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André Pratte, cessez de nous prendre pour des imbéciles!

06/01/2015 11:49 EST | Actualisé 08/03/2015 05:12 EDT

Mon café a passé de travers ce matin quand un contact sur Twitter m'a fait parvenir le dernier opus de communication libérale déguisé en éditorial signé André Pratte. Je ne lis plus ce responsable des coms du PLQ qui use de sa tribune chez Gesca pour appuyer les politiques des alliés de la maison. Mais là c'est l'boutte comme on dit... André Pratte qui propose un référendum pour dédouaner le chef Couillard de son mensonge électoral. Faut le faire!

Donc selon Pratte, pas de problème à cacher l'essentiel d'un programme d'austérité; pas de problème à cacher un vaste programme de refonte d'institutions sociales qui font consensus au Québec (doit-on rappeler la promesse de Couillard à l'Association des CPE du Québec en période électorale, les critiques d'élus libéraux comme Alexandre Iracà en campagne électorale qui promettait de protéger les CLD, la CRÉO en Outaouais et qui dénonçait une mince coupe de ses fonds!!! Ou Laurent Lessard qui jurait qu'on devrait lui passer sur le corps pour fusionner les Commissions scolaires de sa région... Et j'en passe); pas de problème à mentir par omission en campagne électorale pour s'emparer du pouvoir...

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Hey! Pas de troubles! Armé des leviers du pouvoir, le Parti libéral, après avoir fait l'essentiel de sa campagne en démonisant le mot «référendum», n'a plus qu'à consulter la population pour se donner une légitimité qu'il sait qu'elle lui aurait défaut s'il avait présenté son programme pendant cette même campagne. Peut-on trouver plus dégoûtant cynisme? Juste un mot à dire à André Pratte, si Couillard est si certain de l'appui à son programme d'austérité et de refonte des institutions de la société québécoise (je passe outre ses explications sur les minces effets sur ces mêmes institutions qu'avance le grand manitou de l'Idée fédérale tant elles sont copiées sur l'argumentaire de Coiteux-Couillard; c'en est gênant), qu'il retourne en élections.

Mais jamais les bonzes libéraux comme Couillard, Coiteux et Pratte ne prendraient ce risque. Ils savent très bien que jamais ce programme ne passerait en région. La maigre majorité de sept sièges du PLQ serait annihilée... Ça, ceux qui ont tu le programme libéral en campagne électorale le savent très, très bien. Un référendum tenu par un parti qui a menti par omission pour s'accaparer du pouvoir n'aurait aucune légitimité.

Référendum garanti

Quand j'ai lu le texte de Pratte ce matin, je me suis souvenu de son texte anti-PQ du 13 mars dernier, en pleine campagne électorale, alors qu'encore une fois, il reprenait texto les arguments de Couillard, un autre texte télescopé du PLQ déguisé en éditorial intitulé Référendum garanti. Le même argumentaire éculé que nous sert l'intelligentsia fédéraliste à chaque élection au Québec... Bou! Consulter la population c'est mal, un référendum, c'est mal.

Dans ce même texte Pratte avançait : «Une chose est absolument certaine: s'ils obtiennent la majorité convoitée le 7 avril prochain, les indépendantistes vont s'employer, avec l'énergie du désespoir, à faire avancer leur cause.»

C'est là que j'ai recraché ma gorgée de café. André Pratte qui a tout fait pour s'assurer que le PLQ mette la main sur le pouvoir, qui usait des épouvantails habituels et qui veut maintenant chercher une fausse légitimité par référendum... Ces fédéralistes radicaux, ces Pratte, Couillard, Coiteux, ne reculeront devant rien pour ratatiner le Québec, le mettre à genoux, s'assurer que le présent mandat fasse du Québec un champ de ruines à partir duquel toute velléité d'indépendance ne saurait être possible.

Car c'est bien ce qu'a fait Couillard du Québec depuis sa prise du pouvoir: «S'employer avec l'énergie du désespoir à faire avancer SA cause»... Un rappel d'un l'éditorial d'Antoine Robitaille dans Le Devoir fin décembre :

«Encore une économie de bout de chandelle dirigée contre le savoir et la spécificité du Québec. Après les Expo-sciences et autres Débrouillards - dont les petites subventions ont finalement été rétablies - voilà que le gouvernement Couillard aurait décidé d'abolir le financement de l'Association internationale des études québécoises (AIEQ). Une décision déplorable, compte tenu des petits montants en jeu ; un choix qu'on a peine à s'expliquer autrement que par un projet délibéré de ratatinement.

«Il n'y a pas de petites économies», rétorquera-t-on. Principe sain, en effet. Mais depuis le début de l'exercice de révision des dépenses, toutefois, on perçoit cette tentation du gouvernement ultrafédéraliste de Philippe Couillard: sous couvert d'efforts de compression, on tente de cibler des deniers consacrés à la spécificité du Québec. La toute première décision du ministre de l'Éducation, Yves Bolduc? Annuler la création de quatre chaires d'études sur le Québec (alors que ce domaine est sous-financé dans nos universités). À cette décision du ministre de l'Éducation, le projet d'abolir l'AIEQ semble tristement complémentaire !»

En Outaouais, des élus locaux longuement et ouvertement militants libéraux sont rouges de colère tant le mensonge de la dernière campagne électorale passe mal. Voilà un point de départ à toute réflexion sur la suite des choses. Quand on y regarde de plus près, il est évident que certains élus libéraux sont mal à l'aise avec le programme non annoncé de Philippe Couillard, comme tant de leurs militants. Ils ne prendront pas les casseroles eux non plus. Par sophisme, les Pratte et Couillard tentent de convaincre que tous les silencieux les appuient. Cela participe au mensonge.

Allez... Un petit effort. Z'êtes pas si chicken comme on dit par chez nous! Vous voulez la légitimité de transformer la société québécoise, la ratatiner... Déclencher des élections. Z'êtes pas game.

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