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Neuf vérités sur les troubles alimentaires

02/06/2016 05:59 EDT | Actualisé 03/06/2017 05:12 EDT

Aujourd'hui, 2 juin, on souligne un peu partout dans le monde la journée de sensibilisation aux troubles de l'alimentation.

Au Québec, les troubles alimentaires affecteraient au moins 65 000 personnes et 300 000 Québécois seraient susceptibles de développer un trouble de cette nature.

Les troubles de la conduite alimentaire se vivent parfois avec d'autres problèmes de santé mentale comme l'abus de substances, le choc post-traumatique, les troubles anxieux, les troubles de l'humeur et les troubles de la personnalité.

L'Academy for Eating Disorders, avec la collaboration du Dre Cynthia Bulik, experte du domaine, a établi neuf vérités à partager en cette journée toute spéciale:

La première observation est la suivante: une personne peut sembler en bonne santé et souffrir d'un trouble alimentaire. Or, cette personne peut être très malade.

Parfois, les gens pensent que l'on doit être nécessairement maigre pour souffrir d'un trouble alimentaire. Pourtant, c'est faux. Les personnes touchées par un trouble alimentaire ont différents poids.

La seconde observation: les familles ne sont pas à blâmer et peuvent être des alliées dans le traitement de la maladie.

Les causes des troubles alimentaires sont complexes et multifactorielles. Les proches des victimes des troubles de l'alimentation se sentent souvent coupables et impuissants. Or, ils ne sont pas à blâmer. Ils ont surtout besoin d'aide et de compassion pour aider leur proche atteint de la maladie à se rétablir.

La troisième observation: les troubles alimentaires constituent une pathologie sérieuse qui peut provoquer des bouleversements importants chez la personne atteinte et ainsi que chez ses proches.

Ce n'est pas un caprice. C'est la raison pour laquelle un suivi psychologique, voire psychiatrique, est nécessaire pour s'en libérer le plus rapidement possible, ne pas avoir de séquelles et développer son plein potentiel.

La quatrième observation: les troubles alimentaires ne sont pas des choix, mais des maladies qui ont un fondement biologique.

Parfois, particulièrement au plus fort de la maladie, on peut entendre des personnes malades clamer que leur pathologie est un choix de vie. Or, il s'agit d'un trouble grave et potentiellement mortel.

La cinquième observation: les troubles alimentaires touchent tout le monde peu importe le sexe, l'âge, l'origine ethnique, la forme du corps et le poids, l'orientation sexuelle et le statut social.

Ce n'est pas une maladie qui ne concerne que les adolescentes. Au moins 40 % des personnes touchées par l'hyperphagie boulimique sont des hommes. De plus, on observe de plus en plus de cas chez les adultes plus âgés.

La sixième observation: un trouble alimentaire augmente le risque de complications médicales et de suicide.

La restriction alimentaire, les orgies de nourriture, les purgations peuvent causer de graves problèmes médicaux, mais les personnes touchées peuvent dénier cette réalité.

La septième observation: les gènes et l'environnement jouent un rôle dans le développement des troubles alimentaires.

Le Dr Howard Steiger, de l'Institut de santé mentale Douglas, a expliqué que la génétique et les facteurs environnementaux jouent un rôle dans le développement des troubles alimentaires. Une personne plus vulnérable en raison de ces facteurs qui entreprendrait un régime se met donc plus à risque.

La huitième observation: la génétique seule ne peut expliquer le développement d'un trouble alimentaire.

Il faut éviter tout déterminisme. Ce n'est pas parce qu'une personne a une disposition génétique qu'elle va obligatoirement développer un trouble de l'alimentation. Et, personne n'est condamné à ne pas se rétablir en raison de ce facteur.

La neuvième observation: le rétablissement complet d'un trouble alimentaire est possible. La prévention et l'intervention rapides sont importantes.

C'est vraiment le cœur d'une journée comme aujourd'hui. Il faut rappeler que le rétablissement est possible et qu'il existe des outils efficaces pour y arriver.

D'autre part, si vous souhaitez poser des gestes concrets, je vous propose quelques suggestions pour soutenir la prévention et la guérison des troubles alimentaires:

- Se renseigner sur les troubles alimentaires auprès de l'organisme communautaire ANEB, qui aide les personnes touchées directement ou indirectement par cette problématique. Vous pouvez également visionner les vidéos de l'école Mini-Psy, de l'Institut en santé mentale Douglas, sur le sujet;

- Signer la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée et véhiculer les valeurs qui célèbrent l'unicité de la personne;

- Éviter le Fat Talk. En cette période l'année, on parle beaucoup de régimes. Pourtant, il est démontré qu'ils ne fonctionnent pas et qu'ils peuvent entraîner un gain de poids. Les régimes peuvent aussi affecter l'estime de soi et même favoriser le développement d'un trouble alimentaire. On sait bien que le meilleur moyen d'être en bonne santé est d'avoir une alimentation saine et diversifiée, qui inclut des aliments pour le plaisir, et de faire de l'exercice régulièrement.

Finalement, parler donne la liberté. Si vous souffrez d'un trouble alimentaire, parlez-en. Votre existence sera tellement plus belle, lorsque vous n'aurez plus ce poids-là sur les épaules. Il ne faut pas oublier que l'on a un trouble alimentaire, que l'on n'est pas un trouble de l'alimentation. Pour reprendre les mots de Véronique Grenier, t'es un(e) humain(e) awesome.

Je vous laisse le numéro de l'ANEB : 514-630-0907 ou 1 800 630-0907 (sans frais). C'est un appel qui pourrait changer votre vie.

Car tout le monde mérite d'être bien dans sa peau.

Vous aussi.

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