs des principaux partis politiques dans leur rôle de porte-parole, selon l'évaluation des facteurs de crédibilité. Jean-Martin Aussant garde la tête et Pauline Marois s'accroche. Malgré une bonne performance cette semaine, le chef de la Coalition avenir Québec, demeure encore, depuis le début de la campagne, le porte-parole le moins crédible.

Les résultats pour la période du 3 au 9 août 2012 :

Jean-Martin Aussant (Option nationale) 6,62

Françoise David (Québec solidaire) 6,52

Pauline Marois (Parti Québecois) 6,48

François Legault (Coalition avenir Québec) 6,37

Amir Khadir (Québec solidaire) 6,29

Jean Charest (Parti Libéral) 6,28

Les résultats depuis le début de la campagne :

Jean-Martin Aussant (Option nationale) 6,88

Pauline Marois (Parti Québécois) 6,74

Jean Charest (Parti Libéral) 6,63

Françoise David (Québec solidaire) 6,59

Amir Khadir (Québec solidaire) 6,50

François Legault (Coalition avenir Québec) 6,49

Jean-Martin Aussant ne sera pas premier ministre du Québec et risque de subir la défaite dans sa circonscription de Nicolet-Bécancour; mais il demeure le chef de parti le plus crédible dans son rôle de porte-parole, depuis le début de la campagne électorale. Malheureusement pour lui, s'il demeure le chef le plus charismatique, selon notre grille d'analyse, le peu d'attention médiatique dont il est l'objet rend sa performance à titre de porte-parole sans grande influence. Car pour être crédible il faut être cru. Et en campagne électorale il faut être cru par le plus grand nombre possible d'électeurs. Néanmoins, le chef d'Option nationale demeure un porte-parole dont le discours incarne le changement et demeure cohérent dans ses prises de position.

François Legault a connu une bonne semaine à titre de porte-parole de son parti. Il faut admettre qu'il a réussi, par le recrutement du Dr Gaétan Barrette et de Jacques Duchesneau, à obtenir une importante visibilité médiatique. Les thèmes de la corruption et la réduction du fardeau fiscal pour la classe moyenne ont trouvé écho dans la presse, de même que les déclarations/tractations du candidat Duchesneau, pour doper la présence du chef de la Coalition avenir Québec dans l'agenda médiatique. Les membres du comité d'évaluation ont globalement attribué à François Legault le meilleur pointage discrétionnaire de notre grille d'analyse.

Ceci dit, François Legault multiplie les malaises auprès des observateurs qui scrutent sa performance à titre de porte-parole de son parti. Il a peu de charisme et ses interventions dans les médias demeurent pénibles. Il est mal à l'aise et on se demande encore pourquoi il s'est vanté, en début de semaine, d'avoir maté dans le passé les pilotes d'Air Transat en les qualifiant de «gros égo»! Malgré tout, sur le facteur de l'expertise François Legault s'est démarqué de tous les autres candidats. François Legault devra aussi se méfier des nombreuses contradictions qui marquent son discours électoral. On peut affirmer que sur le point de vue de la crédibilité dans son rôle de porte-parole, le chef de la CAQ a surmonté son mauvais départ de campagne, mais traîne tout de même au dernier rang.

Pauline Marois est une porte-parole efficace qui tente depuis le début de la campagne de se montrer près des valeurs de la population et venant à la rencontre des gens. Elle est en contrôle d'elle-même, projette une belle assurance et chauffe François Legault cette semaine sur le facteur de l'expertise, qu'elle dominait la semaine dernière avec Jean Charest. Toutefois, ses prises de position sont ambigües. Elles manquent de clarté et de précision. Son entrevue avec Céline Galipeau, à la télévision de Radio-Canada, manquait de « punch » et de conviction. De façon générale, les membres du comité d'évaluation estiment que le contenu de ses messages est flou.

Françoise David termine au deuxième rang cette semaine au classement des porte-parole les plus crédibles de la campagne électorale. Elle domine d'ailleurs trois des dix facteurs de crédibilité d'un bon porte-parole : l'ouverture d'esprit, l'authenticité pour une deuxième semaine, et l'honnêteté pour une deuxième semaine également. Toujours aussi claire et transparente dans ses propos, la co-porte-parole de Québec solidaire n'est jamais complètement à l'aise dans les médias. Le contraste est frappant lorsqu'elle se retrouve avec Amir Khadir. Mais tout comme Jean-Martin Aussant, elle ne bénéficie pas d'une grande couverture médiatique.

Amir Khadir est toujours aussi sûr de lui, mais comme sa co-porte-parole de Québec solidaire, souffre du peu d'attention médiatique qu'on lui accorde. Il doit certainement remercier Gilles Duceppe pour lui avoir apporté un peu de lumière pour démontrer du respect et une ouverture d'esprit. Toujours aussi vif, Amir Khadir demeure calme depuis le début de la campagne électorale et a évité jusqu'ici, à titre de porte-parole, de faire un coup d'éclat. Il demeure un porte-parole authentique.

Jean Charest domine notre classement cette semaine sur les facteurs de l'aisance et de la clarté de son message. Pour le reste, le doute sur sa crédibilité à titre de porte-parole du Parti Libéral s'est installé. Les reportages et les allégations touchant son intégrité et toute l'attention médiatique autour du thème de la corruption et d'un arrêt de filature sont venus miner la crédibilité du chef Libéral. Subitement on se met à douter de sa transparence et ses messages manquent parfois d'exactitude. Il s'est néanmoins démarqué par son calme après la diffusion d'un reportage à l'émission Enquête mise à part une gauche-droite envers les journalistes de Radio-Canada. Ce n'était pas nécessairement une bonne idée. Enfin, si nous lui accordons beaucoup d'assurance, la perception négative qui l'entoure génère une perception d'arrogance. Quand on doute de l'authenticité, de la véracité et de l'honnêteté d'un porte-parole alors qu'il est efficace et confiant, on ne peut que lui attribuer de l'arrogance dans son style.

Méthodologie

Pour évaluer les porte-parole, un comité réunissant 23 personnes œuvrant dans les secteurs des communications et des relations publiques a été créé. Toutes ces personnes utilisent une grille d'analyse, développée en 2004 par notre collègue Stéphane Prud'Homme, mesurant les dix principaux facteurs de crédibilité des porte-parole. Les facteurs de crédibilité mesurés sont les suivants : Assurance et aisance, ouverture d'esprit, contrôle de soi, authenticité, expertise, véracité et cohérence du propos, charisme et proximité, clarté du message, honnêteté et intégrité, et finalement, le contenu du message et la qualité des arguments.

Nous accordons jusqu'à un total de dix points chacun par facteur de crédibilité. Nous nous accordons le privilège d'inscrire une note supplémentaire sur 10 pour notre appréciation personnelle de chacun des porte-parole. Pour déterminer la valeur de la performance de la semaine, nous additionnons l'ensemble des points pour les diviser, par la suite, par 11 (facteurs de crédibilité + évaluation personnelle).

Les membres du comité sont Steve Flanagan, Victor Henriquez, Alexandra Graveline, Valérie Verville, Anne-Marie Braconnier, Judith Goudreau, Erika Vaugeois, Jean Gosselin, Hélène Aubin, Catherine Orer, Sylvain Dubé, Stéphane Prud'Homme, Alain Contant, Yves Fréchette, Jean-Francois Dubé, Dennis Trudeau, Nathalie Boileau, Alexandre Patterson, Dany St-Jean, Caroline Pelletier, Katherine Boushel, Marie-Andrée Viens et Alexandrine Foulon.

Portraits des chefs