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Les souverainistes n'ont rien à attendre de Québec solidaire...

31/03/2014 11:42 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

« La souveraineté si... L'indépendance mais... »

Ça me fait toujours sourire un peu quand on embarque dans les considérations de vote stratégique, de vote utile, quand on voit des tableaux où l'on additionne le vote solidaire à celui d'Option nationale pour le combiner au PQ et dire : « Voilà! Québec solidaire nous coûte une majorité! »

Depuis quand la gauche au Québec a-t-elle commencé à penser à autre chose qu'elle-même?

Et c'est ici un ancien candidat et militant de cette gauche qui pose le constat. Rien n'a vraiment changé depuis le jour où, dans un centre communautaire de la rue Panet à Montréal au milieu des années 90, cette gauche tentait encore de naître en passant du NPD-Québec au Parti de la démocratie socialiste et toutes les autres incarnations politiques qui ont mené au Québec solidaire que nous connaissons aujourd'hui. La gauche au Québec a toujours été divisée sur la question nationale; ça ne date pas d'hier!

Québec solidaire est composé, aux bas mots, d'au moins 45 % de fédéralistes de gauche; sans compter la proportion encore plus grande d'ambigus sur la question nationale, ceux de qui l'on entend toujours « souveraineté si, indépendance mais... » (encore mieux, durant cette campagne électorale, Amir Khadir a poussé le ridicule encore plus loin en associant indépendance et unité nationale canadienne...).

À ce titre, et je le martèle depuis longtemps, l'ambiguïté nationale de Québec solidaire est fédéraliste en ce qu'elle rend la souveraineté inatteignable, car on la conditionne à une inclinaison politique particulière. De la même façon, les fédéralistes sont très à l'aise à la CAQ où l'on repousse toute question nationale aux calendes grecques, le temps que la démographie règle la question en défaveur de la nation québécoise.

Québec solidaire est donc à ranger avec les autres adversaires du Parti québécois et des souverainistes en général soit le PLQ et la CAQ.

f david


On aura remarqué depuis plusieurs mois d'ailleurs la connivence toujours plus grande entre solidaires et libérale, notamment sur la question de la charte ou de la laïcité. La sœur de Françoise David a avoué candidement être très à l'aise d'avoir été membre de QS (l'est-elle encore?) tout en briguant un posté de député au sein du Parti Libéral. Les deux formations défendent, main dans la main, le multiculturalisme canadien qui est tout à fait incompatible avec quelconque velléité d'indépendance nationale pour la nation québécoise.

Les souverainistes ont vite compris, devant le barrage quasi exclusif d'attaques solidaires envers le PQ, que pour QS, pas de problème à revoir les Libéraux gouverner. Bien que les solidaires se gardent bien de l'admettre, ils ont fait le choix pendant la campagne électorale en cours d'attaquer le PQ d'abord et avant tout. Déjà depuis le début de la campagne électorale, le co-chef de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, a comparé le Parti Québécois à l'extrême droite et au Front national français et Amir Khadir, lui, a comparé la candidature de Pierre Karl Péladeau à la venue de l'ayatollah Khomeini en Iran.

Quand on a questionné Françoise David sur sa préférence entre un gouvernement péquiste ou libéral, elle a refusé de prendre parti. Normal, QS espère toujours piger dans le vote péquiste.

Le problème demeure pourtant qu'en défendant le multiculturalisme canadian et en pourfendant toute velléité de laïcité institutionnelle complète, Québec Solidaire se discrédite complètement aux yeux des souverainistes; du moins ceux pour qui la souveraineté est l'engagement premier. Ceux pour qui la réalisation de l'indépendance prime, sachant faire confiance au peuple québécois afin qu'il définisse, une fois souverain, son inclinaison politique; gauche, droite, ou un mélange des deux. Les Québécois n'ont jamais vraiment été portés vers les extrêmes. Est-ce de ça qu'ont peur les solidaires?

Pour les têtes d'affiche de la « gauche-toute », qu'importe de remettre la province aux mains du Parti libéral! La gauche s'en tape. Dans son monde où elle attend encore de jouer l'avant-garde révolutionnaire, un autre passage désastreux des Libéraux pourrait provoquer leurs « conditions gagnantes », un terreau fertile pour ces sauveurs du dimanche.

Message au Parti québécois et à Option nationale ainsi qu'aux souverainistes en général : cessez de courtiser Québec solidaire! Les indépendantistes qui y étaient sont partis depuis longtemps.

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