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L'histoire juge souvent sévèrement les personnes politiques comme Maria Mourani

18/12/2013 07:09 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Quelques réflexions, à chaud, concernant la «conversion fédéraliste» de Maria Mourani...

Primo: la citoyenne Maria Mourani a tout à fait le droit de changer d'opinion sur la question constitutionnelle, comme toute autre question d'ailleurs. Personne ne remet en question son droit à la réflexion et, ultimement à un changement d'opinion. La députée Mourani doit cependant faire un très sérieux examen de conscience. Sur les réseaux sociaux, je n'ai pas vu de messages de gens s'identifiant d'Ahuntsic, des citoyens, qui saluaient son geste. En contrepartie, on pouvait voir de nombreux tweets de gens de ce comté qui étaient furieux. Rien de scientifique bien sûr, mais les transfuges sont généralement voués aux poubelles politiques de l'oubli.

Secundo: Il faudra bien que Maria Mourani s'explique sur un détail très gênant. Si comme elle l'affirmait dans l'une de ses nombreuses entrevues aujourd'hui, sa réflexion sur son appartenance au mouvement souverainiste date surtout du débat qui entoure la question de la laïcité au Québec, pourquoi alors a-t-elle dit (après le dépôt du projet de Charte par Bernard Drainville) à l'ex-chef du Nouveau Mouvement pour le Québec et candidat à la chefferie d'Option Nationale, Jocelyn Desjardins, qu'elle était prête à revenir au Bloc Québécois à condition d'en devenir la cheffe et que Daniel Paillé quitte? Il faudra que la députée s'explique là-dessus.


Tertio: Dans les officines du Bloc Québécois, l'étoile de Maria Mourani avait beaucoup pâli depuis la défaite cuisante défaite de 2011. Ce n'était un secret pour personne que la députée indépendantiste se questionnait sérieusement sur ses convictions. D'ailleurs, dans une entrevue peu diffusée accordée à M Télé en janvier 2012, Maria Mourani avait lâché le morceau: la souveraineté était irréalisable à court terme et même à long terme. Personnellement, c'est un «staffer» du Bloc qui me l'avait discrètement envoyée. Déjà à cette époque, tous savaient que Mourani louvoyait sur la question de la souveraineté.


Quarto: Dans un tel contexte, c'est évident que tout allait mal finir. Le récit fait par certains intimes de la situation diffère beaucoup de la version avancée par Mourani sur son départ du Bloc. J'appellerais ça une «expulsion forcée». 12 septembre, le matin de cette «expulsion», j'ai reçu un appel de mon contact au Bloc, médusé et furieux. J'ai déjà raconté la séquence des événements ici. À la lumière de ce que raconte maintenant Jocelyn Desjardins, il est évident qu'il y avait une guerre larvée dans le très petit caucus du Bloc. Mourani était la figure la plus médiatisée, mais aussi la plus isolée. Et cette semaine là, comme aujourd'hui, elle s'est servie de l'attention (et de la sympathie anti-souverainiste) qu'elle savait qu'elle aurait des médias fédéralistes pour en beurrer bien épais.

Ce qui me conforte, c'est que l'histoire juge souvent (très) sévèrement ce type de personnage politique. Profitez bien de votre heure de gloire Madame Mourani, les transfuges disparaissent souvent très rapidement et sont vite oubliés.

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